Propriétaire de la galerie Kréa2, Émilie Simard a eu l’idée d’accrocher ces planches peintes par Daniel T. Tremblay. Un rien suffit pour les faire pivoter, ce qui aide à les apprécier sous toutes les coutures.

Les petits formats de Daniel T. Tremblay

« C’est le Villeneuve des temps modernes », affirme Émilie Simard, propriétaire de Kréa2. Celui qu’elle compare au peintre-barbier est le Chicoutimien Daniel T. Tremblay. Jusqu’au 23 mars, une sélection de ses oeuvres a élu domicile dans sa galerie du carré Davis, à Arvida. Elles cohabitent avec celles de sa consoeur Pascale Simard, dont l’exposition a pour titre Demain, dès l’aube.

Dès l’entrée, on découvre le caractère ludique de Daniel T. Tremblay grâce à de petits blocs dont toutes les surfaces ont été peintes. Plus loin, d’autres pièces de bois sont accrochées de telle manière qu’on peut les faire tourner sur elles-mêmes. Ces planches aux couleurs vives sont les créations les plus anciennes, puisqu’elles remontent à 2006.

Les gens qui visitent l’exposition Parcours dissident, de Daniel T. Tremblay, sont invités à manipuler ces blocs de bois peints par l’artiste chicoutimien.

« Je cherchais une façon de les présenter sous toutes leurs dimensions », raconte Émilie Tremblay, qui n’a besoin que d’un doigt pour les faire pivoter. Elle ajoute qu’au moment de sélectionner les oeuvres formant l’exposition baptisée Parcours dissident, les petits formats ont été privilégiés en raison des caractéristiques du local, qui fait penser à un corridor.

Dans ce contexte, les dessus de tables que l’artiste affectionne en raison de leur forme ronde ressortent davantage. Ça les fait paraître plus gros, tout en permettant d’apprécier leur facture. La peinture en aérosol vaporisée sur des stencils maison possède un grain légèrement diffus. Des carrés, des ronds, des sortes de soleil insérées dans le même environnement, ajoutent une touche mystérieuse à l’ensemble.

Fervent adepte du recyclage, Daniel T. Tremblay a inséré des plats de styromousse à l’intérieur d’un cadre. Malgré sa modestie, ce support a stimulé sa créativité.

« J’ai trouvé ça le fun, l’aménagement. C’est comme une lecture un peu hétéroclite, comme un parcours dissident. Ça fait contraste avec l’autre exposition, celle de Pascale Simard. Ses oeuvres à elle sont délicates, aériennes. On voit que chaque artiste possède son langage pictural », fait valoir Daniel T. Tremblay. Il est d’autant plus satisfait que ce projet a vu le jour de manière spontanée, à la suite d’une activité portes ouvertes tenue l’été dernier, à sa résidence de la rue Price.

Émilie Simard, qui ne s’était jamais rendue chez lui, a été impressionnée en voyant le nombre de créations regroupées dans chaque pièce et même à l’extérieur. « Il y en avait tellement qu’on était bousculés, ce qui m’a incitée à tenir une exposition dans ma galerie. La plupart des pièces ont été réalisées au cours des deux dernières années », mentionne-t-elle.

La plupart des oeuvres présentées chez Kréa2, jusqu’au 23 mars, ont été réalisées au cours des deux dernières années.

Parmi elles, on note des oeuvres à l’acrylique ayant comme supports des plats en styromousse. L’origine est plus que modeste. Peut-être ont-ils connu une première carrière à l’épicerie, dans le rayon des viandes ou des fruits et légumes. Ce qui compte, c’est ce qu’en a fait l’artiste, qui a eu la coquetterie d’en insérer deux à l’intérieur d’un cadre.

« Chez Daniel, il n’y a pas de hiérarchisation des matériaux. C’est l’oeuvre qui l’interpelle », constate Émilie Simard, qui prépare une publication consacrée au travail du Chicoutimien. Touché par cette attention, celui-ci mentionne qu’on y trouvera des poèmes écrits en 2010, des textes jamais diffusés. « Ce sera ma sortie poétique », lance Daniel T. Tremblay.