Les Cowboys Fringants reviennent chanter au Saguenay–Lac-Saint-Jean, cette semaine. Ils donneront des spectacles à Alma et à Chicoutimi, jeudi et vendredi, portés par le succès de la pièce L’Amérique pleure, la plus écoutée au Québec.

Les Cowboys Fringants portés par la chanson L’Amérique pleure

Tirée du plus récent album des Cowboys Fringants, Les Antipodes, la chanson L’Amérique pleure est la plus écoutée au Québec. On a beau dire que l’industrie du disque est moribonde, l’impact que ce titre génère depuis le début de la tournée du groupe, il y a deux semaines, n’est pas passé inaperçu. Même qu’en 23 ans de carrière, le guitariste Jean-François Pauzé n’a jamais été témoin d’une adhésion aussi rapide.

« Les gens connaissent les paroles. C’est la première fois que ça arrive aussi vite », s’est-il émerveillé mercredi, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Les fans qui assisteront aux spectacles présentés jeudi, à 20 h, à la salle Michel-Côté d’Alma, ainsi que le lendemain à 21 h, à l’hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi, peuvent donc dormir sur leurs deux oreilles. La présence de cette pièce à l’intérieur du programme constitue l’équivalent d’une certitude métaphysique.

Il ne s’agira pas de la seule nouveauté, cependant, puisque neuf extraits des Antipodes ont trouvé leur chemin dans les salles de la province. Eux aussi fonctionnent bien, tellement que le jour où il faudra remanier le spectacle, ce qui est inévitable à ce stade-ci de la tournée, le quintette sera confronté à des choix difficiles. « Ce sera un casse-tête de déterminer quelles pièces seront enlevées », confirme Jean-François Pauzé.

Comme bien des amateurs de musique, il aime les débuts de tournées. Même si les Cowboys Fringants ont écumé les festivals au cours de l’été, ils se sont faits rares en salle, notamment au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dans les dernières années. « Ce n’est pas parfait, les premiers spectacles, mais je trouve ça cool. On essaie des trucs. On “‘revampe”’ de vieilles compositions. On refait la mise en scène. On explore », affirme le guitariste.

Cette fois encore, ils sont sept pour défendre le vaste catalogue de la formation. Le Jeannois Pierre Fortin est maintenant le batteur régulier, donc un membre à part entière du quintette. L’équipe comprend également le trompettiste Jérôme Dupuis-Cloutier, de même que Daniel Lacoste, qui chatouille les cordes du banjo et de tous les instruments apparentés.

La présence massive des nouvelles compositions n’empêche pas les Cowboys Fringants de reprendre leurs classiques, même si certains, comme 8 secondes, ont été relégués temporairement sur la galerie de la presse. Le groupe demeure aussi à l’écoute de ses fans aux préférences plus pointues, ceux qui se pointent avec une pancarte sur laquelle est inscrit le titre d’une pièce obscure, limite archéologique.

« On se garde une place pour l’improvisation. On répond à ces demandes en jouant de vieux trucs, même en début de tournée, et c’est fascinant de voir à quel point Karl (Tremblay) fonctionne comme un juke-box en ce qui touche les paroles. Je pense même qu’il se rappelle davantage des anciennes affaires », indique Jean-François Pauzé. Peut-être fait-il allusion à la fois où le chanteur a eu besoin d’un iPad pour finir d’interpréter une nouvelle composition, une mésaventure qui a amusé les fans, récemment.

Ça aussi, c’est le bon côté d’un nouveau spectacle. La complicité avec le public est source de beaux moments, un phénomène que nourrit l’enracinement du groupe au Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Ce sera “lfun” à la salle Michel-Côté, la première de la tournée où tout le monde sera assis. On sait aussi qu’à La Saguenéenne, ça va danser, trasher, chanter. Et nous, on est prêts à rouler jusque chez vous. On a nos pneus d’hiver », annonce le guitariste.