L’oeuvre qui se trouve à gauche de Christine Bouchard se nomme Ton miroir pensant. Elle a été inspirée par un texte que l’artiste a rédigé en 1987.
L’oeuvre qui se trouve à gauche de Christine Bouchard se nomme Ton miroir pensant. Elle a été inspirée par un texte que l’artiste a rédigé en 1987.

L’exposition du changement pour Christine Bouchard

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
La dernière fois que Christine Bouchard avait tenu une exposition solo dans sa région remontait à 2006. Entre-temps, l’artiste originaire d’Arvida a priorisé l’acrylique plutôt que l’aquarelle, en plus de substituer l’abstraction à la figuration. C’est le fruit de ces changements qu’elle livre jusqu’au 15 août, à la Galerie 5 de Jonquière.

Sa nouvelle exposition se nomme Entre mots et couleurs. Regroupant 25 toiles, dont la grande majorité a été réalisée cette année, son titre laisse entrevoir un troisième élément de nouveauté: la présence de mots au coeur de plusieurs oeuvres. «L’écriture et la peinture sont deux de mes passions», a-t-elle confié au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Ci-haut, la toile à l’origine de l’exposition Entre mots et couleurs, de l’artiste Christine Bouchard. Elle a pour titre Ton regard m’habite et lui a permis, pour la première fois, d’intégrer des mots à l’image.

Au fond de la salle, justement, on remarque une forme rouge séduisante. On dirait une fleur, mais l’artiste aime à penser que chacun peut imaginer ce qui lui chante. Or, ce tableau intitulé Ton miroir pensant est accompagné d’un texte qu’elle a rédigé en 1987, lors d’un atelier animé par sa mère, Gaétane Bellemare.

À l’entrée de la galerie, par ailleurs, d’autres mots apparaissent dans une fenêtre à carreaux. Un poème dont la première phrase, «Ton regard m’habite», est devenue le titre de l’oeuvre. «Je l’ai créée en 2006 et ce fut l’élément déclencheur de cette exposition. Après l’avoir réalisée, l’idée a dormi jusqu’à ce que je décide, cette année, de jumeler à nouveau les mots et les couleurs», raconte Christine Bouchard.

Une approche différente a été utilisée sur SOS violence conjugale. Cette fois, des extraits provenant de livres où ce sujet est abordé, dont le témoignage de la comédienne Ingrid Falaise, se fondent dans le motif. «Ça ressemble à des vitraux, un thème que j’ai souvent abordé à l’aquarelle», précise l’artiste, qui remettra 25% du fruit de cette vente à La Chambrée, une maison d’accueil et d’hébergement.

Respect. Écoute. Empathie. Encouragement. Ces mots font partie d’une autre toile témoignant de l’engagement social de Christine Bouchard. Baptisée Les maux invisibles, elle présente une tête de profil, où convergent des lignes, des formes, évocatrices d’un esprit perturbé. Elle aussi sera vendue au profit d’un organisme sans but lucratif, le centre L’Escale, qui oeuvre en santé mentale, au moyen d’un encan silencieux.

Voici SOS violence conjugale, un tableau semblable à un vitrail. Il évoque un problème de société qui interpelle Christine Bouchard.

«La mise de départ se situe à 300 $ et pour participer, il suffit de se rendre sur ma page Facebook. La santé mentale est une cause importante et je sens qu’avec la pandémie, plus de personnes seront atteintes», avance l’artiste.

Et puisqu’il est question de la crise actuelle, elle s’est fait plaisir en s’attaquant à un grand format intitulé Déconfinement.

L’ensemble est somptueux, à la fois moderne et engageant. Le fond noir, qui suggère le confinement, confère un éclat supplémentaire aux surfaces colorées. «Elles symbolisent le déconfinement, l’élan vers quelque chose de mieux, vers la liberté, l’espoir qu’on va s’en sortir», explique Christine Bouchard.

Depuis 2006, elle a tenu plusieurs expositions en solo à l’extérieur de la région, en particulier à Saint-Jean-sur-Richelieu, où ses créations sont disponibles en galerie. Le faire chez soi revêt toutefois un caractère particulier, semblable à des retrouvailles. Elle a hâte d’accueillir les visiteurs, de connaître leur opinion et, s’ils le désirent, de leur expliquer sa démarche.

C’est pour cette raison que les 8 et 9 août, il sera possible de la rencontrer en se rendant au 2365, rue Saint-Dominique, à Jonquière. L’artiste sera présente de midi à 16h, entourée de ses toiles et de ses mots.