Louise Portal amorce tous ses projets d’écriture en faisant courir sa plume sur le papier. C’est ainsi qu’est né le texte de son plus récent ouvrage, une collection de portraits intitulée Seules, ces femmes que j’aime.

Louise Portal et celles qui l’inspirent

Toute vie est source d’enseignements, une réalité que Louise Portal explore dans son nouveau livre, un essai intitulé Seules, ces femmes que j’aime. Publié chez Druide, il comprend 15 vignettes consacrées à des personnes qui furent souvent très proches, des consoeurs, des amies et une parente, sa soeur Pauline. Toutes ont été confrontées à des épreuves qui, dans la majorité des cas, les ont poussées à se réinventer.

«C’est parti d’un constat que j’ai fait à la mi-soixantaine. J’ai réalisé que je connaissais plein de femmes qui vivaient seules en toute sérénité, ce qui montre à quel point la condition des femmes a évolué en Amérique du Nord. Elles ont le vent dans les voiles, et chacune de celles dont je parle m’a enseigné quelque chose», a souligné l’auteure, comédienne et chanteuse il y a quelques jours, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Chaque chapitre a été écrit avec l’idée qu’on pouvait le lire isolément des autres.

Ce projet a commencé tout doucement en 2016, alors que des textes écrits à la main – une vieille habitude – lui ont permis d’aborder la solitude sous différents angles. À l’origine, Louise Portal souhaitait se limiter à 12 portraits parce que ce chiffre lui sourit. Sur les conseils de la directrice littéraire Anne-Marie Villeneuve, cependant, elle en a ajouté trois, dont celui d’une dame de 97 ans, une Gaspésienne qui est devenue l’équivalent de sa grand-mère adoptive. C’est évidemment la doyenne du groupe.

Chaque chapitre a été écrit avec l’idée qu’on pouvait le lire isolément des autres. «Je voulais que Seules soit un livre de chevet, un ouvrage méditatif. C’est une formule que j’aime, semblable à celle que préconise Jean-François Beauchemin dans ses ouvrages. Je trouve aussi que l’objet est beau. La couverture est entièrement blanche, sauf pour un portrait de femme dessiné par Anne Tremblay», décrit la Saguenéenne.

Aucune de ses inspiratrices n’est identifiée, même si on reconnaît quelques-unes d’entre elles, notamment sa soeur. «Dès le départ, je ne voulais pas les nommer. Ce que je trouve plus important, c’est le qualificatif que j’accole à chacune d’elles. Je désirais laisser toute la place à leur itinéraire et profiter de l’occasion pour leur rendre hommage», fait observer Louise Portal.

Ses portraits ont été rédigés à l’insu des principales intéressées. C’est seulement lors du lancement qu’elles ont été avisées par l’auteure. Était-elle nerveuse en songeant à l’accueil que ces femmes réserveraient au texte leur étant consacré? Pas vraiment, faut-il comprendre. «La création, c’est se lancer à l’eau dans l’espoir qu’on touchera le coeur des gens. Dans ce contexte, on peut juste offrir, partager, en espérant que ce soit bien reçu», énonce-t-elle.

La bonne nouvelle tient au fait que la réponse est positive. Les sujets apprécient, au même titre que le public. «C’est un livre qui va connaître une jolie carrière, anticipe l’auteure. Il y a beaucoup de moi à travers le regard que je porte sur ces femmes et déjà, on me demande de tenir des conférences à propos de Seules. Je parle des deuils, de l’amitié. Je décris la solitude comme un outil de guérison et je donne des leçons de vie entrecoupées de pièces chantées a cappella.»

Elle qui fera la tournée des salons du livre jusqu’à l’automne, une séquence couronnée par celui du Saguenay–Lac-Saint-Jean, constate que le nouvel ouvrage n’intéresse pas uniquement les femmes. Bien des hommes sont inspirés par ses portraits, ce qui évidemment la réjouit. «Je ne suis pas surprise, toutefois. Eux aussi sont sensibles et possèdent une vie intérieure», affirme Louise Portal.

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UNE FEMME OCCUPÉE

Des livres, des films, des conférences et un peu de télévision. C’est ce qui balisera le parcours de Louise Portal en 2019, un ensemble de projets qui donne à penser que la notion de retraite constitue pour elle une vision de l’esprit. De fait, l’artiste originaire de Chicoutimi est la première à se réjouir, chaque fois qu’elle noircit des pages de son agenda.

Au cinéma, la sortie du long métrage de David Findlay, Everything Outside, la tiendra occupée en avril. Elle en fera la promotion après avoir assumé son premier rôle en anglais, celui d’une actrice québécoise dans la soixantaine qui fait connaissance avec un acteur originaire du Liban pendant un séjour en forêt. La première a eu lieu en septembre, à l’occasion du Festival de cinéma de Québec.

Un autre projet, le court métrage Roseline comme dans les films, est piloté par la réalisatrice Sara Bourdeau. « C’est une adaptation de ma nouvelle tirée du collectif Aimer, encore et toujours, paru chez Druide. J’aimerais ça que cette oeuvre soit diffusée l’année prochaine, dans le cadre du festival REGARD sur le court métrage au Saguenay », confie la comédienne.

S’agissant de la télé, par ailleurs, elle vit le cycle éternel des artistes. La fin de la série Cheval-Serpent, après deux saisons, l’oblige à renoncer au rôle d’Odile Gauthier. En revanche, on a confirmé le retour de Trop à l’antenne de Radio-Canada. Pour une troisième fois, Louise Portal visitera les deux soeurs qui se trouvent au coeur de l’histoire, ses filles parties du Saguenay pour vivre dans la métropole.

« C’est un rôle périphérique, précise-t-elle. Je devrais apparaître dans deux ou trois épisodes et j’aime beaucoup le travail de Marie-Andrée Labbé, qui a grandi à L’Anse-Saint-Jean. Cette auteure a beaucoup de talent. » Un autre qui l’impressionne est le comédien Patrick Simard, celui qui incarne le petit Ulysse dans la pièce pour jeune public Ulysse et Pénélope, adaptée de l’un de ses contes par les Amis de Chiffon. « Je l’adore », lance la Saguenéenne.

Côté livres, elle travaille sur un projet qui devrait se matérialiser en 2020, toujours chez Druide, ce qui ne l’empêche pas de donner des conférences un peu partout dans la province. 

« Après dix années passées chez Hurtubise, où je travaillais avec Jacques Allard, c’est devenu ma maison. Elle m’a accueillie il y a cinq ans et m’offre un excellent service », affirme Louise Portal, qui ne tarit pas d’éloges à l’égard de la directrice littéraire Anne-Marie Villeneuve.