Les personnages incarnés par Robert Lalonde et Louise Laprade se livrent un duel flamboyant dans L’État, une production du Théâtre La Rubrique qui sera présentée à Montréal, au début de l’automne.

L’État présentée à Montréal

La chose est si rare qu’il vaut la peine de le souligner. Une pièce créée en région, L’État, sera présentée à Montréal au cours de la rentrée théâtrale. Après avoir vu le jour à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, sous le giron de La Rubrique, cette production tiendra l’affiche du 24 septembre au 12 octobre, à la salle Fred-Barry. Les comédiens Louise Laprade, Robert Lalonde, Josée Gagnon et Monique Gauvin renoueront avec les personnages imaginés par l’auteur Normand Canac-Marquis.

«Il s’agit d’une très bonne nouvelle pour moi, et c’est à l’honneur de La Rubrique, une organisation qui étend ses ailes. Il est plus que temps qu’à Montréal, les compagnies établies en région aient leur espace. Il est de bon aloi qu’on abandonne l’idée que la création ne peut exister que dans la métropole. Il se fait du travail valable ailleurs au Québec», a commenté le dramaturge au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Il évoque le rôle qu’a joué le metteur en scène Claude Poissant dans cette histoire. Convaincu de la validité du projet après avoir assisté à un enchaînement, il aurait plaidé en faveur de la pièce. «Nous avons eu une écoute formidable de la Nouvelle Compagnie Théâtrale et du Théâtre Denise-Pelletier. Parmi les éléments qui ont pu convaincre Claude, je note le dilemme dans lequel est plongée l’héroïne, dire la vérité ou pas, ainsi que le mélange de l’intime et du politique», analyse Normand Canac-Marquis.

Il estime que la reprise du spectacle sera moins ardue que la phase de création. Au lieu d’investir 160 heures dans les répétitions, une mise à jour d’une trentaine d’heures, sous la supervision de la metteure en scène Martine Beaulne, suffira pour remettre l’équipe en état de marche. Certes, le texte a été modifié dans la foulée des représentations livrées à Jonquière, mais rien de majeur, à ce qu’il semble.

«Le public avait été généreux de ses commentaires. C’est pourquoi j’ai retravaillé certains passages, en particulier au début. Il y a des choses qui portaient à une certaine ambiguïté. Pour que ce soit plus clair, j’ai dévoilé davantage d’informations», explique Normand Canac-Marquis. Il ajoute que les 100 sièges que renferme la salle Fred-Barry, beaucoup plus petite que la salle Pierrette-Gaudreault, donneront aux interprètes l’occasion de jouer différemment. Ils tireront profit du cadre intimiste.

Quant à l’histoire que raconte L’État, elle se déroule dans le journal du même nom, au moment où le ministre de la Sécurité publique tente de bloquer un texte de la chroniqueuse vedette Solange Speilmann (Louise Laprade). Ses révélations embarrasseraient le parti au pouvoir à la veille des élections, ce qui provoque de vifs échanges entre la journaliste et le rédacteur en chef (Robert Lalonde), qui fut jadis son conjoint. «Cette pièce pose des questions d’éthique», résume son auteur.

À propos du lien entre lui et La Rubrique, enfin, il trouve sa source dans sa vieille amitié avec le président du conseil d’administration, Pierre-Paul Legendre. «Nous nous sommes connus au temps où je faisais partie de la troupe Parminou, alors qu’il enseignait au Collège d’Alma. C’est à sa suggestion que j’ai soumis le texte au directeur artistique Benoit Lagrandeur», révèle Normand Canac-Marquis.