Sonia Perron lance Billydéki, un roman qui traite des pensionnats autochtones.

L’histoire noire des pensionnats autochtones

C’est le journalisme qui a mené l’auteure Sonia Perron à l’écriture d’un premier roman, Billydéki. Une rencontre faite pendant un reportage dans une communauté autochtone lui a inspiré l’histoire de cette enquête policière, où l’on tente de faire la lumière sur la disparition de deux jeunes, 25 ans après les faits.

Sonia Perron s’est illustrée pendant sa carrière en tant qu’animatrice et réalisatrice à la radio de Radio-Canada. Elle en est venue à s’intéresser à la question des pensionnats autochtones pendant une affectation, dans les années 90. « Je suis allé dans une communauté assez isolée. J’ai passé la semaine complète en repérage, toute seule comme journaliste. J’ai rencontré un homme extraordinaire. Il m’a donné une lettre », raconte-t-elle lors de son passage au Progrès.

Les éléments qui allaient constituer la base de son histoire et les caractéristiques du personnage principal, Billydéki, se trouvaient dans cette lettre.

Le roman traite de la délicate question des pensionnats autochtones, ces institutions qui ont retiré les jeunes des Premières nations de leur communauté au début du vingtième siècle pour tenter de les évangéliser et de les assimiler. Billydéki, un enfant métis né d’un père anglais et d’une mère autochtone, vit dans un pensionnat dans le nord de l’Ontario. Il tisse des liens d’amitié avec un autre enfant. Les deux disparaissent subitement et sans laisser de trace, une journée, alors qu’un religieux est soupçonné de commettre des abus sexuels sur certains enfants.

On suit l’enquête policière qui commence lorsqu’un frère défroqué tente, bien des années plus tard, de découvrir la vérité sur ce qui s’est passé le jour de leur disparition.

L’écriture de ce roman a nécessité quatre ans de recherche et de révision. Sonia Perron a fait lire son récit a des membres des Premières nations, à Mashteuiatsh, en plus de recevoir les commentaires de son conjoint et de l’un de ses amis.

« Mon éditeur a dit que le livre était bien écrit quand il l’a reçu, mais il y avait déjà beaucoup de travail de fait quand je l’ai envoyé » se rappelle-t-elle.

Le roman, qui fait tout juste 170 pages, est raconté selon le point de vue des différents protagonistes du récit. Se déroulant en deux temps, dans les années 40 et 70, il démontre l’ampleur des changements survenus au Québec à cette époque. Le livre, lancé le 15 février, est publié aux éditions Fides.