Maude Cournoyer tient compagnie à deux de ses oeuvres intégrées à l’exposition solo Les lieux énigmatiques. Elle est présentée jusqu’au 3 juin, à la galerie La Corniche de Chicoutimi.

Les jolis dessins de Maude Cournoyer

Les dessins de Maude Cournoyer sont si délicats qu’il faut les regarder de près, même ceux qui arborent des couleurs vives. Représentant des femmes souvent très jeunes, ils comportent maints détails, de fines nuances permettant de cerner l’humeur des protagonistes, voire leur rapport au monde. Il est donc conseillé de prendre son temps au moment de visiter son exposition intitulée Les lieux énigmatiques.

Présentée jusqu’au 3 juin, à la galerie La Corniche de Chicoutimi, elle constitue le premier solo de l’artiste saguenéenne. Deux ans après avoir participé à une exposition collective au même endroit, elle se sentait prête à franchir cette étape. « J’ai recommencé à dessiner l’automne dernier. Voyant que ma production était abondante, j’ai contacté Chantale Hudon, la propriétaire de la galerie. Elle a accepté de m’accueillir. Je me suis rendue à 32 dessins », fait observer Maude Cournoyer.

Cette oeuvre intitulée Prière cosmique donne une idée de la délicatesse du trait de Maude Cournoyer.

Chaque fois, le processus est identique. Elle part de quelques lignes tirées d’images existantes, puis donne libre cours à son imagination. Des touches de couleurs sont ajoutées en cours de route, parfois d’autres lignes, ce qui lui fait dire que ses travaux empruntent à l’art du collage. Quant aux sources d’inspiration, elles comprennent la mythologie, le mystère et la magie.

« Je me sers fréquemment de l’imagerie médiévale parce que j’aime la magie qu’il y a là-dedans. J’ai aussi tendance à utiliser des couleurs qui flashent, du rouge, du rose, du jaune, ainsi que des tons d’or et d’argent. Et comme mon imaginaire, mes références sont celles d’une fille. Tous mes personnages, sauf un, sont féminins », décrit Maude Cournoyer.

C’est l’artiste Kevin Titzer qui l’avait intégrée à l’exposition de 2017, une expérience qui fut riche d’enseignements. Elle lui a montré que ses dessins ne touchaient pas que ses proches. De purs inconnus ont exprimé le désir de les acquérir, ce qui l’a encouragée à garder le cap. « Ce n’est pas mon premier objectif, mais j’ai été contente, surprise aussi, de voir partir quelques œuvres », confie la jeune femme.

« Soit les gens adorent, soit ils sont bousculés, et cette exposition montre où Maude est rendue », souligne Chantale Hudon. Elle est impressionnée par la délicatesse du trait, que reflètent des éléments décoratifs intégrés aux portraits, comme ces cœurs qui tiennent compagnie à la Vierge Marie, ou la fine nébuleuse vers laquelle tend le regard de l’héroïne de Prière cosmique.

Le plus drôle est qu’à la base, Maude Cournoyer est une comédienne. Ce fut sa discipline de prédilection à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), où elle a complété un baccalauréat interdisciplinaire en arts. On l’a vue quelquefois sur scène, notamment dans la pièce Appelez-moi Stéphane, présentée à La Pulperie de Chicoutimi, mais les arts visuels exercent un pouvoir d’attraction de plus en plus fort.

« J’ai commencé par le dessin parce que c’était le médium le plus accessible, vu que je n’ai pas d’atelier. Ça m’a plu parce que c’est plus calme, plus méditatif, que le théâtre. Je vais continuer dans cette voie, mais j’aimerais aussi faire de la sculpture et de l’installation, ainsi que de la peinture. J’ai le goût d’agrandir mes formats », laisse entrevoir l’invitée de La Corniche.