Gervaise Simard conçoit des vitraux scellés dans le thermos de fenêtres. Le résultat se trouve dans toutes les fenêtres de sa maison.

Les vitraux de Gervaise Simard: une symphonie de couleur

L'artiste Gervaise Simard innove en proposant ses vitraux scellés dans le thermos de fenêtres.
«Ça faisait dix ans que je rêvais de le faire, mais je manquais un peu de temps. L'an passé, j'en ai parlé à la compagnie Polaire 3 et ils ont trouvé un fabricant qui a bien voulu tenter l'expérience», explique la dame.
Le résultat se retrouve dans toutes les fenêtres de la maison de l'artiste du boulevard Wallberg. Une symphonie de couleur illumine les pièces où la lumière pénètre par le prisme des vitraux.
Le climat rigoureux de nos hivers rendait impossible l'installation de simples vitraux dans les fenêtres comme on en retrouve dans les églises. Pour réussir à «emprisonner» le vitrail dans une fenêtre à triple vitrage, l'artiste doit être très méticuleuse. «Mes oeuvres ne doivent pas dépasser en épaisseur une dizaine de millimètres pour que la fenêtre puisse être scellée et garde ses propriétés isolantes. Il ne faut pas que ça frotte. Il ne faut pas faire d'erreur, car les fenêtres coûtent cher à produire», explique-t-elle.
Pour réaliser les vitraux pour les fenêtres, l'artiste passe près d'une semaine à peaufiner son travail.
La notoriété de Gervaise Simard est grandissante.
L'artiste a fait l'expérience dans sa maison. Elle a changé toutes les fenêtres pour «exposer» ses oeuvres. Le jour, la magie opère à l'intérieur. Le soir, c'est de l'extérieur que la beauté surgit.
Quelques personnes qui ont vu les vitraux lui en ont commandé. La même technologie est utilisée pour les vitres de portes. «La compagnie Polaire 3 m'a demandé de faire un démonstrateur de 20x64, pour leur ''show room'', mais je n'ai pas encore eu le temps», affirme Gervaise Simard.
Il faut dire que l'artiste doit répondre à plusieurs commandes. Sa notoriété est grandissante. D'ailleurs, ses vitraux trônent au salon funéraire de la Maison Hébert. Aussi, des oeuvres de Gervaise Simard sont exposées à La Pulperie ainsi que dans un musée de Sainte-Flavie.
Pour réaliser les vitraux pour les fenêtres, l'artiste passe près d'une semaine à peaufiner son travail.
Stores
Gervaise Simard propose aussi des stores en vitrail. Il s'agit d'un travail de moine et de minutie qui demande plus d'un mois de labeur.
«Il faut que chaque partie du store soit bien alignée pour que le motif soit parfait. C'est très exigeant», explique-t-elle en montrant le store de sa cuisine qui représente la silhouette d'un visage de femme.
Pour y arriver, l'artiste se fait des patrons grandeur nature qu'elle place sur le plancher de son salon. Elle doit s'assurer que chaque pièce du puzzle soit à la bonne place.
La dame à l'imagination débordante s'inspire de la vie, de la musique et de la nature pour concevoir ses oeuvres.
Il faut dire que l'artiste doit répondre à plusieurs commandes.
Autodidacte
La dame 73 ans s'est initiée au vitrail il y a environ 40 ans. «Je suis allée à Montréal et j'ai acheté tout ce dont j'avais besoin. J'ai appris en autodidacte sans jamais prendre de cours. Je peux vous dire que j'en ai cassé du verre à mes débuts. Mais comme je suis déterminée, je ne me suis jamais découragée», raconte celle qui a fait carrière dans l'enseignement.
La dame à l'imagination débordante s'inspire de la vie, de la musique et de la nature pour concevoir ses oeuvres. «Il faut la lumière pour faire chanter la symphonie des couleurs dont les rapports constituent sa musique», cite-t-elle pour illustrer ce qui l'anime.
Pour cristalliser ses inspirations, elle fait à l'occasion des voyages en France pour acheter du verre Saint-Justin ou des retailles de cathédrale. Tout l'inspire. Elle utilise des tranches d'agate ou des tessons de bouteille polis par la mer qu'elle ramasse sur la grève de Sainte-Luce.