Trois scénarios ont été élaborés pour la prochaine saison de l’Orchestre de la francophonie. Jean-Philippe Tremblay, directeur artistique et chef de l’orchestre, estime qu’une saison hybride issue d’un mélange entre présentiel et virtuel est le scénario le plus probable.
Trois scénarios ont été élaborés pour la prochaine saison de l’Orchestre de la francophonie. Jean-Philippe Tremblay, directeur artistique et chef de l’orchestre, estime qu’une saison hybride issue d’un mélange entre présentiel et virtuel est le scénario le plus probable.

L’Orchestre de la francophonie lance ses auditions

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
On ignore encore la forme qu’elle prendra, mais la saison 2021 de l’Orchestre de la francophonie (OF), qui coïncide avec son 20e anniversaire, aura bel et bien lieu. Trois scénarios sont envisagés afin de permettre aux musiciens d’évoluer malgré la pandémie. Même si un flou persiste, la période des auditions vient d’être lancée puisqu’une chose est certaine, la musique classique résonnera l’été prochain.

Fort de l’expérience vécue au cours de la saison 2020, l’Orchestre de la francophonie lance sa période d’inscriptions. Cette année, plus d’une cinquantaine de jeunes musiciens âgés de 18 à 30 ans sont recherchés. Tous les postes de cordes, bois, cors, trompettes et percussions sont ouverts.

« L’année 2020 a été différente, mais ç’a aussi été une année d’apprentissages numériques et technologiques. On devait surtout remplir notre engagement auprès de la quarantaine de musiciens sélectionnés. En avril, on s’est vite retourné de bord, raconte le Saguenéen d’origine Jean-Philippe Tremblay, directeur artistique et chef de l’Orchestre de la francophonie. Les musiciens d’un orchestre ont besoin d’être ensemble. C’est certain que ça nous manquait. Les technologies ne permettent pas encore d’être 40 à jouer en même temps sans qu’il y ait des délais, aussi minimes soient-ils, mais je dirais qu’environ 75 % de notre programme a pu être transféré de façon digitale. »

L’édition 2020 réunissant des étudiants des quatre coins du globe a causé bien des maux de tête, mais elle a aussi laissé un héritage qui sera mis à profit dans le futur.

« La plateforme qu’on a bâtie va faire partie de notre ADN maintenant. Elle mise plus sur la qualité du son que de l’image. On a accès à de super profs. Dans le futur, on pourra utiliser la plateforme pour des échanges avec eux avant leur arrivée. On va profiter des bénéfices que nous apporte le fait d’avoir une communauté internationale. »

Jean-Philippe Tremblay entrevoit l’édition 2021 avec optimisme. Trois scénarios ont été élaborés. Celui qui conviendra à la situation qui prévaudra au printemps sera mis en place.

Le premier scénario, le plus optimiste, consiste en un prélude en ligne et une saison régulière en personne à Montréal pour tout le monde.

Le second, que le directeur estime plus réaliste, est composé d’un prélude en ligne et d’une saison hybride qui réunirait à Montréal les Canadiens et ceux qui peuvent voyager, et qui se déroulerait en ligne pour les autres.

Le dernier, le plus pessimiste, consiste en une saison exclusivement en ligne pour tout le monde.

Jean-Philippe Tremblay, directeur artistique et chef de l’Orchestre de la francophonie, confirme qu’il y aura une saison 2021. Les auditions sont lancées afin de sélectionner les musiciens qui y participeront.

« On est prêts pour les trois éventualités. On se croise les doigts pour que ce ne soit pas l’option la plus pessimiste qui doive être mise en place. En avril ou en mai, on pourra trancher et choisir une option. »
Jean-Philippe Tremblay

Quant à l’intérêt suscité chez les musiciens, le directeur n’est pas inquiet.

« L’été dernier, on a réussi à les rassembler autour d’un projet. Les jeunes, ce sont des éponges, ils veulent faire de la musique. On vient de lancer les auditions et on reçoit déjà beaucoup de courriels. »

Entre 50 et 56 musiciens doivent être sélectionnés afin d’interpréter l’intégrale des symphonies de Beethoven. « Ça demande un orchestre de cette taille. L’idée est de revisiter la symphonie de Beethowen puisque c’est une oeuvre marquante pour l’OF, notamment en raison des prix remportés. »

Le Concerto pour piano no1 de Brahms, avec le soliste Mathieu Gaudet, et des créations québécoises de Simon Bertrand et Giancarlo Scalia figurent également au programme.

« Plusieurs musiciens régionaux ont participé à l’OF. Il faut donc rappeler aux musiciens du Saguenay-Lac-Saint-Jean que ça vaut la peine d’auditionner », insiste le chef d’orchestre.

Les intéressés ont jusqu’au 1er mars 2021 pour le faire, via le site Web de l’OF.

Évidemment, le 20e anniversaire de l’organisation devait initialement avoir une allure différente.

« Beaucoup de choses ont bougé, notamment la tournée des grands festivals, des projets d’enregistrement de disques, des projets ont été mis sur la glace. Des choses prévues l’été passé ont été remises à l’été prochain, celles de l’été prochain ont donc aussi dû être déplacées. C’est un gros casse-tête. Ça nous sort de notre habitude de tout planifier dès septembre. »

Si la COVID-19 a complètement chaviré l’univers musical, Jean-Philippe Tremblay s’estime chanceux de continuer à travailler.

« Je pense à tous mes amis musiciens, surtout ceux qui sont pigistes et qui passent dans une craque gouvernementale. Personnellement, j’ai une douzaine de concerts à l’international qui ont été annulés. Les grands concerts sont programmés quatre ou cinq ans à l’avance. C’est impossible de les déplacer. Je m’ennuie beaucoup des concerts à l’étranger et de passer du temps avec des orchestres internationaux que j’adore. »

Le chef d’orchestre peut toutefois se concentrer sur l’enseignement à l’Université d’Ottawa, une tâche qu’il accomplit avec bonheur.

« En tant que professeur, j’arrive à un moment de la carrière des jeunes important pour eux. Ça me permet de continuer à vivre de la musique et de faire quelque chose que j’adore. »

Trois scénarios ont été élaborés pour la prochaine saison de l’Orchestre de la francophonie. Jean-Philippe Tremblay, directeur artistique et chef de l’orchestre, estime qu’une saison hybride issue d’un mélange entre présentiel et virtuel est le scénario le plus probable.