Pascal Allard est heureux de constater que le public aime ses chansons, autant que ses interprétations, ce dont témoigne le succès de son premier album, Je voulais marier Renée Martel.

L'homme qui voulait  marier Renée Martel

Pascal Allard est un être singulier. Non seulement a-t-il écrit une chanson intitulée Je voulais marier Renée Martel, mais l'homme âgé de 25 ans profite de chaque soir de congé pour revoir son spectacle, note par note, afin de prévenir tout risque de décalage. « C'est une question de respect », a-t-il expliqué récemment, lors d'une entrevue téléphonique accordée au journal.
Perfectionniste, le chanteur et guitariste ne tient pas sa notoriété naissante pour acquise. Néanmoins, il faut reconnaître que son premier album a attiré l'attention des amateurs de country et aussi des autres, heureux de découvrir un artiste au ton différent. Quand un type aligne des titres comme Les amants de spare et Mes anges sont sur le payroll du diable, qu'il se définit comme un adepte du néo-trad, tendance Americana, on sait qu'on n'a pas affaire à une vedette en préfab.
« Je suis bizarre, à la fois artiste et intello, raconte Pascal Allard. Dans la vie, j'aime comprendre d'où viennent les affaires, comment ça marche, et c'est pareil pour le country. Je travaille de façon méticuleuse, ce qui explique que sur l'album, j'ai tout composé, y compris les solos. Je joue aussi de tous les instruments, à l'exception de la "steel guitar". »
S'il était un oiseau, l'origine de ses compositions expliquerait son plumage bigarré. Sur Les amants de spare, c'est son amour des Eagles qui trouve à s'exprimer, ce qui reflète le moment où cette pièce a vu le jour. « Glenn Frey venait de mourir et je m'étais tapé toute leur discographie. C'est donc un hommage à leur jeu de guitare et j'ai mixé les voix comme eux. Trop fortes », explique l'artiste d'un ton amusé.
De son côté, Bonheur en gélule trouve sa source chez l'immortel Brian Wilson, l'homme derrière Good Vibrations et God Only Knows. « J'ai créé une finale à la Beach Boys », précise Pascal Allard, dont les idoles de jeunesse avaient pour noms Bobby Hachey et Roy Orbison, tandis que son favori entre tous demeure l'Américain Dwight Yoakam.
Ce qui lui plaît chez cet artiste, entre autres, c'est l'acharnement dont il a fait preuve à ses débuts, à Los Angeles. Faire du country dans cette ville était aussi peu évident que chanter avec une voix haut perchée, une caractéristique avec laquelle le Drummondvillois a dû se réconcilier en cours de route. « Je ne l'aime pas tant que ça, mais en baissant mon "range", j'ai découvert de nouvelles textures. J'ai fini par l'accepter, tandis que le public la trouve originale », énonce-t-il.
Aujourd'hui que l'album est sorti, qu'on lui a donné de grands coups d'encensoir, l'homme est content d'avoir persisté et de défendre des compositions originales, au lieu de se cantonner dans les reprises. « Mon mentor, Irvin Blais, me conseille de rester moi-même et de foncer. C'est un gars qui se bat pour le matériel original. Il dit que c'est avec mes chansons que le monde va m'aimer et déjà, je me sens comme si j'avais gagné le million », décrit Pascal Allard.
Fou comme un balai
Il lui tardait de sortir de sa tanière, d'où la joie que ressent Pascal Allard à l'idée de prendre la route afin de défendre son premier opus, Je voulais marier Renée Martel. Parmi ses premières destinations, on remarque celles des 14 et 15 avril, au Bistro Café du Centre de Jonquière, puis à la microbrasserie Le Coureur des Bois de Dolbeau-Mistassini. Il s'agira de son baptême du feu au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
« Ce sera ma première fois chez vous et je suis excité, fou comme un balai. Les gens qui s'occupent de la programmation dans ces salles avaient entendu seulement deux ou trois chansons lorsqu'ils m'ont invité. J'ai assez hâte de jouer pour eux, surtout que ça faisait deux ans que je travaillais tout seul à la maison », confie le chanteur.
Seul comme un grand, il interprétera ses compositions en s'accompagnant à la guitare acoustique et à l'harmonica. L'enveloppe sera minimaliste, mais il assure que la facture sera tout, sauf ennuyante. « Dans mes spectacles, tout est soigneusement préparé, "packagé". Je fais ressortir une autre dimension dans les chansons », précise-t-il.
Aussi volubile sur scène qu'en entrevue, Pascal Allard prend le temps de parler au public, de définir les contours de son univers. « J'amène le monde dans mes histoires. J'aime divertir les gens et, quand je vois à quel point ils apprécient mes pièces, je capote ben raide », affirme l'auteur d'Un chum laisse pas un chum rappeler son ex.
Les choses vont si bien pour lui que son agenda s'enrichit de nouvelles dates à un rythme impressionnant. Ça va si vite que certains projets ne peuvent être dévoilés, alors qu'ils lui offriront la chance de vivre des expériences inespérées. « Pendant l'été, je vais me retrouver sur de gros spectacles », se contente de mentionner le Drummondvillois.