Cette oeuvre provenant de la série <em>Fragments-Monuments </em>montre comment le regard de Magali Baribeau-Marchand peut conférer un air de noblesse aux objets les plus modestes.
Cette oeuvre provenant de la série <em>Fragments-Monuments </em>montre comment le regard de Magali Baribeau-Marchand peut conférer un air de noblesse aux objets les plus modestes.

Les petits riens de Magali Baribeau-Marchand

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Les choses les plus modestes, celles qui reposent sur l’asphalte, qu’on ne voit plus tellement elles font partie du quotidien, inspirent Magali Baribeau-Marchand. Fidèle à ses habitudes, elle a profité d’une résidence de création à Strasbourg, en France, il y a deux ans, pour produire des photographies mettant en vedette ces objets pourtant promis au rôle de figurants.

« Il peut s’agir d’une allumette, d’un carré de sucre. Je les magnifie. J’en fais des monuments », décrit-elle.

Magali Baribeau-Marchand

Une série regroupant 15 images est née de cet exercice. C’est elle qui est soumise au regard des visiteurs virtuels jusqu’au 6 décembre, à l’occasion de la Foire en art actuel de Québec. Chacune a été tirée à trois exemplaires et montre que la beauté n’est pas faite que d’or et d’argent.

L’artiste originaire d’Alma ignore dans quelles circonstances la commissaire Dominique Fontaine a découvert son travail. Peut-être était-ce au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, où Magali Baribeau-Marchand a fait équipe avec Sara Létourneau, en 2017. Ou à la Manif d’art tenue la même année, à Québec.

La photographie figurant sur ce médaillon montre une personne croisée à Strasbourg, il y a deux ans. Elle fait partie d’une série de l’artiste Magali Baribeau-Marchand intitulée <em>Offrande Place Kléber</em>.

Plus récemment, une de ses créations a été intégrée à l’Exposition-bénéfice 2020 du CIRCA art actuel. Cette photographie, issue de la série Fragments-Monuments, montre un bloc blanc usé sur le côté, possiblement un cube de sucre. Il supporte un bout de corde faisant penser à une chandelle. Pour les plus gourmands, c’est forcément un gâteau. Et pourquoi pas?

Ce qui ne fait pas de doute, cependant, c’est que l’artiste née à Alma, qui vit aujourd’hui à Chicoutimi, est heureuse de faire partie de la cuvée 2020 de la Foire en art actuel. « Il s’agit d’un événement reconnu, qui procure une belle visibilité, énonce Magali Baribeau-Marchand. Comme l’un des objectifs consiste à démocratiser l’art, on retrouve des oeuvres aux prix variés. »

Une autre série est également représentée, intitulée Offrande Place Kléber. Sur cet espace fréquenté par les Strasbourgeois, la jeune femme a photographié des gens au moment où ils se recueillaient. Certains l’ont fait devant un mémorial improvisé à la suite du décès de Charles Aznavour. Leur silhouette fantomatique se déploie sur des médaillons en céramique.

« Ils regardent des fleurs qui ont été déposées en guise d’offrande », explique Magali Baribeau-Marchand.

Toujours pendant son séjour dans la ville alsacienne, elle a vu naître d’autres monuments éphémères. Cette fois, c’était pour honorer les victimes d’un attentat terroriste perpétré près du Marché de Noël.

Sa prochaine résidence aura lieu à Chicoutimi, au centre d’artistes Le Lobe. Elle disposera de deux semaines pour habiter l’Espace plateforme, situé au-dessus de l’entrée principale. De menus objets seront mis à contribution et comme une armée en campagne, l’artiste les déplacera chaque jour, une démarche qui pourrait mener à la publication d’un livre.