Daniel Côté
Le Quotidien
Daniel Côté
Cette photographie montre la chapelle Saint-Cyriac, qui connaît une deuxième vie grâce aux concerts présentés depuis dix ans. Ils sont coordonnés par Sylvie Brassard, qu’on voit à l’avant-plan, en compagnie de la peintre Monique Lespérance, de l’artisan du cuir Pierre Beaudoin et du vitrailliste Harold Bouchard.
Cette photographie montre la chapelle Saint-Cyriac, qui connaît une deuxième vie grâce aux concerts présentés depuis dix ans. Ils sont coordonnés par Sylvie Brassard, qu’on voit à l’avant-plan, en compagnie de la peintre Monique Lespérance, de l’artisan du cuir Pierre Beaudoin et du vitrailliste Harold Bouchard.

Les vrais développeurs

BILLET / Le dossier sur les villages à vocation culturelle que nos journaux ont publié, à la mi-juillet, montre à quel point les artistes et artisans, ainsi que les organisateurs d’événements, peuvent dynamiser une communauté. Plusieurs cas ont été évoqués, ayant pour dénominateur commun l’impact que génèrent les projets initiés par ces gens qui, plus que certains promoteurs, méritent le titre de développeurs.

L’exemple le plus connu est celui de Saint-Élie-de-Caxton. Fred Pellerin a joué le rôle de catalyseur à la puissance dix, si bien que ce village existe dans l’imaginaire de millions de Québécois, qu’ils l’aient visité ou non. On a aussi vu que des gens de l’extérieur ont choisi de s’y installer, estimant que leurs projets avaient plus de chance de fleurir dans ce terreau exceptionnel.

Le plus remarquable, peut-être, c’est la manière dont évolue le sentiment identitaire. Appartenir à une communauté où les créateurs sont respectés, où ils ont la chance de rayonner en symbiose avec leur milieu, est valorisant pour tout le monde. Bien plus, en tout cas, que se faire dire que sa municipalité est engagée dans un processus de dévitalisation.

À ce propos, il était rafraîchissant de voir le sculpteur Thomas Meloche, en fin de semaine dernière, racontant de quelle manière il crée des oeuvres à l’aide d’une scie à chaîne. Lui qui est enraciné à Sainte-Rose-du-Nord avait organisé, chez lui, un festival consacré à cette forme d’art. L’événement a sans doute attiré des touristes, mais n’oublions pas l’impact sur ses concitoyens. Tout ce qui ajoute de la convivialité, un grain de folie à la vie courante, est précieux comme de l’or.

Bien sûr, il arrive que les nouveaux venus bousculent les habitudes des vieilles familles, qu’il y ait un clash qu’on pourrait qualifier de culturel. Ou social. C’est normal, dans la mesure où ça ne devient pas une forme de pathologie. Quand chacun y met du sien, se montre réceptif, le mariage des différences ajoute une dimension intéressante à la vie du village. Celle-ci devient autre chose que la somme de deux solitudes.

C’est d’autant plus important que l’un des défis auxquels les petites communautés sont confrontées est le vieillissement de la population. À Lac-Kénogami, par exemple, le nombre de fidèles diminue inexorablement, ce qui aurait entraîné la fermeture de la chapelle Saint-Cyriac. Or, non seulement le bâtiment est-il en excellente condition, grâce aux travaux réalisés dans les dernières années, mais les concerts qu’on y présente sont devenus un objet de fierté.

Quant à l’apport économique de la culture, il est illustré par la situation qui prévaut à Tadoussac, cet été. L’annulation du Festival de la chanson, l’une des nombreuses conséquences de la pandémie, a sensiblement réduit l’afflux de touristes au début de la haute saison. Pendant quatre jours, ils ont été moins nombreux dans les boutiques, les restaurants et les lieux d’hébergement. La belle vue était encore là, mais il y a des moments où ça ne suffit pas.