Le Rendez-vous musical de Laterrière reviendra à l’affiche pour une 12e fois depuis sa renaissance, du 12 au 19 août. Six événements figurent au programme, lesquels ont été concoctés par le président et directeur artistique David Ellis, accompagné sur cette photographie par le président d’honneur Marc Bouchard, conseiller municipal à Saguenay, ainsi que le vice-président Normand Letendre.

Les intuitions inspirées de David Ellis

Vienne, les États-Unis, l’Argentine et l’Italie. Cette année, le Rendez-vous musical de Laterrière donne l’impression d’avoir été préparé par un géographe, plutôt que par David Ellis. Lui qui cumule désormais les postes de président et de directeur artistique du festival serait bien en peine, toutefois, d’expliquer comment la 12e édition, tenue du 12 au 19 août, a épousé de tels contours.

« J’ai planifié les programmes de manière intuitive. C’est seulement après que j’ai réalisé qu’on mettait des pays en évidence », a-t-il mentionné il y a quelques jours, à l’occasion d’une entrevue accordée au Progrès. Pour comprendre que quelle manière fonctionne ce musicien, il suffit de se pencher sur le concert du 17 août, qui a pour titre Mi Buenos Aires Querdo.

L’une des pièces qu’interpréteront les participants, un groupe comprenant le bandonéoniste Jonathan Goldman, est une composition de Golijov intitulée Last Round. Le truc étonnant est qu’il n’y a pas de bandonéon là-dessus (un instrument de la même famille que l’accordéon en passant), ce qui peut sembler incongru. « Il s’agit d’un hommage à Astor Piazzolla où les cordes imitent le son du bandonéon. Ce fut le point de départ. C’est après que j’ai identifié d’autres liens », explique David Ellis.

Deux titres de Piazzolla figurent évidemment au menu, accompagnés par des musiques portant la signature de Gardel et Romero. C’est ainsi que l’Argentine et son tango feront résonner les jolis murs de l’église Notre-Dame à compter de 19 h 30. Toujours à la même heure, mais deux jours plus tôt, ce sont des rythmes enracinés dans la terre américaine qui fleuriront à l’intérieur du bâtiment plus que centenaire.

Dans le programme American Songbook, en effet, on découvrira comment les États-Unis ont inspiré maints compositeurs associés à la mouvance classique. Le Summertime de Gershwin, chanté par la mezzo-soprano Liziane Tremblay, cohabitera alors avec des oeuvres de Kurt Weil (le célèbre Mack The Knife), Korngold (Much Ado About Nothing), Ravel (Sonate numéro 2 pour violon et piano), ainsi que Dvorak (Quintette opus 97 pour deux violons, deux altos et deux violoncelles).

De beaux dimanches
Une des nouveautés cette année tient au fait que les deux concerts du dimanche seront présentés à 16 h, ce qui sied davantage à une partie de la clientèle. Le 12 août, par exemple, ce sera l’occasion de faire connaissance avec Beethoven et ses mécènes, un titre qui réfère à trois aristocrates viennois ayant mis leurs ressources en commun pour garder l’ombrageux génie dans leur ville.

« Chacune des pièces qui seront interprétées ce jour-là a été dédiée à l’un de ces hommes », précise David Ellis. La liste comprend six chansons que livrera Liziane Tremblay, ainsi que le Quatuor à cordes opus 18 numéro 4 et le Trio opus 97 Archiduc pour violon, violoncelle et piano. Comme c’est devenu l’habitude, plusieurs des musiciens associés à ce rendez-vous reprendront du service au cours de la semaine.

« L’idée consiste à recruter d’excellents interprètes, dont plusieurs ayant un lien avec la région », mentionne le président et directeur artistique en donnant l’exemple du violoncelliste Sylvain Murray, membre de l’Orchestre symphonique de Montréal. Dans le même esprit, une cinquantaine de choristes dirigés par Pierre Lamontagne clôtureront le Rendez-vous musical le 19 août, avec le Gloria.

Ce sera celui de Vivaldi, bien sûr, une oeuvre qui, à n’en pas douter, envoûtera le public au même titre que les classiques du chant choral proposés dans les dernières années. C’est aussi la plus grosse assistance au festival, d’où la décision de déplacer ce concert à la toute fin, histoire de générer une sorte de crescendo.

La programmation comprend aussi deux activités accessibles gratuitement, dont le Concert-atelier jeunesse présenté le 16 août à 11 h. Le succès connu l’an dernier a incité le comité organisateur à récidiver, ce qui permettra aux enfants, mais également à leurs aînés, de découvrir les instruments de musique dans un contexte éminemment convivial.

Le 18 août, enfin, une épluchette jazzée se déroulera au Centre plein-air du Portage, voisin du lac Kénogami. À compter de 17 h, les musiciens accompagneront le coucher du soleil en interprétant des airs de jazz, l’accompagnement parfait au moment de déguster du blé d’Inde. C’est une façon de tisser des liens encore plus étroits avec la communauté, fait observer David Ellis.

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MARC BOUCHARD, LE PRÉSIDENT D'HONNEUR IDÉAL

Le président d’honneur du Rendez-vous musical de Laterrière est un homme qui, étrangement, possède deux caractéristiques qui sourient au comité organisateur. Ce qui n’a rien d’étrange, ce sont les racines laterroises de Marc Bouchard, membre du conseil municipal de Saguenay. Même s’il représente un district situé à Chicoutimi, celui qui correspond au quartier des Oiseaux, une partie de son coeur demeure ancrée dans ce qu’on appelait le Grand-Brûlé.

«Je suis né à Laterrière et j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 39 ans. Mon grand-père a été maire de 1939 à 1947, tandis que mon père a assumé cette fonction de 1973 à 1976. Par contre, je dois admettre que je ne suis pas le plus grand mélomane. Je n’ai jamais assisté à un concert présenté dans le cadre du festival», mentionne-t-il avec une franchise qui l’honore.

Or, loin de le disqualifier aux yeux de David Ellis, président du conseil d’administration et directeur artistique, son côté néophyte fait de lui une sorte de symbole, le portrait type de la personne qu’on tente de rejoindre afin d’assurer la pérennité de l’événement. «On cherche du monde comme lui, justement. C’est pour cette raison que nous proposons une programmation accessible à tous», lance-t-il en souriant.

Marc Bouchard étant aussi membre du conseil municipal, il convenait de le questionner à propos de l’aide accordée par la Ville, un sujet sensible par les temps qui courent. On sait que la nouvelle administration révisera la façon dont elle appuiera les organismes et que ces changements seront intégrés dans le prochain budget. «Mais nous ne le ferons pas n’importe comment et dans l’intervalle, nous avons maintenu le statu quo, sauf dans les cas où il y avait des exagérations», explique le conseiller.

Il précise que tous les facteurs seront pris en considération dans le calcul des subventions, l’argent, mais également les services offerts par la municipalité. Une fois le chantier complété, les élus détermineront quelles sont les activités qu’ils entendent prioriser. Ils songent aussi à reprendre le processus de reconnaissance à zéro, à obliger les organismes à soumettre une demande, ce qui permettrait de brosser le portrait réel de la situation, qui serait un peu flou.

C’est le contexte dans lequel évolue le Rendez-vous musical, à cette nuance près que d’autres représentants de la ville ont suggéré au conseil d’administration de penser plus grand. «Il y a un désir de donner plus d’ampleur à cet événement, une ampleur provinciale. Nous devons donc préparer un plan de développement qui nous permettra de rayonner davantage», confirme le vice-président Normand Letendre.