Claudine Mercier sera de retour le 3 février, à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini.

Les multiples personnalités de Claudine Mercier

Claudine Mercier ne parle pas aussi vite que Louis-José Houde et serait incapable d’assumer le côté fendant de Martin Matte. Elle admet également que l’humour trash ne fait pas partie de son coffre d’outils, mais cette femme qui célèbre ses 25 ans de métier avec la tournée intitulée Claudine sait comment mettre une salle à sa main.

Sa première apparition dans la région a eu lieu vendredi, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi (elle sera de retour le 3 février, à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini). Le public occupait l’essentiel du parterre, un public où les jeunes se faisaient rares, puisqu’elle n’est plus la saveur du moment. Les absents ont eu tort, cependant. Dans son cinquième one-woman-show, cette artiste trouve encore le moyen d’étonner.

Sur le registre de l’humour, elle a touché la cible avec deux personnages délicieux. L’un d’eux est familier. C’est la petite Jacynthe, une enfant qui voit tout, qui entend tout et qui dit tout. Elle ne comprend pas que sa grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer lui donne un cellier à sa fête et compare son père à un bourdon : « Comme lui, il a un gros ventre, il est poilu et on l’entend venir ».

Même la politique n’échappe pas à l’oeil acéré de l’enfant assise derrière un mur de toutous, comme en fait foi ce portrait du premier ministre du Québec et député de Roberval, Philippe Couillard. « Un chirurgien qui fait de la politique, il nous endort, puis après ça, il coupe », a-t-elle lâché, ce qui a beaucoup plu aux spectateurs.

Juste avant, on avait fait connaissance avec Shannon, une motivologue aussi incandescente que son costume orange. Cassant son français, elle a amené les gens à se lever pour assimiler une dose d’énergie sur l’air de la chanson Happy (celle de Pharrell Williams, pas l’hymne des Rolling Stones). Sa chorégraphie truffée de brèves séquences où Claudine Mercier fait le robot, la poule et plein d’autres choses était irrésistible. Un moment de douce folie.

Les imitations constituent l’un de ses points forts et dans le numéro calqué sur l’émission En direct de l’univers, dont l’invitée était Ginette Reno, on a eu droit à un mélange de trouvailles et de voix plus familières. Son meilleur coup, de loin, fut une version de Je l’aime à mourir interprétée par Shakira. Du Cabrel avec des intonations latines, il fallait y penser et surtout, bien l’exécuter. C’est l’extrait qui a été le plus applaudi, avec raison.

On aurait dit que l’humoriste avait atteint sa vitesse de croisière après un début tranquille, un brin décousu. Parce qu’il y avait trop de sujets qui se télescopaient, de bons gags sans lendemain, à son arrivée sur la scène. Notons quand même cette phrase destinée aux jeunes hommes exagérément coquets : « On s’en fout de tes pectoraux tout lisses si ton bungalow a l’air du crisse. »

Elle avait alors évoqué ses 25 ans de carrière et justement, cet anniversaire a justifié l’ajout d’un numéro étonnant à la faveur du rappel. Pour se faire plaisir, Claudine Mercier a repris des chansons tirées de comédies musicales américaines et pour une fois, il n’y avait pas de gag. Collant au texte original, vêtue de la même manière que les personnages, devant des projections tenant lieu de décor, l’invitée de Diffusion Saguenay a réalisé un véritable tour de force.

C’est ainsi que le public a vu défiler The Sound Of Music, Cabaret, My Fair Lady, Chicago, Mary Poppins et The Wizard Of Oz en l’espace d’une dizaine de minutes, s’émerveillant autant de la justesse des interprétations que de la rapidité avec laquelle ont été effectués les changements de costumes. Un joli feu d’artifice qui a montré que derrière l’humoriste se cache une « entertainer » de première force.