L’histoire de Bizet en mots et en notes

Tous connaissent Carmen, mais peu connaissent vraiment son auteur. Le public du Théâtre Banque Nationale a eu la chance de se laisser raconter, en mots et en notes, l’histoire de Georges Bizet, mercredi soir.

C’est Éric Emmanuel Schmitt lui-même qui a dépeint son histoire, alliant sa prose au piano de Dominic Boulianne et aux voix de Marie-Josée Lord et Jean-Michel Richer.

« Un moment historique », a annoncé d’entrée de jeu le producteur du spectacle, soulignant que les spectateurs profitaient de la présence du dramaturge, nouvelliste, romancier, réalisateur et acteur franco-belge de passage sur une scène de la région « une fois tous les 50 ans ».

Quelques minutes plus tard, Éric-Emmanuel Schmitt faisait son apparition sur scène au son des applaudissements sentis. Il se lançait alors dans une narration qui allait durer 1h45 sans entracte.

Pour raconter l’histoire qui l’a inspiré, il a allié ses mots à la vision de la metteure en scène Lorraine Pintal, du Théâtre du Nouveau Monde. Leur mariage a donné vie au spectacle musical Le Mystère Carmen, qui roule sa bosse un peu partout au Québec depuis la mi-avril, après plusieurs représentations au Théâtre du Nouveau Monde.

Avec quelques notes d’humour, Le mystère Carmen livre l’histoire de Georges Bizet, créant des parallèles entre l’histoire de l’auteur et ses personnages.

Convaincant, passionné, Schmitt a raconté avec ferveur la vie et l’œuvre de Bizet, mort dans des circonstances énigmatiques trois mois après la création de l’opéra Carmen à Paris en 1875, sans même se douter que son œuvre allait devenir le troisième opéra le plus joué dans le monde toutes langues confondues.

Le ténor Jean-Michel Richer a été le premier à se faire entendre, campant tour à tour avec conviction différents personnages.

La soprano Marie-Josée Lord a ensuite charmé le public emplissant la salle de sa voix, elle qui ne pouvait se mouvoir avec facilité en raison d’une déchirure d’un ligament du mollet survenue lors d’une récente représentation.

Dominic Boulianne, pianiste originaire de la région également directeur artistique de la Société d’art lyrique du Royaume, a accompagné au piano les mots des interprètes assurant une présence solide tout au long de la représentation.

Heure de tombée oblige, Le Quotidien a dû quitter la salle trop tôt pour connaître l’ensemble de l’histoire de Bizet, mais convaincu que racontée par ce quatuor, elle n’avait rien de banal jusqu’à la toute dernière note.