Hélèna Richard, Alexis G. Larouche, Julie Vola, Dorine Goergen, Clarisse Abray et Marcel Marois (professeur) présenteront l’exposition Les silences visibles, du 27 novembre au 12 décembre, à la Galerie L’Oeuvre de l’Autre de l’UQAC. Absente : Ann-Julie Pageau.

Les silences visibles: l’art sous divers médiums

Les six étudiants de première année de la maîtrise en art de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) ont tenu, mercredi dernier, le vernissage de leur traditionnelle exposition, qui se poursuivra jusqu’au 12 décembre, sous le thème Les silences visibles.

Les six projets exposés à la galerie L’Œuvre de l’Autre sont donc l’exploration de la thématique à travers différents médiums, ce qui reflète la pluridisciplinarité du programme de l’UQAC. Selon Marcel Marois, professeur à l’UQAC et directeur de la galerie, le potentiel de déclinaison du thème est un élément primordial. « Ça prend un titre assez interprétable, au départ, pas trop orienté, en même temps, bon, qui peut rejoindre autant le visuel cinématographique que plasticien. C’est quand même intéressant parce que tout l’été, j’y pense, et je voyage quand même beaucoup, alors j’essaie de saisir aussi en même temps les orientations de l’art actuel qui pourraient aussi rassembler. Le mot rassembler est beau, c’est ça qui rassemble, qui unifie les différences, dans ce premier cours de production. »

Quatre étudiantes exposent en galerie, une autre dans le petit théâtre, tandis qu’un étudiant propose une œuvre musicale performative qui sera immortalisée en photos. Parmi les œuvres, une immense vidéo projetée sur un mur où plusieurs inscriptions comme « sois belle et tais-toi » sont inscrites. Une étudiante, Hélèna Richard, propose un petit cadre d’apparence simple où tout le monde peut faire son propre jeu d’ombrage, un symbole de la médiation culturelle. « Tout est une question d’interprétation dans l’art conceptuel. Au final, quand le spectateur interagit avec l’œuvre, crée l’œuvre, c’est là que lui-même se fait sa propre interprétation. »

Alexis G. Larouche proposera quant à lui une œuvre extraite d’une pièce qu’il est en train d’écrire. « Je recherche la jonction entre la musique et le théâtre, comment ça s’imbrique, comment ça peut interagir sur scène, sans parler de comédie musicale au sens où la plupart des gens l’entendent. »

Plusieurs types de médiums peuvent être observés à l’exposition Les silences visibles, dont la vidéo et la photographie.

La mémoire comme lieu de silence

Dorine Goergen et Julie Vola ont toutes deux choisi d’exploiter le thème à travers le concept de la mémoire. Dorine Goergen propose ainsi une œuvre mi-structure, mi-vidéo, où elle a moulé des feuilles broyées ramassées en forêt, perpétuant ainsi la présence de la nature, le souvenir de la forêt ramené jusque dans l’enceinte de l’UQAC. Le tout est superposé d’une vidéo, seul éclairage de la sculpture. « J’ai créé en fonction des souvenirs ou des sens que je vivais à cette période-là, résume Mme Goergen. Je recrée vraiment d’une autre façon, une autre archive avec les feuilles en fait. Je dématérialise l’espace vers un autre espace. Je joue beaucoup avec le souvenir, le fait que je défais complètement ce souvenir-là vers quelque chose d’autre, vers un autre temps, vers un autre espace chaque fois. »

Pour Julie Vola, le projet s’inscrit dans une démarche personnelle où elle réinvestit les archives photographiques de son arrière-arrière-grand-père, qu’elle mélange avec ses propres photos et une carte topographique du lieu où a été prise la photo. « C’est requestionner toute une mythologie familiale construite sur ma famille, colons au Vietnam pendant plusieurs générations. »

Hélèna Richard propose une oeuvre par laquelle le public pourra prendre conscience de l’importance du processus artistique, en créant et en interprétant lui-même l’oeuvre grâce au jeu d’ombre.

Mme Vola, qui est demeurée huit ans au Vietnam, explique que le projet s’inscrit en partie dans une optique de décolonisation de la photographie, mais qu’il s’agit également, et surtout, de décoloniser sa propre histoire familiale.