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L’Odyssée de Jacques Michel

CHRONIQUE / Je me souviens que lors de notre dernière entrevue, au moment où il voyait poindre la fin de la tournée qui l’avait rappelé au bon souvenir de ses fans, Jacques Michel affichait une sérénité remarquable. Heureux de constater que ses anciennes chansons plaisaient toujours et qu’il possédait les attributs nécessaires pour leur rendre justice, le vétéran avait le sentiment d’avoir fermé la boucle de la bonne manière.

Son retour auquel peu de gens croyaient assister, tant l’absence fut longue (quelque chose comme 30 ans), était survenu à la suite d’un concours de circonstances. Il a suffi d’une apparition au Festival des guitares du monde en Abitibi-Témiscamingue, aux côtés des frères Marco et Yves Savard, pour lui redonner le goût de faire de la scène après avoir enregistré Un nouveau jour, un album regroupant des versions modernes de ses classiques.

Tant à Chicoutimi qu’à Tadoussac, dans le cadre du Festival de la chanson, j’avais vu à quel point les gens s’étaient ennuyés de lui. Même une alerte médicale survenue pendant la tournée, laquelle l’avait obligé à s’accorder une pause, n’a pu atténuer l’élan généré par les retrouvailles. Néanmoins, il croyait que cette tournée constituerait son chant du cygne, une perspective qui le troublait d’autant moins que l’amateur de voile en lui trépignait à l’idée de reprendre la mer.

Or, voici qu’apparaît un enregistrement inattendu, la chanson Odyssée. Portée par un beat entraînant, elle fait entendre une voix familière, toujours aussi juste, toujours aussi enveloppante. La différence est que cette fois, il s’agit d’une nouveauté, tout comme l’album Tenir qui sortira à l’automne. La réalisation est signée André Papanicolaou, l’un des meilleurs guitaristes au Québec.

Il reste à souhaiter qu’il participera à la tournée qui, dit-on, se mettra en branle en février.