L’Odyssée des Bâtisseurs continue de fonctionner, même si certaines activités ont été mises sur pause en attendant qu’Alma quitte la zone rouge.
L’Odyssée des Bâtisseurs continue de fonctionner, même si certaines activités ont été mises sur pause en attendant qu’Alma quitte la zone rouge.

L’Odyssée des Bâtisseurs opère différemment

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
En apparence, il ne se passe rien à l’Odyssée des Bâtisseurs. Les expositions ne sont plus accessibles ni les archives de la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean, depuis l’entrée d’Alma en zone rouge. Il s’agit toutefois d’une fausse impression, puisque l’équipe prépare la réouverture de la boutique et tient des activités virtuelles, tout en planchant sur celles à venir.

« À l’exception du traitement des archives et de l’accueil des visiteurs, nos tâches se font bien à distance. Nos 15 employés sont en télétravail et nous profitons de cette période pour faire de l’administration et préparer la prochaine année », a raconté la directrice générale Anne-Julie Néron, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

S’agissant des chercheurs en histoire et en généalogie, ils peuvent adresser leurs demandes par courriel ou au téléphone, afin de consulter des documents. Dans une veine similaire, le service d’aide-conseil en rénovation patrimoniale demeure actif. Il continue d’appuyer les particuliers, ainsi que les municipalités et les MRC souhaitant valoriser le patrimoine bâti.

« Ce mois-ci, également, nous proposons des activités d’animation avec les vétérans. Ça se fait à distance et les commentaires sont positifs. Signe qu’il y avait un besoin, la participation est forte », indique Anne-Julie Néron. En décembre, d’autres animations pourraient être offertes aux centres de la petite enfance. C’est à ce moment aussi qu’on prévoit rouvrir la boutique.


« Puisqu’il s’agit d’un commerce, la boutique a le droit d’opérer malgré qu’on soit en zone rouge. Nous sommes toutefois au coeur de la deuxième vague, ce qui nous incite à attendre le bon moment pour la rouvrir. Il y a plein de cadeaux originaux qu’on peut trouver à cet endroit. C’est d’ailleurs en décembre qu’elle génère 50 % de ses revenus »
Anne-Julie Néron

Ça peut sembler trivial, à tout le moins aux yeux des gens qui n’y ont jamais mis les pieds. Or, cet espace situé à l’entrée du musée offre une belle vitrine aux artisans de la région. De surcroît, les amateurs d’histoire et de généalogie y trouvent des documents de qualité. Certains, comme le livre Chronique d’Alma, de Gaston Martel, ont abouti sous plusieurs sapins.

« Puisqu’il s’agit d’un commerce, la boutique a le droit d’opérer malgré qu’on soit en zone rouge. Nous sommes toutefois au coeur de la deuxième vague, ce qui nous incite à attendre le bon moment pour la rouvrir. Il y a plein de cadeaux originaux qu’on peut trouver à cet endroit. C’est d’ailleurs en décembre qu’elle génère 50 % de ses revenus », fait valoir Anne-Julie Néron.

Quant aux expositions, le fait qu’elles soient inaccessibles est accepté avec philosophie par les membres de l’équipe, dans la mesure où les visiteurs sont moins nombreux à l’automne. Quelques individus se seraient pointés, tout au plus, alors que du côté des groupes scolaires, ça s’annonçait tranquille.

Par contre, on anticipe une reprise vigoureuse en 2021. C’est pourquoi on gardera à l’affiche l’exposition Qui a tué John Gallop?, étrennée plus tôt cette année. Rappelons que le Gallop en question, prénommé Abraham, a été victime d’une mort mystérieuse en 1925, à Isle-Maligne. Après quatre procès, son épouse, Emily Sprague, a été acquittée. De quoi titiller la curiosité.

« Il s’agit d’une très belle exposition portant sur un meurtre non résolu. Comme il y a eu moins d’achalandage l’été passé, en raison de la COVID, nous ramènerons cette production dont nous sommes fiers », explique la directrice générale. L’exposition qui devait prendre sa place a été remise à l’été 2022.

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LE FILM À 360 DEGRÉS SERA COMPLÉTÉ CET HIVER

L’une des principales conséquences de la crise sanitaire, du point de vue de l’Odyssée des Bâtisseurs, touche son nouveau film immersif. Comme les scènes d’hiver n’ont pu être réalisées en mars dernier, c’est seulement la saison prochaine que sera donné l’ultime tour de manivelle, annonce la directrice générale Anne-Julie Néron.

« Le tournage de cette production à 360 degrés avait été annulé. C’est pourquoi les scènes qui manquent seront tournées à Alma au cours de l’hiver, fait-elle observer. Nous nous attendons à ce que ce film d’une durée de 12 à 15 minutes soit prêt en 2021. Les projections se dérouleront à l’intérieur du château d’eau. »

Le nouveau documentaire remplacera Aquavolt, une production qui remonte à 2011. Alors que celle-ci mettait l’accent sur l’hydroélectricité, un choix guidé par la présence du barrage d’Isle-Maligne, le projet piloté par Canopée Médias et la maison Cadabra s’attardera au territoire et aux personnes qui y habitent. La narration sera assurée par l’écrivaine Marie-Andrée Gill, tandis que la musique émanera de l’Almatois Robert Pelletier.

Le montage financier témoigne des ambitions du musée. Totalisant 600 000 $, il comprend une contribution de 300 000 $ de Développement économique Canada. S’y ajoutent un don de 100 000 $ de la compagnie Rio Tinto, des subventions de 90 000 $ accordées par la ville d’Alma et le ministère de la Culture et des Communications du Québec, et 45 000 offerts par la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean.

Même quand le film sera terminé, cependant, il faudra s’assurer que les conditions de projection dans le château d’eau permettront d’accommoder plus de gens que l’été passé, du fait des normes sanitaires. « Accueillir huit personnes au lieu de 40, ce n’est pas la même expérience », souligne en effet Anne-Julie Néron.