Ninon Jamet

Les étudiants de l’UQAC exposent

Les étudiants à la maîtrise en arts de l’Université du Québec à Chicoutimi exposent le fruit de leur labeur des derniers mois à la galerie L’Oeuvre de l’Autre. Jusqu’au 14 décembre, le public est invité à plonger dans cinq univers distincts réunis sous le thème Géographie nomade. L’exposition-événement propose des installations, un montage photographique et des vidéos. Même si le travail des étudiants a été inspiré d’un même thème, le regard que chacun a porté sur le sujet est unique. Les oeuvres ont été réalisées dans le cadre du cours Atelier : production et démarche critique du professeur Marcel Marois.

Ninon Jamet

L’œuvre de Ninon Jamet attire rapidement l’attention lorsqu’on pénètre dans la galerie. Celle qui se penche sur la lumière dans notre quotidien et la lumière comme entité esthétique à part entière dans le cadre de sa maîtrise propose une immense installation.

Pour Phares, a night, elle a assemblé des phares arrière de voitures dans un abri de toile. « J’ai voulu illustrer la lumière de nos déplacements contemporains. Les phares sont une belle matière puisqu’ils sont composés de réflecteurs de différentes couleurs. »

Les phares sont illuminés grâce à des guirlandes de lumières. Des lumières rouges sont disposées de part et d’autre de l’abri. « L’abri tempo me sert de mini salle de projection. Au fond de l’abri, une vidéo de la route la nuit tourne en boucle. » Installé devant la projection, le visiteur a l’impression d’y croiser des voitures alors qu’il roule la nuit. « Il y a une référence directe à David Lynch », précise Ninon Jamet.

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Jenipher W. Charles

Jenipher W. Charles

Jenipher W. Charles propose Les nomades universitaires, un film documentaire d’un peu moins de 15 minutes accompagné d’une installation photo. L’étudiante originaire d’Haïti a voulu rendre hommage aux étudiants étrangers.

« Ce n’est pas facile de laisser sa famille, ses amis et même la chaleur. On ressent tout le temps une nostalgie. Le film m’a permis de parler de mes sentiments personnels et de parler d’Haïti d’une façon positive en présentant de belles images. »

L’installation photo présente des étudiants étrangers qui se trouvent dans différents pays du monde. « J’ai lancé un appel via Facebook et j’ai reçu plusieurs photos », explique celle qui est installée à Saguenay depuis bientôt un an.

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Lisa-Marie Lapointe

Lisa-Marie Lapointe

Lisa-Marie Lapointe présente SaGa Nipi: Pêche blanche, un photomontage qui illustre une jeune fille issue d’un peuple nomade ayant passé sur le territoire du Saguenay et qui pratique la pêche sur glace traditionnelle sur le Fjord.

« C’est une mise en tension entre la pêche blanche traditionnelle autochtone et la pêche blanche moderne que nous pratiquons à La Baie », explique l’artiste qui a réuni six photos pour donner forme à son œuvre.

« La pêche blanche telle que nous la pratiquons aujourd’hui dans la région, comme activité récréative, est un emprunt aux peuples autochtones qui la pratiquait pour subsister. Aujourd’hui nous embarquons nos cabanes à pêche durant la saison de la pêche blanche et occupons ce territoire sans nous questionner sur les racines profondes de nos traditions », explique celle qui présente une image à l’esthétique des plus intéressante.

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Frédéric Desbiens

Frédéric Desbiens

La proposition de Frédéric Desbiens plonge dans les souvenirs et fait sourire. Avec Bowling Généalogique, un film expérimental d’un peu plus de cinq minutes, l’étudiant a voulu installer nostalgie et réconfort chez le spectateur.

« Je voulais créer un feeling nostalgique. Ça nous ramène dans ces soirées où on s’assoie avec des membres de la famille pour regarder des albums de photos. Parfois, on ne connaît pas les gens sur les photos et on s’amuse à imaginer qui ils étaient. Je voulais aussi que le film ait l’effet d’une grosse couverture chaude », explique-t-il.

Dans le film, une personne raconte son arbre généalogique à travers différentes photographies de famille. Une cinquantaine de photos, la plupart provenant d’archives familiales personnelles, ont été utilisées. « À partir d’images personnelles, tout le monde peut s’identifier puisque tout le monde a un arbre généalogique. C’est une célébration de la famille et du passage du temps. » La narration apporte une note d’humour au film qui se regarde avec le sourire.

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Priscilla Vaillancourt

Priscilla Vaillancourt

Pour créer Babel, Priscilla Vaillancourt a dû relever un défi de taille : faire cohabiter des moteurs et du sable. L’étudiante a créé avec du sable un parcours activé par des moteurs.

« C’est un hybride entre œuvre sculpturale et numérique », décrit-elle. « C’est une œuvre visuelle, réactive, mais d’abord sonore. » Babel est inspirée de l’histoire de la tour de Babel voulant que des hommes aient construit une immense tour pour atteindre le ciel. « Dieu n’a pas aimé ça et a divisé le langage en plusieurs », raconte-t-elle.

Lorsque le visiteur pose les écouteurs sur ses oreilles, il déclenche le mécanisme. Une voix raconte l’histoire de la tour de Babel pendant que plusieurs autres voix s’expriment dans différentes langues en arrière-plan sonore. Pendant ce temps, le sable poursuit tranquillement son chemin.