Dans la pièce Itinérance, Guylaine Rivard campe le rôle d’une femme qui a abouti dans la rue. Elle vit entourée d’objets parmi lesquels on remarque une marionnette.

L’Itinérance vue par le Théâtre CRI

Une femme déploie des objets autour d’elle sans dire un mot. Ils représentent son univers, montrent à quel point sa vie est réduite à peu de choses, ce qui constitue le point de départ de la nouvelle pièce du Théâtre CRI, Itinérance. D’une durée de 15 à 20 minutes, cette création ramène son unique interprète, Guylaine Rivard, à l’époque lointaine où elle pratiquait son art dans la rue.

L’étincelle derrière cette oeuvre est venue de la chanson de Plume Latraverse, Les pauvres. C’est elle qu’on entend dans l’une des versions de la pièce, sauf qu’il y a quelques semaines, la comédienne, qui signe également la mise en scène du spectacle, a réalisé que les droits d’auteur généraient des frais trop élevés pour les assumer en toutes circonstances. C’est pourquoi elle a concocté une seconde mouture supportée par des musiques libres de droits arrangées par Michel Otis.

Guylaine Rivard aborde chaque représentation d’Itinérance en gommant la vraie nature de ce que les gens voient. Il croient rencontrer une itinérante, jusqu’au moment où la comédienne manipule une marionnette.

« Je suis quand même contente parce que sans Les pauvres, la pièce n’aurait pas existé. J’ai dû m’ajuster, mais j’aime également la deuxième version. Ça change juste la respiration, puisque les paroles apportaient une contrainte qui a joué sur le scénario », a souligné Guylaine Rivard mercredi, lors d’une entrevue accordée au Progrès.

Elle venait de livrer quelques représentations d’Itinérance devant des publics différents, dont un comprenant des enfants. Ils furent d’abord interrogatifs, puisque c’est seulement lorsque la comédienne commence à manipuler une marionnette que les gens réalisent qu’il s’agit d’un spectacle et non d’une rencontre fortuite avec une personne ayant abouti dans la rue. Or, le même genre d’équivoque entoure sa personnalité, nimbée d’un flou artistique.

« Mon personnage pourrait avoir un problème de santé mentale. Je suis dans mon petit monde, dans ma petite ‘‘dompe’’, et je déballe des choses, note la comédienne. On ne sait pas non plus si la marionnette est mon enfant. » Ce qui est clair, cependant, c’est son désir de donner un visage à l’itinérance, le tout en respectant l’esprit du théâtre d’opprimés. La formule est souple, en effet. La pièce peut être jouée dans un cadre formel et aussi n’importe où, sans avertissement.

« Des enfants m’ont posé des questions après avoir assisté à l’une des représentations, il y a quelques jours. Je leur ai dit que nous vivions dans le confort, mais qu’il existe d’autres réalités et qu’elles me touchent énormément. Dans un pays aussi riche que le nôtre, nous ne devrions pas nous habituer à voir des personnes vivant en situation d’itinérance », fait observer Guylaine Rivard.

C’est un message qu’elle véhiculera une nouvelle fois cet après-midi, devant l’église de Tadoussac, puis le lendemain, dans le cadre du festival Virage tenu à Sainte-Rose-du-Nord. D’autres rendez-vous figurent à son agenda, soit le 10 août à Mashteuiatsh, ainsi que les 11 et 12 août à Sorel. Une escale est également prévue à Montréal, révèle la comédienne, qui profitera de ces sorties pour élargir le rayonnement du Théâtre CRI.

Guylaine Rivard aborde chaque représentation d’Itinérance en gommant la vraie nature de ce que les gens voient. Ils croient rencontrer une itinérante, jusqu’au moment où la comédienne manipule une marionnette.
Dans la pièce Itinérance, Guylaine Rivard campe le rôle d’une femme qui a abouti dans la rue. Elle vit entourée d’objets parmi lesquels on remarque une marionnette.