L'ex-premier ministre du Canada, Jean Chrétien.
L'ex-premier ministre du Canada, Jean Chrétien.

L’ONF donne l’accès gratuit au film Sur la corde raide, sur l’invasion de l’Irak

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
L’Office National du film (ONF) a rendu gratuit l’accès en ligne au film documentaire Sur la corde raide, de Claude Guilmain.

Sorti en  2019, ce film réalisé par le Franco-Ontarien Claude Guilmain (AmericanDream.ca) se penche sur le bras de fer diplomatique entre le Canada et les États-Unis, qu’a provoqué, en 2003, la décision américaine d’envahir l’Irak – invasion à laquelle le Canada a refusé de participer.

Le film est accessible sur le site de l'ONF.

Sa bande annonce se trouve sur viméo, ici.

Offert gratuitement sur ONF.ca depuis le 18 mai, le documentaire donne la parole à Jean Chrétien, alors Premier ministre du Canada, et ses principaux conseillers politiques, ainsi qu’à des diplomates de haut rang (dont l’ex-ambassadeur Paul Heinbecker), des analystes militaires, des universitaires et des journalistes.

Remontant la chronologie des événements, le film met en lumière «ce qui s’est joué en coulisses avec le voisin du Sud».

«L’interventionnisme sur la scène internationale» des États-Unis vient «servir des intérêts économiques et géostratégiques», fait valoir le documentariste, pour qui «cette décision historique aurait pu être lourde de conséquences pour le Canada, et plusieurs acteurs de l’époque et analystes montrent le terrible prix à payer lorsque la diplomatie échoue à régler les conflits à travers le monde».

«En s’opposant au principe de la guerre préventive élaboré à Washington et aux ambitions du complexe militaro-industriel soutenues par le Pentagone, le Canada prend ses distances dans un contexte international tendu», expose Claude Guilmain. 

Par son refus de participer à l’invasion, Ottawa court alors le risque d’une «rupture diplomatique et de représailles économiques», souligne-t-il. «Mais en choisissant la voie de la raison et de la responsabilité politique, le pays réaffirme son indépendance», argue le cinéaste.

Le dramaturge et cinéaste franco-ontarien Claude Guilmain

Auteur, scénographe, metteur en scène et réalisateur, Claude Guilmain est le  cofondateur du Théâtre la Tangente, basé à Toronto. Il est l’auteur de la trilogie théâtrale AmericanDream.ca, publiée par les éditions L’Interligne, à Ottawa, et présentement en lice aux prochains prix Trillium.


L’ONF a profité du mois de mai pour donner un accès gratuit à cinq de ses productions.

Le film de Claude Guilmain succède à Les chansons de mon père (2018) de Millefiore Clarkes et Waseskun (2016) de Steve Patry.

Le 25 mai, ce sera au tour de Beautés, de Christina Willings (2018), d’être accessible  gratuitement. 

Motto est un site web interactif où l'on raconte une histoire de fantôme aux allures de chasse au trésor, dans un récit vidéo qui «intègre des images captées sur le vif par les participants».

Le 28 mai, l’ONF fera de même avec Motto, un projet interactif signé Vincent Morisset Sean Michaels, Édouard Lanctôt-Benoit et Caroline Robert (2020). Dans le cas de ce dernier, il s’agira d’une première mondiale. 

Motto est un «site web interactif» pour appareils mobiles. On y découvrira une sorte de «livre interactif» composé de milliers de courtes vidéos, qui relate «l’histoire millénaire d’un sympathique esprit nommé Septembre». 

Mi-histoire de fantôme, mi-chasse au trésor, et à mi-chemin entre le documentaire et la fiction, Motto propose un récit en six chapitres, qui «intègre des images captées sur le vif par les participants».

«Lorsqu’il part à la découverte de Motto, l’utilisateur entre dans un univers de création de sens et de jeu. On lui demande de contribuer à l’expérience : une chasse au trésor jalonnée de petites vidéos conçues par les participants et dont chaque étape propose une tâche facile à exécuter», explique l'ONF. 

Grâce à une «technique de montage intelligent, Motto substitue aux rêveries et aux souvenirs du narrateur les images de l’utilisateur.» 

«Progressivement et de façon anonyme — un parti pris important —, quiconque découvre Motto joint ses forces à celles des autres personnes qui en ont déjà fait l’expérience et ajoute des fragments intimes à la mémoire collective», poursuit l'Office national du film.