Les Éditions JCL, un an plus tard

En janvier 2017, les Éditions JCL migraient de Chicoutimi vers Marieville. Acquise par le groupe Bertrand, la maison fondée et administrée pendant près de 40 ans par Jean-Claude Larouche est alors entrée dans une phase de transition. Il fallait absorber un riche patrimoine, plus de 500 titres, tout en cernant les créneaux les plus porteurs pour la suite des choses.

Cette opération a été menée par la directrice générale commerciale Elsa Galardo. À l’aube de l’an 2, elle mesure le chemin parcouru, les efforts consentis, et ne fait pas mystère de la satisfaction que lui a procurée cette démarche qui a coïncidé avec la formation d’une nouvelle équipe. Rappelons en effet qu’aucun des employés oeuvrant au Saguenay n’a suivi l’entreprise en Montérégie.

«Comme personne n’a déménagé, une chose que je suis à même de comprendre, nous sommes partis de zéro. Par contre, Jean-Claude Larouche a été disponible pendant les six premiers mois afin de répondre à nos questions et le groupe qu’il a dirigé à Chicoutimi était super organisé, ce qui a facilité la transition. Ce fut une grosse année et même temps, une belle année. Je suis contente», a souligné Elsa Galardo au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Parmi les atouts de JCL, elle identifie sa longue histoire, ses nombreuses publications et les efforts déployés par le fondateur dans le but de faire rayonner les auteurs québécois. S’y ajoutent les liens tissés à l’international, en particulier en Europe. C’est une voie dans laquelle la nouvelle administration compte s’engager davantage.

La continuité se manifestera également par le biais du roman historique. C’était l’un des créneaux exploités avec succès par JCL et il demeurera au coeur de ses activités, au même titre que les témoignages. «Les gens aiment ça», résume Elsa Galardo, qui ménagera également une place aux auteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans sa programmation.

«Il n’y en a pas eu dans la dernière année, mais à l’hiver 2019, nous accueillerons des gens qui ont déjà publié chez JCL. Je précise toutefois que la provenance géographique ne constitue pas un critère de sélection. Ce que nous souhaitons privilégier, ce sont les auteurs québécois», affirme la directrice générale commerciale.

Directrice générale commerciale des Éditions JCL, Elsa Galardo aborde la nouvelle année avec enthousiasme. Elle croit que le repositionnement de la ligne éditoriale rejoindra les préférences exprimées par les lecteurs.

Les femmes et les jeunes

La maison d’édition affichera également de nouvelles couleurs en raison du jeu des soustractions et des additions. Les livres de croissance personnelle, les essais, de même que les ouvrages à caractère biographique ou historique, ne feront plus partie de l’offre. En revanche, les lectrices feront l’objet de toutes les attentions.

«Nous proposerons de la littérature féminine, ce qui est différent de la ‘‘chick lit’’. Nous nous adresserons aux femmes 25 à 50 ans à travers différents projets, dont certains qui comporteront une dose d’érotisme», énonce Elsa Galardo. L’autre nouveauté tiendra à la création de deux collections destinées aux jeunes, les sept à 11 ans, ainsi que les 11 à 18 ans.

«Chez les sept à 11 ans, nous travaillons déjà là-dessus avec des séries comme Les mystères et Laurence et Sarah, de même que Les sorcières de Salem. C’est un créneau qu’exploitent déjà Les Éditeurs réunis (l’autre maison appartenant au groupe Bertrand), mais nous le travaillerons différemment», affirme l’administratrice.

Bien que JCL cohabite avec Les Éditeurs réunis, en effet, elle insiste sur la présence de deux lignes éditoriales bien identifiées. C’est ainsi que la maison née au Saguenay, dans la foulée d’une biographie d’Alexis le Trotteur, amorce la deuxième tranche de son existence. «La roue a tourné. Maintenant que nous avons fait le tour du cadran, nous amorçons 2018 avec le sourire», lance Elsa Galardo.

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Une constante: Marie-Bernadette Dupuy

Que les Éditions JCL se trouvent au Saguenay ou en Montérégie, il y a des choses qui ne changent pas. Chaque saison, ou presque, fournit aux fans de la romancière Marie-Bernadette Dupuy une nouvelle occasion de découvrir le fruit de son imagination, une règle respectée ce mois-ci grâce à la publication  d’Abigaël, messagère des anges.

Il s’agit du troisième tome d’une série qui se rendra à six, révèle la directrice générale commerciale de la maison, Elsa Galardo. «Marie-Bernadette tenait à se rendre jusque-là parce qu’elle aime beaucoup ses personnages et nous l’avons suivie dans cette voie. Le dernier volet sortira à l’automne 2019», a-t-elle confié au Progrès.

Au même titre que son prédécesseur Jean-Claude Larouche, Elsa Galardo est impressionnée par la romancière française. Non seulement produit-elle avec une régularité sans faille, mais son imagination ne lui fait jamais défaut. «Ses livres demeurent très populaires au Québec et aussi en Europe, notamment en Russie», fait observer l’éditrice.

Elle aurait aimé l’accueillir au Québec, où Marie-Bernadette Dupuy a toujours cartonné dans les salons du livre. La dame doit toutefois limiter ses déplacements cette année, dans le but de ménager son énergie. On doit donc parler de son retour comme d’un plaisir reporté, ce qui n’empêchera pas JCL de maintenir une forte présence dans les régions, y compris au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«Avant même mon entrée en fonction, le salon de Jonquière était l’un de mes préférés. J’ai donc participé à la dernière édition en suivant le même modèle qu’au temps de Jean-Claude Larouche. J’en avais aussi profité pour rencontrer les libraires et rassurer les auteurs provenant de la région. Je tenais à leur dire que je souhaitais travailler avec eux», relate Elsa Galardo.