[KREf] Éternité, présentée à La Pulperie, montrent des pièces qui viennent de partout dans le monde.

L’histoire derrière les crèches

La page de l’exposition des crèches de Rivière-Éternité a été tournée en 2017. À ce moment, la corporation qui tenait à bout de bras le projet depuis quelques années avait décidé de vendre les oeuvres qu’elle accumulait depuis près de 30 ans. L’exposition [KREf] Éternité, présentée à La Pulperie, revient sur cette aventure remplie de hauts et de bas.

Avant de connaître des années plus difficiles, l’exposition des crèches de Rivière-Éternité a atteint des sommets impressionnants. À son apogée, dans les années 1990, on comptait les visiteurs par dizaines de milliers. Le projet est alors celui de toute une communauté. Des citoyens participent en construisant des crèches devant leur maison partout dans le village. Ce projet d’exposition étend ses racines jusqu’en Europe.

Les crèches exposées à La Pulperie sont diversifiées, et faites en différents matériaux.

Mais le nombre de visiteurs annuel décline, année après année. Pour la petite histoire, en 2016, Rivière-Éternité ne reçoit que 285 personnes, selon le dernier président de la Corporation des crèches de Rivière-Éternité, Thierry Roncen. Ce nombre de visiteurs ne permet même pas de payer le loyer du sous-sol de l’église de Rivière-Éternité dans lequel on présente l’exposition. La corporation décide alors de se départir de sa collection qui compte environ 1200 pièces. Si plusieurs crèches ont été achetées par des collectionneurs qui viennent de partout, La Pulperie en a acquis près de 250. Elle les conserve précieusement dans ses archives. [KREf] Éternité met une partie des oeuvres du musée régional en valeur.

Patrimoine

Le responsable des communications de la Pulperie, Danny Cloutier, explique que l’idée derrière ce projet était de valoriser ce patrimoine régional et de rendre hommage à ceux qui ont contribué à l’essor de ce projet.

La Pulperie a gardée 250 crèches de la collection de Rivière-Éternité dans la région.

«L’exposition à Rivière-Éternité a pris de l’ampleur. Elle est partie de quelques centaines de visiteurs par année pour acquérir une très grande renommée. Les gens se déplaçaient [dans le temps des Fêtes], venaient de l’extérieur spécialement pour voir ça. C’est dans notre mission de perpétuer cet héritage», indique M. Cloutier, qui rappelle qu’une exposition gratuite de crèches géantes a toujours lieu dans un parc de ce village du Bas-Saguenay. [KREf] Éternité rend hommage au fondateur du projet Jean-Marie Couët, décédé en 2006. L’homme a mis sur pied la corporation qui a géré ce projet de village musée.

D’autres volets

Selon Danny Cloutier, La Pulperie devrait recommencer l’expérience dans les prochaines années. Elle a du matériel pour refaire «au moins un ou deux autres volets».

«On ne pouvait pas tout mettre dans une seule exposition», précise Danny Cloutier. Dans la salle de La Pulperie, l’exposition propose une centaine d’oeuvres en tout, qui montre l’étendue de la passion de Jean-Marie Couët. On y retrouve des oeuvres qui illustrent la nativité, qui proviennent de partout dans le monde et qui ont été fabriquées par des artistes d’Amérique du Sud, d’Europe ou encore des Premières Nations.

[KREf] Éternité est présentée jusqu’au 19 avril.

+

TOURNER LA PAGE À REGRET

Dernier président de la Corporation des crèches de Rivière-Éternité, Thierry Roncen a mis avec regret la clé sous la porte dans cette aventure.

Selon M. Roncen, le combat était perdu d’avance. Essoufflée, la corporation n’a pas réussi à renverser la tendance de la baisse des visites.

«Ça m’a fait quelque chose de devoir vendre les crèches. Mais vous savez, c’était comme lutter contre une jeunesse qui joue à l’ordinateur et qui ne va plus jouer dans la cour», illustre M. Roncen, ajoutant que l’organisme n’était pas capable d’avoir des subventions pour financer ses activités.

L’homme, qui est aussi artiste, se réjouit malgré tout qu’une partie de la collection ait pu rester dans la région. Il est aussi content d’avoir pu redistribuer l’argent récolté lors de la vente dans les organismes du village de Rivière-Éternité.

«En vendant les crèches, on a pu rembourser nos dettes et investir dans les organismes du village. Je peux vous dire que certains ont eu de très bons chèques», raconte M. Roncen.