Le groupe Caravane vient de sortir l’un de ses meilleurs albums, lequel occupe une place de choix dans le spectacle qu’il livrera vendredi, au Côté-Cour de Jonquière.

Les nouvelles couleurs de Caravane

Caravane a sorti l’un des meilleurs albums québécois de la cuvée 2018 : Supernova. Cet encodé sur lequel figurent des titres lumineux, l’un d’entre eux étant «Ma blonde a changé le monde», montre que le rock demeure plus pertinent que jamais, pour peu qu’on lui accorde une fraction de la visibilité dont profite le hip-hop. C’est ce que lui offrira le Côté-Cour de Jonquière le 8 mars à 20 h 30, à l’occasion de son unique escale de la saison au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Au menu, on servira de généreuses portions de Supernova, jumelées à des extraits des deux premiers enregistrements. Le quatuor a eu amplement le temps d’apprivoiser les nouveaux titres, même si la tournée a débuté en février. Il faut dire que ces pièces représentent la somme de ses influences musicales. « C’est un croisement de ‘‘classic rock’’ à la manière de Led Zeppelin, de formations plus cérébrales comme Pink Floyd et Radiohead, et de choses récentes », a résumé le bassiste Raphaël Potvin, mercredi, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Il ajoute que l’écriture a représenté un défi, en ce sens que Caravane voulait aborder d’autres thèmes que la vie d’un groupe rock. Pour dénicher des idées intéressantes, il a suffi d’écouter les nouvelles. « Il y a plein d’affaires qui nous font chier, notamment la politique et l’environnement. Nous avons choisi d’en parler de manière surréaliste, avec des métaphores », raconte le musicien.

Les fans de longue date ont été légèrement déroutés par cette approche, mais ont fini par se rallier. En revanche, le quatuor a rejoint d’autres personnes, ce qui, au final, lui permet de jouer devant des assistances recoupant quelques générations. « Dans les bars, c’est plus jeune, mais dans les salles, notre public est éclectique », fait observer le bassiste.

Tout en reconnaissant que le rock a rapetissé ses voiles, après avoir été la saveur du mois pendant quelques décennies, il garde la foi en se disant que les formations qui se contentaient de surfer sur la vague sont celles qui en pâtissent le plus. « La situation actuelle pousse le genre à se réinventer. On ne peut plus se cacher derrière une approche musicale, juste parce que tout le monde le fait. C’est plutôt dans le rap qu’on voit des artistes suivre une recette », énonce Raphaël Potvin.

Pour la petite histoire, enfin, il est bon de mentionner que Caravane a soumis les maquettes et les textes de Supernova à un vétéran qui, lui-même, ne craint pas de se remettre en cause : le Laterrois Dany Placard. « Nous sommes allés le voir chez lui et ça nous a permis d’obtenir des ‘‘cue’’ intéressants. Ce n’est pas lui qui a réalisé l’album, mais ça nous a donné du gaz pour le reste », dit-il.