Dany Boudreault

L’heure des grands projets

Le titre du spectacle phare produit par Jamais lu est Jusqu’où te mènera ta langue ? et dans le cas de l’un de ses artisans, l’auteur et comédien Dany Boudreault, il représente davantage que des mots sur une affiche. À l’âge de 36 ans, l’artiste originaire de Lac-à-la-Croix voit sa carrière — peut-être faudrait-il dire ses carrières ? — emprunter des voies inédites, porteuses de nombreux motifs de gratification.

En plus de tourner au Saguenay-Lac-Saint-Jean avec la bande de Jusqu’où te mènera ta langue ? , laquelle donnera moult conférences, tout en livrant des représentations à Jonquière (30 janvier), Roberval (31 janvier) et Alma (1er février), le Jeannois planche sur des projets substantiels. Certains passent par l’écrit, d’autres par le jeu.

Celui qui retient l’attention en ce moment est Parce que la nuit, une pièce qui sera créée en mars à l’Espace Go. Le texte est le fruit d’une collaboration avec Brigitte Haentjens et trouve sa source dans le parcours de la fabuleuse Patti Smith. Poétesse, rockeuse, auteure célébrée, entre autres, pour ses mémoires intitulés Just Kids, la grande dame hante ce spectacle où défilent son conjoint, le photographe Robert Mapplethorpe, le dramaturge Sam Shepard, ainsi qu’Andy Warhol, entre autres sommités.

« Il s’agit d’un gros show. Céline Bonnier incarne un personnage qu’on assimile à Patti Smith, alors que je suis l’interprète de Robert Mapplethorpe. Il y aura trois autres comédiens, ainsi que des musiciens sur la scène. Nous chanterons quelques pièces, dont le Hey Joe de Hendrix. Les répétitions sont commencées et c’est tellement l’fun de plonger dans les années 1970, entre la fin du mouvement hippie et le début du punk », a décrit Dany Boudreault au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Fan fini de Patti Smith, cet homme qui avait été bouleversé par Just Kids, qui a vu l’icône lorsqu’elle avait fait la première partie de Neil Young au Centre Bell, a tellement confiance dans le succès du spectacle qu’il lui a adressé une invitation. « Je souhaite qu’elle vienne le voir, mais je n’ai pas reçu de réponse », confie-t-il. Un autre de ses rêves serait de présenter Parce que la nuit, dans la région, la saison prochaine. Parions que l’artiste ne sera pas le seul à se réjouir si ça devait se concrétiser.

Corps célestes

Toujours au théâtre, Dany Boudreault compte les jours avant de s’attaquer à l’interprétation d’une autre pièce de son cru, Corps célestes. Cette fois encore, c’est à Montréal que verra le jour cette histoire portée, entre autres, par Julie Le Breton. « Je travaille là-dessus depuis quatre ans. Il est question d’une actrice porno qui revient dans sa famille parce que sa mère a fait un AVC. Ça aussi, c’est une grosse pièce », affirme le Jeannois.

Il se réjouit à l’idée que ses créations sont appuyées par des compagnies réputées, ce qui fait partie des motifs de gratification évoqués tantôt. S’y ajoute sa performance dans Le songe d’une nuit d’été, l’année dernière, dans le rôle de Puck. Elle a marqué un tournant dans sa carrière d’interprète, même si on ne fréquente pas Shakespeare impunément. « Après, j’ai fait une dépression. J’ai eu de la misère à me détacher de cet univers », admet Dany Boudreault.

Au moins, il disposait de quelques exutoires, dont l’écriture de son premier roman. Il sera publié en 2020, par les bons soins du Quartanier. « Ça se passe à Montréal, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Afrique, où j’ai séjourné récemment, mentionne le Jeannois. Je ne voyais pas ce livre ailleurs qu’au Quartanier, la maison à laquelle sont associés mes amis Alain Farah et Samuel Archibald. »