Les élèves en chant du Conservatoire de Saguenay se préparent à présenter leur version écourtée de la pièce Les noces de Figaro. Ils attendent le public le mercredi 10 avril, à compter de 19h30, à la salle Jacques-Clément du Conservatoire.

Les noces de Figaro au Conservatoire

Les élèves en chant du Conservatoire de musique de Saguenay présenteront l’opéra Les noces de Figaro le 10 avril. Il s’agit d’une première présentation du genre pour la classe de Lysianne Tremblay qui illustre le retour en force de la discipline artistique au sein de l’établissement.

Le chant effectue un retour marqué au Conservatoire de musique de Saguenay. Après des années sans classe, une troisième cohorte en trois ans est actuellement en formation.

« On a passé 20 années sans classe de chant. Ça fait trois années que la classe est rouverte. C’est tout un changement. Ça change la dynamique dans l’école. Les chanteurs sont souvent des gens extravertis, des comédiens, ça donne du dynamisme au Conservatoire », affirme Louise Bouchard, directrice du Conservatoire de musique de Saguenay.

Il y a trois ans, trois élèves étaient inscrits au cours. Cette année, ils sont six.

« Le bassin de chanteurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean est renommé. On a de belles voix dans la région. C’était le temps », estime Louise Bouchard.

Cinq d’entre eux mettront leur talent au service des Noces de Figaro. Le 10 avril, à compter de 19 h 30, les élèves Tania Côté, Geneviève Coulombe, Marc-André Houde, Christine Plourde et Pierre Tremblay interpréteront l’opéra de Mozart dans la salle Jacques-Clément du Conservatoire de musique.

Portée par l’enthousiasme de ses élèves, l’enseignante Lysianne Tremblay s’est lancée dans le projet avec bonheur.

« Normalement, on fait des ensembles vocaux, mais cette année, l’idée de faire des extraits d’opéra est née. Je me suis dit que j’aurais tous les personnages nécessaires pour faire des extraits de Les noces de Figaro. Les élèves sont tellement motivés. Finalement, on en propose notre version personnelle un peu abrégée », explique celle qui s’est occupé de la mise en scène en compagnie des élèves.

« Il y a eu plusieurs changements en cours de processus. C’est un travail d’équipe. On a inclus de petites narrations puisque, comme on ne fait pas l’opéra complet, il fallait que ce soit compréhensible. »

L’enseignante est emballée par le projet et la motivation qui anime ses élèves.

« La classe se tient, elle a des envies de grandeur et je les appuie. Les étudiants sont audacieux. Ils ont pris le projet tellement à cœur. Ils veulent que ce soit un succès. Si ça fonctionne bien, l’an prochain, on aimerait monter notre version d’un opéra. Ça se pourrait bien que ce soit le premier d’une lignée. »

La représentation devrait durer entre 1 h 15 et 1 h 30. L’entrée est libre. Des informations sont disponibles au 418 698-3505.

« On dit aux gens d’arriver tôt, on pense que ça va être plein », souligne Lysianne Tremblay.

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UN BAC EN CHANT ESPÉRÉ

Les élèves en chant de la région aimeraient avoir accès à un baccalauréat à Saguenay. Un souhait partagé par la direction du Conservatoire et l’enseignante Lysianne Tremblay. 

Le baccalauréat en chant est offert au Conservatoire de Montréal et au Conservatoire de Québec. Aucun conservatoire en région ne le propose pour le moment. 

À Saguenay, des intervenants aimeraient faire changer les choses. 

« On a l’UQAC et la Société d’art lyrique. Offrir un baccalauréat, c’est ce que le milieu veut. Pour ce faire, il faut offrir des cours d’allemand et de mise en scène. Il faut savoir si on peut offrir une formation adéquate pour que les finissants puissent avoir une carrière ensuite », explique Louise Bouchard, directrice du Conservatoire de musique de Saguenay. « C’est sûr que c’est quelque chose que je désire beaucoup, quelque chose auquel j’aimerais bien contribuer. On croise les doigts. Si les choses marchent bien et qu’on essaie d’être audacieux et créatifs... », avance celle qui souligne que l’aspect monétaire entre aussi dans l’équation. 

Actuellement, le baccalauréat en chant est offert à Montréal et Québec. « L’avoir ici, ça permettrait aux élèves de rester dans la région »

Lysianne Tremblay, enseignante en chant au Conservatoire de Saguenay et à l’École de musique de Chicoutimi, abonde dans le même sens. 

« Les gens veulent poursuivre leur formation, mais après le cégep, ils sont obligés de s’exiler à Québec et avec la baisse démographique, on ne veut surtout pas ça. »

Cette dernière est convaincue que le Conservatoire de Saguenay pourrait être le premier à offrir la formation en région. « On veut monter un dossier solide pour démontrer l’intérêt des élèves. Je reçois des demandes toutes les deux ou trois semaines. Je suis prête à donner beaucoup d’énergie pour que ça fonctionne, je suis prête à aller me battre pour que ça fonctionne. J’y crois. »

Celle qui est originaire du Bas-Saint-Laurent estime que la quantité de talents dans la région justifie également la mise en place du programme. 

« Je pense qu’au Saguenay, au-delà du talent exceptionnel, il y a une concentration de chanteurs exceptionnelle. Je n’ai jamais entendu ou vu ça nulle part ailleurs. Je pense qu’il y a plus de bons chanteurs que partout ailleurs. C’est un milieu très dynamique, avec des gens fiers, au Saguenay, chanter fait partie des murs. »