Tire le coyote vient d’amorcer la plus grosse tournée de sa carrière, alors que son troisième album, Désherbage, trône au sommet du palmarès québécois.

L’improbable ascension de Tire le coyote

Il y a sept ans, Benoit Pinette, l’homme derrière le projet Tire le coyote, participait aux Francouvertes dans un anonymat relatif. Lui qui n’avait pas survécu à la première ronde a quand même tiré profit de la visibilité que lui a procuré le concours, tellement qu’aujourd’hui, c’est lui qui assume le rôle de porte-parole.

« Le fait qu’on m’ait approché, moi qui ai été éliminé si vite, devrait donner espoir aux jeunes », a souligné le chanteur il y a quelques jours, lors d’une entrevue téléphonique accordée au journal. Les nouveaux venus pourront également se donner du courage en songeant au fait que l’homme a créé trois albums et que le petit dernier, Désherbage, trône au sommet du palmarès québécois.

Ce scénario était d’autant plus improbable que sa voix haut perchée tend à polariser les auditeurs. « Il y en a que ça attire et d’autres que ça repousse. Moi, j’ai préféré la voir comme un atout. Même si l’effet de surprise est moins présent, elle m’aide à me démarquer », fait remarquer l’artiste originaire de Québec.

Revenant sur son parcours, il croit que la tournée générée par l’album précédent, Panorama, a constitué une rampe de lancement fabuleuse. Le circuit des salles intimistes lui a ouvert les bras comme jamais, tandis que son public regroupait des gens dans la vingtaine, autant que des octogénaires. « Ce sont des personnes curieuses, fidèles, attentives, un public que je qualifierais de radio-canadien », décrit Benoit Pinette.

La tournée a si bien fonctionné qu’il a joui d’une pause de quatre mois pendant laquelle ont été écrits la plupart des titres formant Désherbage. Elle lui a permis de creuser quelques thèmes, souvent sous forme de questionnements. « L’enfance revient beaucoup, tout comme les peurs, la notion d’amour réparateur, les déplacements et la quête de sens », indique l’artiste.

Côté musique, il a mis une sourdine à ses amours avec le country. En revanche, la guitare électrique est bien présente, notamment celle de Shampoing, son vieux complice. Elle a des accents rugueux qui cohabitent harmonieusement avec les mélodies tricotées par un autre virtuose du manche, Simon Pedneault, et les élans du claviériste Vincent Gagnon.

« Je voulais juste qu’on ne perde pas de vue l’idée qu’à l’origine, ce sont des chansons folk », énonce Benoit Pinette. Pour mettre toutes les chances de leur côté, lui et ses camarades ont donné cinq spectacles avant d’entrer en studio. Des pièces n’ont pas survécu à l’exercice et d’autres ont été ajoutées, mais le plus beau de l’affaire est qu’avant même la sortie de Désherbage, les diffuseurs ont répondu présents.

La tournée amorcée vendredi comprend de 60 à 70 dates et toutes ne sont pas annoncées. Elle s’arrêtera notamment le 2 février, au Côté-Cour de Jonquière, ainsi que le 6 avril, à la Salle Azimut de Saint-Félicien. « Pour la première fois, les responsables des salles n’ont pas vu mon spectacle comme un risque. Nous allons dépasser le nombre de sorties enregistré lors de la tournée Panorama », se réjouit Benoit Pinette.