Directrice générale de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Christine Boily affirme que les finances de l’organisme se portent bien, malgré les complications causées par la pandémie.
Directrice générale de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Christine Boily affirme que les finances de l’organisme se portent bien, malgré les complications causées par la pandémie.

Les finances de l'Orchestre symphonique se portent bien

Même si la saison 2019-2020 s’est terminée en queue de poisson, avec deux grands concerts et un programme de musique de chambre rayés de l’agenda, les finances de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean n’ont pas été mises à mal par la crise sanitaire. Sur ce plan, à tout le moins, il peut envisager l’avenir avec sérénité.

« Ce qui a été très aidant, c’est le renouvellement de l’appui accordé par la Ville de Saguenay, le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec. Nous avons reçu les mêmes montants que d’habitude », a mentionné la directrice générale, Christine Boily, au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Elle précise que le statu quo a été maintenu, alors que l’incertitude persiste au sujet des activités qu’il sera possible de tenir dans les prochains mois. Les organismes subventionnaires comprennent que l’orchestre ne contrôle pas entièrement sa destinée. Ils tiennent toutefois à assurer sa pérennité, une attitude partagée par de nombreux mélomanes.

Plusieurs ont fait preuve de générosité, en effet, lorsque des concerts ont été annulés ou reportés. La liste comprend Confettis sonores (musique de chambre), de même qu’Airs féériques, le programme du 21 mars mettant en vedette la mezzo-soprano Julie Boulianne, annulé. Elle est complétée par le rendez-vous du 25 avril avec Florence K, reporté au printemps 2021.

« Je n’ai même pas eu 2000 $ à rembourser aux détenteurs de billets parce que les gens se sont montrés solidaires, se réjouit Christine Boily. Ça aurait pu atteindre la somme de 15 000 $, mais certains ont demandé un crédit en vue des prochains spectacles, alors que d’autres ont transformé en don leur billet inutilisé, en retour d’un reçu fiscal. »

Pas d’abonnement en 2020-2021
Un autre facteur qui a amélioré la situation financière de l’orchestre témoigne du défi que pose le renouvellement de la clientèle. Comme la plupart des programmes génèrent un déficit, faute d’attirer suffisamment de spectateurs, le fait d’en avoir éliminé quelques-uns a permis de réduire les dépenses.

Il ne s’agit pas d’une vraie solution, cependant, et la direction entend saisir toutes les opportunités de diffusion qui se présenteront d’ici le printemps 2021. Dans cette perspective, il a été décidé de ne pas monter une programmation s’étirant jusqu’au printemps. On va y aller une activité à la fois.

« C’est pour cette raison que nous n’offrirons pas d’abonnement. Notre seule priorité, pour le moment, c’est le spectacle avec Florence K, qui aura lieu dans le cadre du Festival jazz et blues de Saguenay. À partir de là, si c’est possible, nous reculerons dans le temps. Plusieurs options sont sur la table. Nous nous adapterons au contexte », énonce Christine Boily.

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MANQUE D'EFFECTIFS: L'ORCHESTRE DES JEUNES EST DISSOUS

Ses membres ne s’en doutaient pas, mais le concert tenu le 8 décembre 2019, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, aura été le dernier de l’Orchestre des jeunes. Deux mois plus tard, le conseil d’administration de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean a pris la décision de mettre fin à ses activités en raison du manque chronique d’effectifs.

Un ultime rendez-vous figurait tout de même à l’agenda, celui du 19 avril, mettant en vedette la mezzo-soprano Tania Côté. Comme il a été annulé pour cause de pandémie, c’est dans la plus grande discrétion que le groupe dirigé par le chef Jean-Michel Malouf a été dissous. À la fin, celui-ci ne pouvait compter que sur une quinzaine de musiciens, ce qui est peu pour aborder le répertoire orchestral.

L'Orchestre des jeunes ne comptait plus que sur une quinzaine de musiciens. 

« C’est terrible de devoir prendre une telle décision, mais depuis cinq ans, on savait qu’on en arriverait là, raconte Christine Boily, directrice générale. Il restait un ou deux violonistes et plusieurs des membres étaient très jeunes. C’est difficile de pratiquer quand il y a autant de trous dans un orchestre. »

Elle précise que la fin des activités est permanente. Puisque les membres étudient au Conservatoire de musique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, c’est sa directrice, Louise Bouchard, qui les a informés de la décision. Ils auront tout de même l’occasion d’apprivoiser la musique d’orchestre au fil de leur parcours académique.

« Les jeunes pourront aussi participer aux activités de l’orchestre formé par le réseau des conservatoires. Ça fait partie de leur cursus et ça montre que d’une certaine manière, on se dédoublait », fait observer Christine Boily. 

Elle ajoute que le Concours des jeunes solistes a également cessé d’exister. La dernière récipiendaire fut donc Tania Côté, sélectionnée en mars 2019.

Ce qu’il faut savoir, enfin, c’est que la décision n’a pas été motivée par des considérations budgétaires. « Nous avions une aide de 6000 $ accordée par Bell, ainsi que du financement provenant du ministère de la Culture et des Communications, en plus du conservatoire. Nous disposions de toutes les ressources possibles et imaginables », note la directrice générale. Toutes les ressources, sauf les effectifs.