Katrine Noël, Julie Aubé et Viviane Roy, qui composent le groupe Hay Babies, présentent leur nouvel album Boîte aux lettres, qui offre un son davantage vintage.

Les Hay Babies sur la route des sixties

Avec Boîte aux lettres, les Hay Babies assument pleinement leur son vintage, qui a pour cadre l’histoire de Jackie, jeune femme des années 60 partie de Moncton pour s’établir à Montréal. L’histoire a commencé lorsque Julie Aubé et Katrine Noël, deux membres du groupe, ont reçu une boîte de vêtements qui contenait des dizaines de lettres signées par une dénommée Jackie. N’en fallait pas plus pour que l’inspiration frappe à la porte.
Cette photographie captée en 2013 montre les Hay Babies en prestation au Festival Jazz et Blues de Saguenay.

Vivianne Roy, troisième membre des Hay Babies, explique que l’écriture de ce troisième album était déjà commencée au moment où Julie et Katrine sont tombées sur les lettres. « On avait décidé de faire un album. On a lancé quelques idées et quand on a commencé à passer au travers des lettres, juste la façon dont elle écrivait, on était comme « wow », on ne pouvait pas s’empêcher de vouloir en lire d’autres. À un moment donné, on lisait des lettres et on faisait des connexions avec des tounes qu’on avait commencées. On s’est basé sur quelques-unes des lettres, quand on sentait que ça nous inspirait au bout, on était comme « okay girls on va avancer plus là-dedans ». On était juste les trois assises sur le divan à boire du vin et à se dire « écoute ! » puis on se lisait des lignes. »

À savoir si les autrices-compositrices-interprètes vont tenter de retrouver Jackie, Vivianne répond plutôt par la négative. « On a juste arrêté [nos recherches], parce que l’album c’est un peu un mad lip. Il y a beaucoup de choses qu’on a inventées, ça ne serait pas cool si elle était vraiment insultée par ça. » Elle rappelle que Jackie existe, mais le personnage qu’elles en ont fait, lui, est imaginaire. « On n’apprécierait pas non plus que quelqu’un nous surprenne en nous la présentant. »

Pour Viviane Roy, le son privilégié par Boîte aux lettres est une évolution naturelle du style musicale du groupe, qui s’est d’abord fait connaître par ses chansons indie folk : « Ça a changé pas mal, ce n’est vraiment indie folk, ça sonne comme les Hay Babies. C’est clair qu’on a des influences de beaucoup de choses qui viennent des années 60-70-80-90. Je dirais qu’on est plus, pas rock, pas heavy rock, un peu psychédélique, je pense. Le son vintage vient du fait qu’on utilise beaucoup les vrais vieux instruments. Quand on a commencé à écrire l’album, on essayait de trouver le charme des sons comme The Carpenters, on a essayé d’utiliser ça et de rendre justice à ça sans ce que ce soit ‘‘cheesy’’. » Elle ajoute : « Le dernier album, on savait déjà qu’on allait dans cette direction, mais avec cet album, ça nous a permis de faire cette évolution-là. »

Quant à savoir si cette vague des années 60 deviendra la marque de commerce du groupe, Vivianne Roy n’ose pas trop s’avancer. « C’est trop tôt pour dire. Les filles diraient probablement oui. Moi, à porter des gogo boots, je commence à avoir mal aux pieds, déjà ! », répond-elle avec humour.

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UN ENTOURAGE À DÉCOUVRIR

Vivianne Roy se fait plaisir à attribuer une partie du succès des Hay Babies à l’entourage du groupe.

« Tout l’album, on a vraiment travaillé avec des artistes qu’on admire, plus comme des amis, plutôt que d’aller chercher juste des photographes ou peu importe. Ça vaut la peine de noter que Anna Frances a quand même présenté là-dessus beaucoup de morceaux de sa flûte, Pierre-Guy Blanchard, avec qui on a travaillé pour la vidéo, Étienne Barry a fait nos photos, Daniel Romano a fait le design de la pochette, c’est aussi un [excellent] musicien. Je pense qu’il faut que le monde ait le crédit. Ça vaut la peine de noter le monde qui nous ont aidés, ça vaut la peine de [mentionner leur nom] et que le monde les [connaissent].