Jean-Michel Malouf abordera le répertoire de Beethoven à deux reprises, cette année. Cette séquence ayant pour objet de souligner le 250e anniversaire de la naissance du compositeur débutera le 18 février, à l’occasion d’un concert tenu à 17h 30, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

L’Orchestre symphonique amorce son année Beethoven

Certains anniversaires sont plus importants que d’autres. Ainsi en est-il du 250e de la naissance de Beethoven, qu’on célébrera partout dans le monde en 2020. Sa musique étant jouée régulièrement, ce n’est pas comme si on déterrait des partitions sur lesquelles de la poussière se serait accumulée. Néanmoins, il s’agit d’une occasion à saisir, comme le souligne le chef de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jean-Michel Malouf.

« C’est tellement un pilier dans l’histoire des arts, un révolutionnaire qui a marqué les esprits en intégrant ses états d’âme dans sa musique. On ne pouvait pas passer à côté de cet anniversaire qui constitue un beau prétexte pour jouer ses compositions. Le public pourra les entendre dans des versions aussi authentiques que possible, livrées avec rigueur », a mentionné le maestro au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Beethoven ouvrira le calendrier des grands concerts en 2020 et c’est aussi lui qui le refermera. Le rendez-vous initial aura lieu le 18 février à 17 h 30, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Après avoir interprété l’Ouverture Prometheus, l’orchestre s’associera à l’une de ses membres, la violoniste Marie Bégin. Elle assumera le rôle de soliste afin de présenter le premier mouvement du Concerto pour violon opus 61. Une pièce de résistance complétera le programme : la Symphonie No. 1.

Pour ceux que la chose étonnerait, l’heure hâtive, autant que l’absence de pause et la durée du concert, qui ne dépassera pas 75 minutes, découlent du désir de la direction de se rapprocher de la communauté d’affaires. Une heure plus tôt, ses membres participeront à une activité de réseautage, en effet, dans les hauteurs du Théâtre Banque Nationale. Ils profiteront de l’occasion pour voir l’orchestre à l’oeuvre et, peut-être, développer un goût pour le répertoire classique.

L’une des oeuvres de Beethoven qui seront interprétées le 18 février, par l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, sera la Symphonie No. 1. Le chef Jean-Michel Malouf fait observer que le deuxième mouvement, très délicat, constituera un beau défi pour la formation.

Du classique au romantisme

Pour revenir au programme, Jean-Michel Malouf a souhaité aborder l’Ouverture Prometheus en raison de son caractère éminemment séduisant. « C’est une composition très légère, festive, ce qui témoigne du fait que Beethoven était capable d’aller dans cette direction. Il y a également un lien avec la Symphonie No. 1, des similarités en ce qui touche la tonalité », fait-il observer.

Le concerto, lui, marquera les débuts de Marie Bégin en tant que soliste. L’orchestre se limitera au premier mouvement afin de respecter le cadre temporel imposé par la formule, puisque l’oeuvre au complet dure 45 minutes. On pourra cependant apprécier la mutation qui s’était opérée chez le maître allemand, au moment où il a écrit cette musique.

« Beethoven a créé le concerto quelque part entre la quatrième et la cinquième symphonie. Lui qui était venu du classique était alors passé au romantisme. En fait, c’est ultra romantique », énonce le maestro. Quant à la symphonie, elle ramènera les mélomanes au temps du classique, alors que le génie du compositeur bousculait déjà les traditions.

« Dans cette oeuvre, il balance entre la simplicité et l’originalité. Tout est simple, presque carré, mais avec une originalité étonnante. C’est logique, cohérent, précis dans les formes, et dès les premiers accords, on réalise à quel point c’est différent de Haydn ou Mozart. On est ailleurs. C’est une composition marquante qui, à l’époque, sollicitait la virtuosité des interprètes. Elle repoussait un peu les limites techniques », décrit Jean-Michel Malouf.

Aujourd’hui encore, il faut négocier habilement certains passages, notamment le deuxième mouvement, laisse-t-il entendre. « Comme il est très délicat, ça demande une extrême précision dans le phrasé et la balance. Il y a de l’ouvrage à ce niveau. Ce sera un travail centré sur la recherche de consensus, un travail d’équipe », affirme le patron de l’Orchestre symphonique.

Il ajoute qu’une quarantaine de musiciens seront mis à contribution, des effectifs plus raisonnables qu’à la fin de la carrière de Beethoven. C’est d’ailleurs une oeuvre tardive qui sera proposée à l’occasion du deuxième concert honorant la mémoire du compositeur, mais laquelle ? Le mystère persiste, ce qui n’empêche pas Jean-Michel Malouf d’évoquer la présence d’un choeur dans la neuvième symphonie et de rappeler à quel point cette oeuvre « a repoussé les dimensions de l’orchestre ».