Voici le loup gris que manipule le comédien Jérémie Desbiens dans la pièce Les Routes ignorées, destinée aux enfants âgés de cinq ans et plus. Une ultime représentation sera donnée aujourd’hui à 13h30, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

Les Routes ignorées: des leçons de vie et des cascades de rires

Les enfants qui se trouvaient à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, lors d’une représentation scolaire donnée jeudi avant-midi, n’ont pas attendu la fin de la pièce Les Routes ignorées pour manifester leur contentement. Tout au long de ce spectacle conçu par la compagnie de création Ombres Folles, des cascades de petits rires ont en effet émané des premières rangées où le public avait été regroupé.

Devant les gamins et une poignée d’adultes, Maude Gareau et Jérémie Desbiens ont alterné entre la fonction de raconteur et leurs responsabilités en tant qu’interprètes, ce qui a permis d’apprécier leur talent de marionnettistes. Ils ont vite installé un climat relax, en particulier le comédien, un grand bonhomme dont les mimiques très drôles, couplées à une gestuelle extravagante, à la limite de la pantomime, ont charmé l’assistance.

On aurait dit un grand frère espiègle, une impression renforcée par le rôle qu’il a campé, celui d’un loup gris dont les grognements et les élans menaçants n’arrivent pas à masquer la bonté intrinsèque qui l’habite. Le comédien l’a fait vivre à l’aide d’une main glissée dans la jolie marionnette épousant les traits du prédateur, un animal que le destin met sur la route d’un enfant russe nommé Ivan Tsarévitch.

Souhaitant impressionner son vieux père, dont les pommes d’or étaient gobées avec un peu trop de régularité par L’Oiseau-de-Feu, le petit bonhomme quitte la résidence familiale afin de capturer ce flamboyant volatile. Le voici qui file dans la steppe, du moins c’est ce qu’on imagine comme décor, jusqu’au moment où son cheval disparaît, bouffé par le loup gris.

Celui-ci prend Ivan en affection, contre toute attente. Après s’être dûment excusé pour la disparition de son cheval, il l’emmène jusqu’au palais où l’Oiseau-de-Feu est enfermé dans une cage dorée. Le loup lui conseille de quitter avec l’oiseau seulement, de laisser la cage à sa place, mais l’étourderie du petit lui fait commettre une première erreur.

Surpris par des gardes, il doit rendre un immense service au maître des lieux, sous peine de voir sa réputation irrémédiablement ternie. Ainsi s’amorce une spirale infernale, une série de mésaventures qui, on le devine, tourneront bien pour Ivan grâce à l’appui indéfectible de son nouvel ami. Celui qui a failli passer pour un voleur reviendra chez lui en héros, tout en ayant appris à la dure quelques leçons de vie.

Ses aventures sont relatées au moyen de décors empruntant à la technique du pop-up. On voit surgir un palais, puis un autre, ainsi qu’une forêt, tandis que les déplacements du duo sont évoqués de manière spectaculaire grâce à la magie du théâtre d’ombres. À un moment donné, par exemple, les silhouettes d’une armée de conifères se profilent sur le rideau de scène, une image à la fois forte et poétique.

Le texte est drôle, aussi, comme la fois où les comédiens utilisent un parler très québécois pour illustrer la brusquerie des gardes censés protéger la cage d’or, de même que son locataire. Or, les enfants assimilent très bien ce passage d’un niveau de langage à l’autre en dépit du fait que la pièce, présentée pour une dernière fois aujourd’hui à 13 h 30, est destinée aux cinq ans et plus.

Détail intéressant, les petits ont également ri en voyant le loup porter une perruque blonde afin de tromper un noble. Ils venaient d’entendre Jérémie Desbiens dire : « Tu ne trouves pas que ça ressemble à un certain président ? » Ce n’est pas la première, ni la dernière fois, que Donald Trump est mêlé à une histoire russe.