Simon Philippe Turcot, directeur général de La Peuplade, recevra le premier Prix Distinction littéraire du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean vendredi. L'organisation n'aurait pu choisir meilleur lauréat, puisque le cofondateur de La Peuplade vient de signer un important contrat avec un diffuseur et distributeur français qui permettra aux livres publiés par la maison d'édition de traverser l'océan.

Les livres de La Peuplade distribués en Europe

Il n'y a plus de frontières pour La Peuplade. La maison d'édition de la rue Racine à Chicoutimi vient de signer un important contrat qui permettra aux livres qu'elle publie d'être diffusés et distribués partout en Europe.
Dès mars prochain, les gens de toute la francophonie auront accès aux livres de La Peuplade. Les titres de la maison d'édition saguenéenne seront diffusés et distribués en Europe par le Centre de Diffusion de l'Édition (CDE) de Paris, une filiale du Groupe Gallimard.
« C'est l'entrée en Europe des Éditions La Peuplade », se réjouit Simon Philippe Turcot. « Pour nous, c'est un accès à l'ensemble du réseau des bibliothèques francophones dans le monde. »
Le directeur général de la maison d'édition travaille depuis plus d'un an sur le projet. Le contrat liant La Peuplade au Centre de Diffusion de l'Édition a été signé à la mi-septembre. 
Ce genre d'entente entre une maison d'édition québécoise et un distributeur français est plutôt rare, encore davantage pour une maison d'édition en région. 
« En littérature au Québec, c'est le genre de chose qu'on voit très peu. La littérature québécoise a de la difficulté à pénétrer le marché français », confirme Simon Philippe Turcot. 
« CDE diffuse de super belles maisons d'édition. La Peuplade se retrouve dans un groupe d'éditeurs d'une grande qualité littéraire. »
Pour La Peuplade, qui a publié quelque 85 livres jusqu'à présent, ça signifie tout un changement en terme de quantité de livres à imprimer. 
« On passe de quelques centaines de points de vente au Canada à quelques milliers. Ça change complètement la donne », affirme celui qui ne peut encore prévoir ce que tout cela représente en terme de ventes. 
La Peuplade conserve par ailleurs son diffuseur canadien Dimedia. « C'était non négociable, assure-t-il. Pour nous, c'est important de continuer à être très forts au Québec et à publier les meilleurs livres possible. »
La maison d'édition poursuivra aussi son travail à partir de Chicoutimi où elle vient d'emménager dans un tout nouveau local de la rue Racine. « Certains titres seront imprimés ici, d'autres en France. Deux collaborateurs travaillent pour nous à Paris. »
À Chicoutimi, un assistant à la direction devra être embauché au début de 2018.
La nouvelle alliance aura inévitablement des retombées positives pour les auteurs qui publient chez La Peuplade. 
« On amène avec nous nos auteurs québécois. Chaque titre va bénéficier d'une stratégie pour le marché européen. On a des talents extraordinaires, il n'y a pas de raison que l'océan qui nous sépare de la France empêche le lectorat français d'y accéder. »
La Peuplade achetait déjà les droits mondiaux de certains livres qu'elle publie. « On publie de plus en plus de traductions étrangères, notamment en provenance des pays nordiques. C'est un atout majeur, estime-t-il. Il fallait trouver un moyen de publier en France. Je me suis demandé comment faire en sorte que les frontières tombent. Il fallait trouver un diffuseur et distributeur et faire connaître la marque en Europe. Le développement international de La Peuplade, pour moi, c'était une évidence. Il fallait trouver les bons collaborateurs. C'était le bon moment. »
Après le Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean, puis ceux de Québec et de Montréal, La Peuplade sera présente aux salons de Genève et de Paris au printemps.
Un premier prix pour l'éditeur
Le Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne pouvait mieux choisir son premier récipiendaire du Prix Distinction littéraire. Simon Philippe Turcot est le récipiendaire du prix créé cette année pour remplacer le Prix hommage et le Prix du public habituellement remis. 
« Cette nouvelle reconnaissance qui a été mise en place dans une volonté de se renouveler vise à reconnaître le travail d'un intervenant du milieu du livre, que ce soir un auteur, un éditeur, un libraire ou un bibliothécaire, explique Sylvie Marcoux, directrice générale du Salon du livre. Ça permet de récompenser quelqu'un comme Simon Philippe Turcot, un éditeur, qui vient en plus de signer un contrat pour que les livres de La Peuplade soient distribués en Europe, ce qui est exceptionnel. »
Le prix sera remis vendredi soir, dans le cadre d'une soirée où l'oeuvre du directeur général des Éditions La Peuplade sera mise à l'avant-plan. 
Le lauréat bénéficiera d'une bourse de 1000 $. 
« La soirée se déroulera en deux parties. D'abord, il y aura une partie entrevue avec Yvon Paré, puis une partie carte blanche où interviendront différents invités », décrit Sylvie Marcoux sans vouloir dévoiler de surprises. 
Simon Philippe Turcot est fier de recevoir un tel prix. 
« C'est un premier prix pour moi, souligne-t-il. J'ai été très surpris d'être choisi. Je suis très honoré. Surtout qu'ici, c'est ma région d'adoption. Je suis honoré qu'on récompense le travail que j'opère à partir d'ici. »
Simon Philippe Turcot est originaire de Montréal. Il a emménagé dans la région puisque sa conjointe, avec qui il a cofondé la maison d'édition, en est originaire. Un choix qu'il est loin de regretter. « La Peuplade fait beaucoup pour dynamiser la littérature dans la région. C'était un projet national, qui a maintenant une portée internationale. Ce n'était pas un choix facile de rester ici puisque le monde de l'édition du Québec est à Montréal. Mais c'est probablement un des meilleurs choix que nous ayons faits. Je suis très fier d'opérer une maison d'édition à partir d'ici. C'est aussi ce qui nous donne une couleur plus nordique, une richesse que les autres n'ont pas », estime le lauréat qui se dit fébrile, à quelques heures de la cérémonie.