Quatre des récipiendaires étaient présents au Salon du livre pour recevoir leur prix.

Les récipiendaires des Prix littéraires 2019 couronnés

Le Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean a couronné les récipiendaires des Prix littéraires 2019, jeudi soir, lors de son ouverture officielle. Sept auteurs de la région visiblement touchés ont mis la main sur un des prix, faisant mentir l’adage selon lequel nul n’est prophète en son pays.

Un lien spécial se crée définitivement entre Kevin Lambert et le Salon du livre. L’auteur originaire de Chicoutimi a remporté les honneurs dans la catégorie Roman pour Querelle de Roberval, un deuxième écrit dont il avait devancé la parution l’an dernier afin de le présenter en primeur dans le cadre de l’événement. En 2017, Kevin Lambert avait été sacré Révélation des Prix littéraires grâce à la parution de son premier roman en carrière, Tu aimeras ce que tu as tué.

L’auteur a profité de la tribune qui lui était offerte, jeudi soir, pour manifester son désaccord face aux grands projets comme GNL Québec.

« Un des sujets de mon livre est la place qu’occupent les multinationales dans la vie des gens de la région. Il y a plusieurs gros projets comme Gazoduq et GNL Québec qui veulent s’implanter sur les rives du Saguenay. Ce sont des projets qui n’ont pas de sens », a-t-il plaidé, invitant les gens à se joindre à la manifestation pour l’environnement vendredi.

Les finalistes aux Prix littéraires 2019 ont reçu des carnets d’écriture fabriqués par Nicole Wisniewski.

Le duo composé de Frédérick et Jasmin Lavoie est reparti avec le prix dans la catégorie Récit, contes et nouvelles pour Frères amis, frères ennemis paru aux éditions Somme toute. Le livre plonge le lecteur au cœur du conflit opposant l’Inde et le Pakistan, où les deux frères sont exilés dans chacune des contrées ennemies. Les parents des deux frères sont venus cueillir le prix, les deux journalistes étant en Suède et en Inde, respectivement. Une vidéo a tout de même permis de mesurer leur bonheur de remporter les honneurs. « On est super touché. C’est le premier prix qu’on gagne pour ce livre-là et au Saguenay, c’est nos racines », a affirmé Jasmin, juste avant que Frédérick souligne que plusieurs des lettres ont été écrites ici même dans la région.

C’est l’auteur Dave Noël qui a mis la main sur le prix dans la catégorie Intérêt général avec Montcalm, général américain, paru chez Boréal. Les membres du jury estiment que l’essai, une œuvre très complète sur la présence française en Amérique au moment de la Conquête, deviendra une référence incontournable. « C’est un livre que je voulais accessible, et ce prix permet d’en parler », a souligné l’auteur.

Marie-Andrée Gill a retenu l’attention du jury dans la catégorie Poésie et théâtre avec Chauffer le dehors, paru chez La Peuplade. « Ce recueil magnifique est porté par une écriture simple, accessible, authentique qui marque par son pouvoir d’évocation et son intelligence émotionnelle », a affirmé le jury.

L’auteure avait remporté le titre dans la même catégorie avec Frayer en 2016. « C’est un prix qui est vraiment hot à recevoir, puisque c’est décerné par les pairs », a-t-elle assuré.

Geneviève Pettersen fait une première incursion à titre de lauréate aux Prix littéraires en remportant les honneurs dans la catégorie Jeunesse. Celle qui s’est lancée dans la bande dessinée avec l’illustrateur François Vigneault a impressionné le jury avec 13e avenue, tome 1. L’album graphique a séduit « par son audace stylistique et l’efficacité de sa trame narrative ». L’auteure n’a pu être présente au salon, mais a tenu à faire parvenir un message vidéo. « J’aurais tellement tellement aimé être là. Gagner quelque chose dans la région, l’endroit d’où je viens, c’est un honneur », a-t-elle témoigné.

Finalement, Sonia Perron a été sacrée Découverte grâce à son roman Billydéki paru chez Fides. Les membres du jury ont apprécié l’« intrigue palpitante, très bien organisée et ménagée, inspirée d’un fait vécu », ainsi que l’histoire centrée sur l’amitié entre deux enfants ayant vécu l’enfer des pensionnats autochtones remplie d’espoir malgré la dureté du sujet. L’auteure a fait des remerciements remplis d’émotions. « Je pense à celui qui m’a inspiré cette histoire et qui s’est enlevé la vie il y a quelques années, et à mon mentor, qui est décédé cet été », a-t-elle affirmé.