Dimanche, Louise Dupré procédera à une lecture rehaussée par la musique créée par Nicolas Jobin.

L’horreur des camps, en mots et en musique

PLACE PUBLIQUE / Des mots et de la musique pour évoquer l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’humanité. C’est ce que proposeront l’Association professionnelle des écrivains de la Sagamie et le Côté-Cour de Jonquière, le 10 mars, à 16h. Ils souligneront le mois de la poésie en offrant autre chose que des rimettes, en l’occurrence un spectacle-lecture se moulant à l’ouvrage intitulé Plus haut que les flammes.

Publié en 2010, il trouve son ancrage dans une visite effectuée par l’auteure Louise Dupré, laquelle n’avait rien de touristique. Elle s’était rendue dans les camps d’extermination d’Auschwitz et de Birkenau, en Pologne, des lieux dont nul ne sort indemne en dépit du fait que 74 années se sont écoulées depuis la chute du régime nazi. C’est le genre d’endroit où on sent le souffle de l’histoire, autant que les pesanteurs de l’âme humaine.

Moi aussi, j’ai foulé le sol d’Auschwitz. Ça s’était passé au début des années 1990, au moment où la patrie de Chopin rompait avec une autre forme de totalitarisme: la dictature communiste. Il n’était pas nécessaire de regarder les nouvelles pour percevoir une mutation dans l’humeur populaire. Il y avait une légèreté dans l’air, confirmée par l’omniprésence du logo rouge et blanc du syndicat Solidarnosc. On en avait fait des épinglettes, des affiches et des t-shirts, autant de signes des temps nouveaux.

Cette allégresse avait filtré partout, sauf à Auschwitz. Notre guide, un jeune homme, dont le visage exprimait une tristesse infinie, chuchotait plus qu’il ne parlait. Mon groupe, d’ordinaire si joyeux, échangeait avec lui sur le même ton, ce qui correspondait à l’attitude adoptée par les touristes que nous croisions. Comment faire autrement quand on se demande si la terre sur laquelle on marche renferme des traces de tous ces corps transformés en fumée?

On ne dira jamais assez l’importance de se souvenir, de ne pas banaliser la barbarie, ce qui comprend évidemment l’Holocauste. C’est pourquoi il faut saluer l’événement de dimanche, pendant lequel Louise Dupré procédera à une lecture rehaussée par la musique créée par Nicolas Jobin, ceux qu’on voit sur la photographie qui accompagne ce texte.

Et pour les personnes qui souhaitent creuser la question, je signale l’excellente série documentaire Jusqu’au dernier: la destruction des Juifs d’Europe. Le deuxième des six épisodes sera diffusé à TV5, lundi, à 21h. Il commence en 1938, l’année de toutes les trahisons.

France Bonneau

Le secret de Vincent

L’auteure France Bonneau procédera au lancement de son plus récent ouvrage, Le secret de Vincent. Publié par la maison d’édition Vivat, basée dans la région, ce conte pour enfants raconte l’histoire d’un gamin de 7 ans qui ne se contente pas d’apprendre le violon. Puisqu’une sécheresse sévit dans sa communauté, il cherche à provoquer de fortes précipitations en s’inspirant d’un livre de légendes. Pour assister au lancement, tenu le 17 mars, à 13h30, il suffit de réserver en téléphonant au 418 549-7657, idéalement avant le 12 mars.

HaÏti, la perle des Antilles

Trois missions humanitaires à Haïti ont permis à Yvon Guignard de mieux connaître ce pays, au-delà des péripéties politico-sociales dont nous abreuvent les journaux télévisés. « Le seul mot qui me revient en tête, c’est espoir », affirme ainsi le technicien et caméraman à l’emploi de Radio-Canada, dans un communiqué émis par le Club de photo Chicoutimi. C’est dans cet esprit qu’il a croqué les images qui sont présentées jusqu’au 7 avril, au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. L’exposition a pour titre Haïti, la perle des Antilles. 

Cabinet de curiosités

Troisième volet d’un projet qui embrassera toute l’année, au rythme d’une exposition par mois, le Cabinet de curiosités, créé et constamment renouvelé par l’artiste Nathalie Lavoie, épouse de nouveaux contours depuis lundi. Cette fois, le thème abordé est celui du bois flotté, par l’entremise de pièces récupérées sur les berges de la baie des Ha ! Ha ! . Ce que montre cette photographie, captée à la bibliothèque municipale de La Baie, ce sont des pièces ayant pour trait commun de ressembler à des ossements. Certaines sont faites de bois peint par Nathalie Lavoie, qui a également produit une réplique en argile. Pour voir le fruit de son travail, il suffit de se diriger dans la section des ouvrages de référence, d’ici au 31 mars. 

Seba et Horg

Puisque le printemps arrivera dans 12 jours, pourquoi ne pas prendre un peu d’avance en visionnant le nouveau clip du duo hip-hop Seba et Horg, Tamdilidididam ? Il se déroule dans une cabane à sucre et les scènes montrant l’un des chanteurs entouré de tranches de pain, le crâne coiffé de quelques crêpes, sont franchement délirantes. L’homme s’envoie aussi des giclées de sirop sur la barbe, ce qui n’étonnera pas ceux qui ont vu Seba et Horg chanter sur la Zone portuaire de Chicoutimi en août 2018, alors que le duo avait ouvert pour les Cowboys Fringants. Même en plein jour, le duo s’était taillé un beau succès avec ses facéties et ses airs subtilement rétro.