Le chef de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Jean-Michel Malouf, salue la violoniste Marie Bégin, qui, mardi soir, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, a assumé le rôle de soliste pour la première fois. Devant 500 spectateurs, dont plusieurs membres de la communauté d’affaires, elle a participé à l’interprétation du premier mouvement du Concerto pour violon en ré majeur de Beethoven.
Le chef de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Jean-Michel Malouf, salue la violoniste Marie Bégin, qui, mardi soir, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, a assumé le rôle de soliste pour la première fois. Devant 500 spectateurs, dont plusieurs membres de la communauté d’affaires, elle a participé à l’interprétation du premier mouvement du Concerto pour violon en ré majeur de Beethoven.

L’Orchestre, sur une note différente

Dansant. Romantique. Moderne. Trois facettes de Beethoven ont été mises en relief par l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, mardi, à l’occasion de son premier concert de l’année. Tenu à une heure inhabituelle, soit 17 h 30, cet événement auquel était jumelée une activité de réseautage destinée à la communauté d’affaires a permis à 500 personnes de vivre la musique d’une manière différente.

Celles qui participaient à l’activité, une quarantaine au total, étaient arrivées une heure plus tôt au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi afin d’échanger dans une ambiance conviviale. Elles avaient rendez-vous à la hauteur du balcon, où les attendaient des consommations et des bouchées, ainsi que le chef Jean-Michel Malouf, venu les saluer avant de retourner dans les coulisses.

« Les gens d’affaires ont apprécié cette initiative, mais certains nous ont dit que la prochaine fois, il serait préférable que l’activité ait lieu après le concert et qu’elle dure plus longtemps », a mentionné au Quotidien la directrice générale de l’orchestre, Christine Boily, à la conclusion du programme. Elle a aussi noté que 500 spectateurs étaient présents malgré la neige et le vent. Ils ont aussi fait fi du changement de jour et d’heure qu’on leur avait imposé afin de rejoindre une nouvelle clientèle.

La formule prévoyait que le concert ne dépasserait pas 70 minutes, toujours dans le but de séduire les participants à l’activité de réseautage. Néanmoins, le menu était alléchant et dans la salle, on percevait un surcroît d’effervescence au moment où Jean-Michel Malouf s’est installé à la tribune. La partie sociale avait sans doute réchauffé les coeurs, mais qu’en serait-il de la musique ?

La réponse n’a pas été longue à venir. L’ouverture du ballet Les Créatures de Prométhée a permis de découvrir un Beethoven différent de l’image qu’on s’en fait, celle du génie ombrageux. Flûtes aériennes, vite relayées par les cordes, puis des notes métalliques émanant des cuivres. Musique empreinte de douceur, qu’on aurait le goût d’entendre dans un parc, n’importe quand, sauf en hiver. Ce fut bref et très joli.

« Nous sommes contents d’avoir une salle bien garnie. Bienvenue aux gens regroupés au balcon », a mentionné le maestro avant d’aborder le premier mouvement du Concerto pour violon en ré majeur. Cette version marquait les débuts de Marie Bégin dans le rôle de soliste, sa chaise de premier violon revenant à celle qui l’a occupée si longtemps, sa consoeur Nathalie Camus.

On la sentait très engagée, ne serait-ce qu’à sa façon de dodeliner de la tête au rythme de l’orchestre, pendant les rares pauses que lui réservait la partition. Bien sûr, ses dialogues avec la formation ont fait ressortir sa virtuosité, mais on retiendra également sa capacité d’expression dans les passages les plus dépouillés, ceux où les sons tirés de l’instrument se résumaient à un souffle. Il fallait tendre l’oreille pour ne rien perdre, mais sa retenue, sa sensibilité, ont fait merveille.

Ce n’est pas sans raison que le public a réservé un accueil chaleureux à sa performance, plusieurs personnes se levant pour exprimer leur contentement. C’était digne d’une fin de concert, mais il restait la pièce de résistance, la Symphonie No 1 du grand Ludwig. Après avoir absorbé une forte dose de romantisme, le public a pu s’imaginer au tournant du 17e et du 18e siècle, alors que le compositeur plantait ses drapeaux un peu plus loin que ceux de Mozart ou Haydn.

Ce fut une musique de chat, balançant entre la vigueur des cuivres et la souplesse des cordes, les attaques nerveuses cohabitant avec des plages de douceur. Or, chaque fois, l’orchestre a fait ressortir la cohérence de l’oeuvre et le plaisir que procure son écoute, jusqu’à la finale pulsée par les cuivres et les timbales. Elle avait quelque chose d’électrique, l’ultime éblouissement avant de prendre congé de Beethoven – et de l’orchestre. Il était 18 h 40.