Maxime Landry a retrouvé ses fans de la région vendredi soir, à la faveur d’un nouveau spectacle intitulé Nos histoires.

Les vérités inconfortables de Maxime Landry

Ils étaient les fidèles d’entre les fidèles, quelque chose comme 150 personnes rassemblées à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, vendredi soir. Même si le mont Jacob était balayé par un vent assassin, rien n’aurait empêché ces irréductibles d’assister au nouveau spectacle de Maxime Landry, intitulé Nos histoires.

Un mois après sa création, il était présenté pour la première fois au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’était donc l’occasion de découvrir sa plus récente brassée de chansons, lesquelles ont été inspirées par des conversations de l’artiste avec ses fans, souvent dans la foulée des rappels. «Il y a dans vos histoires une partie de ma vie», a-t-il reconnu.

L’amour déçu, parfois douloureux comme une brûlure, compte parmi ces expériences universelles que Maxime Landry s’approprie aisément, sans doute trop bien à son goût. Juste avant l’écriture des nouvelles pièces, par exemple, il a vécu une rupture qui a bousillé ses plans de sortir un disque au ton enjoué. C’est ce qui a nourri un titre comme La dame des fleurs.

Flanqué de ses quatre musiciens, l’artiste a emprunté des accents mélo pour relater son ultime rendez-vous avec celle qui l’a mis sur une voie d’évitement. Même la guitare donnait l’impression de pleurer pendant que l’invité de Diffusion Saguenay chantait à la manière de Claude François, qui excellait sur ce genre de partition.

«On t’aime», a lancé une dame à la fin de cette interprétation, un cri du coeur qui témoigne du lien qu’a tissé Maxime Landry avec son public. Celui-ci est moins substantiel qu’à ses débuts, mais à l’évidence, ceux qui ont choisi de rester sont là pour longtemps. Ils aiment sa candeur, son humour qui se manifeste davantage lors des présentations que dans ses compositions, autant que sa propension à mettre le doigt où ça fait mal.

À cet égard, le moment le plus corsé est survenu au retour de la pause. Une chanson qui ne figure pas sur le nouvel opus, puisqu’elle a été complétée il y a une semaine, vient d’être intégrée au spectacle. C’est une femme qui parle à sa mère. Rendue à 30 ans, elle trouve enfin le courage de lui raconter comment elle a été agressée 20 ans plus tôt, à l’occasion d’un party.

En dépit des cris et des bravos qui ont fusé à la fin de la pièce, l’artiste a ressenti le besoin de sonder ses fans: «Êtes-vous corrects? C’est-tu trop lourd, mon affaire?» Il a répondu lui-même, d’une certaine manière, en relatant les mésaventures d’un couple incarné, pour la circonstance, par deux membres du public prénommés Estelle et Gaétan. Leur rencontre sur Facebook, leurs doutes, leur projet de créer une famille, ont fait l’objet de quelques chansons.

Ce souci d’alléger l’atmosphère était louable, mais l’accueil réservé à des titres comme Si Dieu existe et Un piano dans la voix, son hommage à la résilience de Céline Dion à la suite du décès de son mari, donne à penser que ce n’était pas nécessaire. Ces gens qui suivent Maxime Landry depuis qu’il a évoqué la mort de son père sur Cache-cache ont le coeur solide. Ce n’est pas demain qu’ils se laisseront effaroucher par des vérités inconfortables.