Steeve Allard s’est découvert une passion pour l’écriture lors de la création de son premier roman, Le miroir.

Les rêves dangereux de Steeve Allard

Quand le rêve prend une tournure dangereuse, au point de se confondre avec la réalité, Steeve Allard est un homme heureux. Auteur d’un premier roman intitulé Le miroir, cet amateur de thrillers trouve dans ce genre de situation une matière tellement riche qu’elle a mobilisé son attention pendant six ans. Lui qui prévoyait écrire une nouvelle s’est retrouvé avec un ouvrage faisant près de 600 pages, une histoire si prenante qu’en cours de route, il en a perdu le contrôle, du moins en partie.

Avant d’aborder ce sujet, cependant, il convient de situer l’action. Elle se déroule à notre époque, au Québec. Un homme tout ce qu’il y a de plus ordinaire, Richard, fait un rêve dont l’héroïne récurrente est une femme séduisante. Elle l’envoûte à ce point qu’il n’a qu’une envie: dormir pour la revoir. Son épouse s’en émeut, sans toutefois se douter que l’enjôleuse, prénommée Nora, deviendra si présente dans la vie de son conjoint que le monde réel et le monde des esprits seront le théâtre d’un combat entre le bien et le mal.

«C’est parti d’un rêve que j’ai fait pendant mes études secondaires, une rencontre au Palais des sports à l’occasion d’une soirée de patin à roulettes. À mon réveil, j’avais été chamboulé par la fille que j’avais pu côtoyer brièvement. Elle était belle. La nuit suivante, j’ai voulu rêver une nouvelle fois, mais évidemment, ça n’a pas marché. J’ai alors vécu un genre de peine d’amour», a raconté Steeve Allard, au cours d’une entrevue accordée au journal.

Démarche surprenante

Beaucoup plus tard, celui qui est analyste-programmeur informatique dans la vraie vie a eu le goût de concocter une histoire fondée sur le trouble causé par le rêve. «J’ai alors pris des notes, écrit des petits bouts de texte, avant de me lancer dans un projet d’écriture en 2012. Or, je me suis pris au jeu. L’histoire d’amour que je pensais raconter est devenue un thriller. Je me suis surpris moi-même», confie l’auteur.

Le travail était bien engagé lorsqu’un personnage, qui se nomme Peter, s’est imposé à lui. «Il est arrivé à l’urgence et s’est assis à côté de Lucie, la femme de Richard, rapporte Steeve Allard. Pendant une ou deux semaines, je me suis demandé comment il était arrivé dans le roman, puis j’ai réalisé que cet homme me permettait d’expliquer différentes situations, d’attacher les fils. C’est à ce moment que j’ai su que j’écrirais d’autres livres. Parce que j’ai été le spectateur de moi-même.»

Salons du livre

Après une année de patientes démarches, il a conclu une entente avec les Éditions de l’Apothéose. Elles ont publié Le miroir en juin dernier, ce qui a poussé l’auteur à participer aux salons du livre de Saguenay – son préféré –, de Montréal et de Sherbrooke. Le prochain sera celui de Québec et si la tendance se maintient, les personnes qui se rendront à sa table seront majoritairement des femmes âgées de 30 à 60 ans.

Une autre expérience agréable est survenue lorsque l’objet physique lui est apparu pour la première fois. «J’ai eu un méchant frisson en voyant la couverture. J’avais eu l’idée de montrer une femme qui se regarde dans un miroir, ainsi que le titre imprimé dans des lettres de sang, et la maison d’édition l’a respectée», se réjouit Steeve Allard, dont le roman est disponible partout au Québec, donc dans les librairies de la région.

Mordu de l’écriture, il planche maintenant sur son deuxième ouvrage, dont l’action se déroulera dans les environs de la rue Sir-Wilfrild-Laurier, à Jonquière. Une histoire inspirée par la rencontre d’un vieil ami au festival Jonquière en musique. Sa mémoire en pointillé a fourni à l’auteur un point d’ancrage prometteur. «Cette fois, je me donne trois ans pour publier», affirme Steeve Allard.