Diogène reprendra du service à compter du 8 février, à la Salle Murdock de Chicoutimi. Le Clown Noir en profitera pour se marier, annonce l'auteur Martin Giguère.

Les noces de papier de Diogène

Le Mariage de Diogène. Juste le titre prête à rire. Comment le Clown Noir le plus cérébral pourrait-il trouver l'âme soeur, lui qu'on imagine le nez dans ses livres, échappant à l'emprise des sentiments, hormis ceux que distillent les romans ? On se doute que la réponse n'est pas simple, d'où l'intérêt d'assister aux représentations données du 8 au 25 février, à 20 h, à la Salle Murdock de Chicoutimi (elles ont lieu du mercredi au samedi).
Cette création du Théâtre du Faux Coffre, la troisième en l'espace d'un an, complète un triptyque dont les premières composantes furent L'enterrement de Grossomodo et Trac à la pêche. Alors que ces solos abordaient les thèmes de la mort et de la maladie, voici qu'apparaît, en filigrane, celui des rites de passage. Il s'agit de la troisième production centrée sur le personnage campé par Martin Giguère. Elle apparaît dans la foulée des Lectures de Diogène et des Correspondances.
« Diogène possède un bagage génétique extraordinaire. Donc, sa décision de se marier constitue un don de soi et pour que ça fonctionne, il doit se transformer, faire des concessions. C'est ainsi qu'on le voit changer, abandonner certaines choses qui font partie de sa personnalité. Pour le bien du couple, des lectures seront proscrites », a décrit Martin Giguère il y a quelques jours, lors d'une entrevue accordée au Quotidien.
Ce qui a inspiré l'auteur en lui, c'est un récent déménagement. Il a posé son regard sur de vieux livres faisant partie de sa bibliothèque personnelle, de drôles d'ouvrages écrits par des hommes d'Église et se donnant pour mission de montrer aux gens comment mener une bonne vie. « Ça m'a fait rire, tellement ces textes n'ont pas de bon sens, mais il restait à trouver un lien. Or, je songeais déjà à marier Diogène et je l'ai imaginé en train de se préparer », raconte l'auteur.
Voyant s'achever son célibat, le Clown Noir dresse le bilan de ses amours, qui furent moins présentes sous ses couvertes qu'entre les couvertures de ses bouquins. Il pratique aussi le renoncement avec un zèle de croisé. « Diogène abandonne, entre autres, les oeuvres de jeunesse de Martin Giguère, dont une qu'il évoquera pendant la pièce », précise le Martin Giguère en question.
Bien sûr, des conseils provenant de ses vieux livres émailleront le propos de Diogène. Il y aura également une part d'improvisation dans le spectacle, puisque les gens qui se présenteront avec un cadeau de mariage dûment enveloppé, tout comme ceux qui auront fait « un effort vestimentaire », auront droit à des rabais de deux dollars à l'achat de leur billet.
« Je déballerai les cadeaux sur la scène et à la fin de la série de représentations, je conserverai ceux qui possèdent un caractère personnel, tout en remettant les autres à des personnes dans le besoin », indique Martin Giguère. Lui et ses camarades du Théâtre du Faux Coffre invitent aussi le public a apporter des bas, qu'ils soient seuls, neufs ou endommagés, afin d'aider Vicky Côté, du Théâtre À Bout Portant, à préparer sa prochaine création. La première aura lieu en octobre.