Dans La ville de Saguenay, l’historien Dany Côté prend soin d’inclure des photographies que peu de gens ont eu l’occasion de voir.

L’histoire de Saguenay en images

Ceux qui aiment les vieilles photographies, en particulier celles qui racontent l’histoire de notre région, savoureront chaque page du livre La ville de Saguenay, une foule de souvenirs. Publié par Les Éditions GID, cet ouvrage qui fait partie de la collection Noir sur blanc renferme en effet des images que peu de gens ont eu la chance de voir.

« Le défi consistait à dénicher des photos qui n’avaient pas été exploitées. C’est pourquoi j’ai exploré les archives des commissions scolaires, des communautés religieuses et du fonds Chabot déposé au centre d’archives de la Société d’histoire Domaine-du-Roy. Juste à cet endroit, j’ai trouvé plein de belles images captées dans les années 1920 et 1930. Je capotais, le jour où je suis tombé là-dessus. J’en ai pris 12 ou 15 », relate l’historien, le visage barré par un large sourire.

C’est le succès de son premier livre publié chez GID, Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, les villes de compagnie, qui a incité la maison d’édition à récidiver. Elle lui a proposé d’embrasser l’histoire de Saguenay en soustrayant, bien sûr, les communautés d’Arvida, de Kénogami et de Port-Alfred, abordées la fois précédente. Quatre thèmes ont été identifiés : l’économie, les loisirs, les transports et la religion.

« On voit que chaque secteur avait une vocation qui lui était propre. Alors que Jonquière était une ville ouvrière, Chicoutimi possédait un caractère plus bourgeois », avance l’historien.

Cette photographie saisissante montre comment les Antoniennes procédaient à l’exposition des défuntes au siècle dernier. Dans ce cas-ci, il s’agit d’une religieuse emportée par la maladie en 1907, alors qu’elle était encore toute jeune.

C’est là, aussi, que se sont regroupées les communautés religieuses, notamment les Antoniennes de Marie, dont il est question dans le livre. Une image captée dans leur monastère, en 1907, montre de quelle manière elles procédaient à l’exposition des défuntes.

Cette photographie saisissante met en scène une religieuse, soeur Saint-Stanislas-Kotska, née Marie-Anne Fortin. Elle est décédée à l’âge de 21 ans et on la voit étendue sur un drap blanc, entourée de cierges et de statues.

« Il s’agit d’un choix éditorial. Je tenais à révéler de quelle manière on procédait à l’exposition des corps dans les communautés religieuses et aussi dans les maisons », explique Dany Côté.

Sur un mode plus léger, il aime particulièrement la photographie du pont couvert de Jonquière, une charmante structure remplacée par un ouvrage plus fonctionnel – et plus banal – dans les années 1960. Il se trouvait sur l’actuelle rue du Vieux-Pont et permettrait de traverser une rivière aux Sables défigurée par la pratique intensive du flottage du bois.

Ce sont des scènes de ce genre qui font la valeur du livre, puisqu’elles donnent un visage au passé que complètent les informations colligées par l’auteur.

« Cet ouvrage permet aussi de découvrir notre patrimoine bâti, dont plusieurs constructions qui n’existent plus. En même temps, les jeunes apprennent des choses sur des lieux familiers. Ceux qui travaillent au pavillon Sagamie, entre autres, verront qu’il a déjà abrité 400 enfants, des orphelins de Duplessis », fait observer l’auteur Dany Côté.