Des résidants de Sainte-Monique et des acteurs professionnels présentent Les Détrempés à l’église de Sainte-Monique-de-Honfleur.

Les Détrempés, une pièce allumée

À l’image des réunions de village d’une autre époque, c’est le maire de Saint-Monique-de-Honfleur, Mario Desbiens en personne, qui nous a accueillis, mercredi soir, au cœur de l’église. La municipalité s’ajoute, en nouveauté cette année, aux autres arrêts de La route des légendes, un concept de l’auteur et metteur en scène Jimmy Doucet. Mission accomplie alors que le village recrue accueille un théâtre à la fois humoristique et historique.

Maintenant vide, l’église de Sainte-Monique-de-Honfleur est le site parfait pour recevoir Les Détrempés, l’une des cinq pièces qui se retrouvent dans le circuit théâtral.

Les Détrempés nous ramène 100 ans en arrière alors que le secteur de la Pointe-Taillon portait encore le nom de la municipalité de Jeanne-d’Arc. Le texte fait d’ailleurs référence au célèbre combat de l’agriculteur Onésime Tremblay, qui a été honoré au courant des dernières semaines alors qu’un buste commémoratif a été dévoilé à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

Dès les premières répliques, on reconnaît l’humour bien ficelé de l’auteur dolmissois. C’est un coup de maître qu’il réalise en présentant son théâtre dans des municipalités du Saguenay-Lac-Saint-Jean. À Sainte-Monique, l’oeuvre repose sur quatre acteurs professionnels qui sont appuyés par une trentaine de citoyens. De représentation en représentation, les acteurs bénévoles de sept à 85 ans s’échangent les rôles. Avouons que le rendu final est plus que réussi pour ceux qui en sont à leurs premières armes théâtrales.

Certes, Les Détrempés est une pièce offrant toutes les caractéristiques du théâtre d’été, le rire et le ton léger sont au rendez-vous. Toutefois, la création de Jimmy Doucet offre plus grâce, entre autres, aux nombreuses références historiques. Les inondations du début du siècle, les grandes entreprises comme Alcan et les personnages historiques sont au coeur de l’intrigue.

Théâtre interactif
Rapidement, la centaine de spectateurs ont plongé au cœur de l’histoire qui nous ramène en 1920. Disons qu’il n’y a guère le choix, alors que le personnage principal transporte vite le public dans son monde. Si vous avez l’envie d’un théâtre tranquille, trouvez rapidement autre chose ! Acteurs et publics se promènent au coeur de l’église, sur le terrain et même sur le parvis de celle-ci. Laissez-vous porter par cette folie, et comme l’auteure de ces lignes, vous serez surpris de constater que c’est déjà terminé.

Alors que la dévitalisation des petites municipalités est au cœur des discussions, grâce à La route des légendes et Les Détrempés, Jimmy Doucet nous prouve tout le contraire.

Comme le dit si bien le personnage de la vieille fille de party : « On n’est pas venu à Sainte-Monique pour se faire kidnapper, mais pour faire le party ».

La pièce Les Détrempés est présentée à l’église de Sainte-Monique les samedis à 15 h et les mercredis à 19 h, et ce, jusqu’au 22 août.