La troupe a reçu une ovation bien méritée, jeudi soir. Elle sera de passage à la Salle Michel-Côté d’Alma, vendredi, et à guichet fermé à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, samedi.

«L'Orangeraie» ouvre l'esprit et brise les préjugés

On les entend et on les voit à l’occasion, ces nouvelles à la télévision, ces images d’hommes, de femmes et même d’enfants qui se font exploser « pour le bien de leur peuple » et « contre l’ennemi ». Et puis, sans trop porter attention parce que ça se passe si loin de chez soi, on se pose la question à savoir comment ils réussissent à en arriver là.

Pour nous qui vivons dans un contexte où la guerre existe à bien plus petite échelle, c’est si difficile à comprendre. C’est ce que le public de Dolbeau-Mistassini a vécu, jeudi soir. 

Dès le début de la pièce L’orangeraie, de l’auteur chicoutimien Larry Tremblay, le bruit sourd d’une bombe nous saisit et nous fait comprendre dans quoi on s’embarque pour la prochaine heure et demie. Oui, on arrivera à sourire à quelques reprises, mais surtout, on aura le regard sévère tout au long de la soirée puisqu’on entre dans l’univers d’une famille décimée par la guerre. Une famille qui pourtant n’a pour idéal que de vivre paisiblement et sans tracas sur ses terres où poussent des orangers. 

Mais la vie de ces parents et leurs deux enfants, déjà perturbée par la mort tragique de leurs doyens, s’assombrit avec l’arrivée d’un homme qui prétend être un prophète. 

Le personnage incarné par Jean-Moïse Martin arrive à les convaincre de choisir l’un de leurs jumeaux pour qu’il venge la mort de leurs grands-parents. Si on l’aime dans Lâcher prise, on le déteste dans L’orangeraie. 

Dans la salle, un mélange de malaise, de colère et d’empathie envers la famille s’est fait sentir. Le jeu des acteurs et la qualité du texte de Larry Tremblay nous gardent en haleine jusqu’à la fin. Qui d’Amed ou d’Aziz sera sacrifié ? Surtout, comment celui qui reste arrivera à s’en sortir ? 

Avec la brillante mise en scène de Claude Poissant, on passe de la zone de guerre à l’Amérique où le frère, qui a survécu et est devenu un homme, se réfugie. Les décors sont simples, mais cela a peu d’importance puisque c’est le message qui importe. 

Dans le regard du réfugié, savamment interprété par Gabriel Cloutier-Tremblay, on arrive à sentir toute cette douleur et ce désir de troquer la guerre pour la paix.

Dans un contexte où le Canada souhaite ouvrir ses frontières à ceux qui prennent leur courage à deux mains pour quitter leur pays afin d’améliorer leur sort, cette pièce est tout à fait à propos. 

La troupe a reçu une ovation bien méritée, jeudi soir. Elle sera de passage à la Salle Michel-Côté d’Alma, vendredi, et à guichet fermé à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, samedi.