Sarah McKenzie effectuera une première présence au Festival jazz et blues de Saguenay, le 27 avril. La pianiste australienne présentera des standards de jazz et des compositions figurant sur son nouvel album intitulé Secrets Of My Heart.

Les rencontres marquantes de Sarah McKenzie

Sarah McKenzie affirme que l’album Secrets Of My Heart est le plus personnel de sa jeune carrière. La pianiste et chanteuse originaire de l’Australie précise qu’il renferme sept chansons originales, un nombre plus élevé que d’habitude. Il est également le fruit de plusieurs rencontres dont on retrouve la trace dans les reprises concoctées en studio.

Parmi les expériences qui l’ont marquée, on note sa visite au Brésil, il y a 18 mois. Celle qui affectionne la bossa-nova a eu la chance de jouer avec des membres de l’orchestre d’Antônio Carlos Jobim, le maître du genre. « C’était merveilleux. Je n’arrêtais pas de leur dire merci », a raconté la musicienne d’un ton enjoué, il y a quelques jours, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

De ce contact privilégié est né l’enregistrement de la pièce De Nada, sur laquelle on entend le flûtiste Danilo Caymmi. « Ça m’a aussi inspiré une composition, Till The End Of Time. C’est ma favorite sur le disque parce qu’elle reflète la joie qu’on ressent au Brésil, même à notre époque, alors que le pays traverse une période difficile », énonce Sarah McKenzie.

Secrets Of My Heart est aussi habité par Michel Legrand, décédé récemment. La pièce titre, créée par la musicienne, a été nourrie par l’écoute de ses classiques. S’y ajoute la reprise de You Must Believe In Spring, qui porte en elle le souvenir d’une journée magique. C’est la fois où l’artiste français a joué en sa compagnie, à l’époque où elle vivait à Paris.

« Puisque nous avions le même bassiste, c’est lui qui avait effectué les approches, indique Sarah McKenzie. J’avais appris plusieurs pièces de Michel Legrand, mais le jour où il devait se présenter à mon appartement, j’étais nerveuse, inquiète. Je craignais qu’il ne vienne pas, mais ce fut une expérience fantastique. À la fin, il a laissé entendre que nous pourrions faire quelque chose ensemble, mais malheureusement, ça ne se produira pas. »

Minitournée mondiale

L’album perpétue leur brève collaboration, tout comme les spectacles qu’elle donne sur tous les continents, à un rythme de plus en plus soutenu. Après avoir joué à Berlin, par exemple, elle effectuera une minitournée qui la conduira au Palais Montcalm de Québec, le 26 avril, puis au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi le lendemain, à l’occasion du Festival jazz et blues de Saguenay. On l’attend ensuite à Shanghai, en France, à San Francisco et en Allemagne, ce qui ne représente qu’une fraction de son itinéraire.

« Je me suis déjà rendue à Montréal, mais il s’agira de ma première visite ailleurs au Québec. Je suis excitée à l’idée de découvrir d’autres régions. J’en profiterai pour mettre en évidence les pièces tirées de Secrets Of My Heart, tout en intégrant des extraits des enregistrements précédents, ainsi que des standards de jazz », mentionne Sarah McKenzie.

Elle qui fut initiée à la note bleue dès l’enfance, dont l’engagement s’est cristallisé pendant ses études au Berklee College de Boston, mesure l’héritage laissé par les pionniers du genre. Parmi ceux qui l’ont touchée, signalons le Montréalais Oscar Peterson, de même que Shirley Horne, Duke Ellington et John Coltrane.

Certains d’entre eux ont produit des enregistrements diffusés par l’étiquette Impulse ! , celle-là même qui l’a accueillie au début de sa carrière.

« Ils avaient entendu parler de moi quand j’étais à Berklee. J’ai été honorée par cette invitation, mais au moment d’entrer en studio, j’étais dans le doute », admet la musicienne. Le succès aidant, elle a pris de l’assurance, ce qui ne l’empêche pas de se mettre en danger sur scène, comme le démontre son medley centré sur l’oeuvre de George Gershwin.

Il résulte des cours suivis dans les dernières années, auprès d’une enseignante issue de la mouvance classique. « Elle m’a montré des bouts de Rhapsody In Blue, et je me suis dit que ce serait cool d’intégrer ça dans un medley. Je l’ai fait pour le nouvel album, et aussi dans le spectacle. Quand je joue pendant trois ou quatre soirs consécutifs, la partie classique coule un peu mieux », analyse Sarah McKenzie, avec une modestie qui l’honore.