Le spectacle Rutinas, dans la tradition du théâtre de marionnette guignol, a bien fait rire les jeunes.

Les marionnettes prennent le centre-ville d’assaut

Les marionnettes ont envahi le centre-ville de Chicoutimi, jeudi, à la Place du citoyen du Festival international des arts de la marionnette à Saguenay (FIAMS). C’était la première fois que le FIAMS déplaçait ses activités extérieures dans l’arrondissement de Chicoutimi. Il y a présenté un condensé de ce qui se déroulera jusqu’à dimanche au parc de la Rivière-aux-Sables de Jonquière.

Le FIAMS a mis six spectacles de registres très différents à l’affiche pour L’Happening. C’est le Théâtre à Bout Portant, une compagnie régionale, qui a eu l’honneur d’entamer ce rendez-vous avec les spectateurs chicoutimiens. Les deux ambulanciers maladroits de Sortie de secours, Bruno Paradis et Vicky Côté, ont donné vie à des objets inanimés et ont causé probablement plus de tort que de bien à leur patient. Ils ont terminé leur prestation en donnant des prescriptions au public, les enjoignant à assister au plus grand nombre de spectacles du FIAMS possible.

Bazarnaüm avait monté un petit studio photographique portatif.

Rutinas, dans la plus pure tradition du théâtre de marionnette guignol, a bien fait rire les plus jeunes avec son humour universel, mais pas toujours politiquement correct. Dans un langage majoritairement inventé, le marionnettiste Eugenio Navarro a démontré que certaines formes d’humour ne connaissent pas de frontières.

Le reste de la programmation s’approchait de l’art de rue. L’étrange Waykarü, un cavalier sur une monture qui rappelle les personnages mythiques, a bien aimé interagir avec le public. Dans le même esprit, Bazarnaüm avait fabriqué un petit studio de photo mobile burlesque et déguisait les enfants pour la prise d’un cliché hors de l’ordinaire.

Waykarü, ce personnage flamboyant, a intrigué les spectateurs présents à la Place du citoyen.

Le codirecteur artistique du FIAMS, Benoît Lagrandeur, affirme s’inspirer de ce qui se fait dans les autres festivals pour construire cette programmation. « En voyant ces spectacles-là, en voyant la réaction du public, on sait tout de suite si nos spectateurs vont apprécier », explique-t-il, heureux des centaines de personnes qui s’étaient déplacées pour assister à cet événement.

Spectacles insolites

La journée de vendredi donne le coup d’envoi de la programmation insolite. De nombreux commerces et endroits publics du centre-ville de Jonquière se transformeront en lieu de diffusion culturelle, le temps d’un court spectacle.

Les marionnettes géantes du spectacle Amitié, fabriquées par une troupe malienne, ont fait leur deuxième visite à Saguenay cette semaine.

Il y a deux ans, le FIAMS avait présenté quelques événements dans les vitrines de la rue Saint-Dominique. Cette année, ce sont les commerçants qui sont allés vers le festival pour demander s’il pouvait présenter quelque chose dans leurs murs.

« On offre des spectacles qui sont parfois très courts, qu’on ne pourrait pas présenter dans une salle normale et qui cherchent des lieux originaux pour être produits. On s’est associés à des commerçants ouverts à la chose », précise M. Lagrandeur.

Le Théâtre à Bout Portant, une compagnie de la région, a présenté son spectacle extérieur Sortie de secours.

Les durées et le nombre de spectateurs sont très variables. « Il y a vingt spectateurs qui rentrent au Garçons d’honneur. Chez Vite des Péchés, le spectacle accueille une personne à la fois, pour deux minutes. À l’église Saint-Dominique, il y a deux spectateurs à la fois dans un faux confessionnal qui vont voir des petits films d’animation. Il y a toute sorte de formules », indique celui qui dirige aussi le Théâtre La Rubrique.

En comptant les spectacles insolites et la programmation extérieure, le FIAMS propose près d’une vingtaine d’événements gratuits. Les spectacles insolites sont eux aussi gratuits, mais on doit d’abord passer par le kiosque de médiation pour réserver sa place.

Le public a encore une fois répondu à l’appel du FIAMS, jeudi.