Le photographe Pascal Ratthé a été le premier arrivé sur les lieux, parmi les médias.

L'horreur à la mosquée en exposition

Le 29 janvier 2017, un tireur a ouvert le feu sur des hommes rassemblés pour la prière au Centre culturel islamique de Québec. Six personnes ont été tuées, plusieurs autres blessées. Le photographe Pascal Ratthé du Soleil a été le premier à fournir des images des événements. Ses collègues Patrice Laroche, Jean-Marie Villeneuve, Érick Labbé et Yan Doublet ont poursuivi le travail les jours suivants afin de transmettre en images l’horreur qui a frappé le Québec, puis l’élan de solidarité qui a suivi.

Groupe Capitales Médias a choisi de consacrer son exposition présentée dans le cadre de Zoom Photo Festival Saguenay à la tragédie de la mosquée de Sainte-Foy. Intitulée L’horreur chez nous, l’exposition permet de revivre en 23 clichés les événements qui ont marqué Québec, la ville, mais aussi la province. 

L’exposition s’amorce avec les photos de Pascal Ratthé. Le photographe du Soleil a été le premier à se rendre sur place le soir des événements. À son arrivée, il savait qu’un drame venait de se dérouler au Centre culturel islamique de Québec, mais il ignorait tout de son ampleur. 

Pascal Ratthé

« On m’avait dit qu’il y avait eu une fusillade. En arrivant sur place, j’ai compris que c’était une opération d’importance. Il y avait des policiers partout », raconte-t-il. 

Le photographe à l’emploi du Soleil depuis six ans se dirigeait vers sa résidence lorsqu’il a aperçu un immense halo formé par les lumières des nombreuses ambulances. Il a pu se rendre tout près de la mosquée, avant d’être forcé de s’en éloigner. « J’étais à deux coins de rue du Centre culturel islamique. »

C’est là qu’il a photographié un policier lourdement armé interdisant le passage aux véhicules. Le fond du cliché prend des teintes orangées en raison de la présence des ambulances tout juste derrière lui. « J’ai été là trois ou quatre minutes, avant de devoir retourner plus loin. À ce moment-là, les policiers ne savaient pas s’il y avait un autre tireur. Ils étaient aux aguets. »

La tension ressentie lui a rappelé les événements du collège Dawson, qu’il avait couvert en 2006 à Montréal. 

« C’est des événements qu’on n’oublie pas. Il faut garder notre sang-froid. L’événement est en cours. Les gens sont apeurés. Il faut se concentrer et ne pas perdre le fil des événements. Il faut que le cerveau continue de travailler. »

L'exposition se déroule dans le cadre du Zoom Photo Festival Saguenay

L’image a été envoyée par le photographe à 20 h 18. À 20 h 33, Le Soleil la mettait en ligne, accompagnée d’un court texte. « Une fusillade a eu lieu dimanche soir dans la mosquée de Sainte-Foy. Un important contingent est sur place devant le Centre culturel islamique de Québec, chemin Sainte-Foy. Les agents (...) n’ont pas dit s’il y avait des victimes. » Les images captées par le photographe ce soir-là ont fait le tour du monde. 

Pascal Ratthé est demeuré sur place jusqu’à 2 h dans la nuit du dimanche au lundi, après la conférence du maire Labeaume et du premier ministre Philippe Couillard. 

Yan Doublet, lui aussi photographe au Soleil, a été appelé à se rendre à la mosquée de Québec quelques heures après les événements. 

Yan Doublet

« Les médias ont pu rentrer dans la mosquée. Rien n’a été caché. Il y avait encore des traces de sang un peu partout », raconte-t-il. 

Yan Doublet assure qu’il a cette capacité à se détacher des événements qu’il couvre, une aptitude qu’il juge nécessaire pour bien faire le métier. « C’était la première fois que je couvrais un tel genre de tragédie », souligne-t-il. « Il faut se détacher, mais aussi faire le travail avec une certaine empathie. Les gens de la communauté sont entrés dans la mosquée en même temps que nous, il ne fallait pas les bousculer. Il faut faire le travail dans le respect. »

L’exposition de Groupe Capitales Médias permet de se rappeler les événements, mais aussi d’être à nouveau témoin de la solidarité qui a suivi. 

Parce qu’après l’intervention des policiers, l’arrestation d’Alexandre Bissonnette et les proches atterrés, il y a eu le recueillement, la solidarité et les messages d’ouverture.