Guylaine Rivard s’attaque aux contes de fées classiques, dans Aisselles et bretelles.

Les contes de fées revisités

Dans Aisselles et bretelles, la directrice du Théâtre CRI, Guylaine Rivard, convie le public a un effeuillage. Elle y revisite les contes de fées classiques, dans un spectacle solo créé pour le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay qui a nécessité un an de travail.

L’histoire d’Aisselles et bretelles prend vie alors que Guylaine Rivard enlève les multiples couches de vêtements qu’elle a sur elle. La facture est minimaliste.

«Je deviens la conteuse. J’enlève des couches tout au long de la pièce. L’effeuillage, c’est des éléments que j’ôte et qui sont parfois des décors, des personnages... L’action de la pièce se passe à travers les choses que j’enlève», précise Guylaine Rivard, quelques jours avant la première présentation de sa nouvelle création.

Hansel et Gretel, Cendrillon, La Belle au bois dormant et Le Petit chaperon rouge, entre autres histoires, y sont évoqués à la manière du Théâtre CRI. Le tout est fait dans une petite salle intime de 40 places, aménagée dans une résidence, au 3967, rue Saint-Antoine, à Jonquière. «Je fais un petit théâtre de poche, c’est vraiment sympathique», lance Mme Rivard.

Défi

Celle qui joue le rôle de metteure en scène, de comédienne et de marionnettiste voit dans ce spectacle un beau défi d’interprétation. «La manipulation m’intéresse énormément. Il faut complètement s’oublier pour donner vie à une marionnette, ou encore faire passer des émotions par des éléments qui sont inanimés et qui prennent vie», explique Mme Rivard.

Derrière cette «parodie», pour reprendre son expression, des contes de fées se trouve l’amorce d’une réflexion sur la place qu’occupent ces classiques dans la construction de notre imaginaire, depuis des générations.

«Nous, on a grandi avec ces contes-là, mais aujourd’hui, je ne suis pas si certaine qu’ils font partie du bagage des enfants. Même Walt Disney les a réinterprétés en leur donnant leur couleur de princesses multicolores. Les contes originaux, il y en a qui vont quand même assez loin dans la violence. Je ne sais pas quelle version les jeunes vont retenir.»

Guylaine Rivard y a trouvé un terreau fertile, et lui a redonné une couche de sens. Elle colle des éléments d’actualité à ces histoires qui ont été racontées des millions de fois.

«Il y a un deuxième niveau, troisième peut-être même, dans la pièce. Ce n’est pas juste pour le plaisir de faire des contes de fées. Il y a des archétypes de personnages là-dedans: les méchants, les bons. Moi je revire tout ça de bord. Les méchants ne sont pas toujours ceux que l’on pense.»

FIAMS

Aisselles et bretelles sera joué à trois reprises, jeudi le 25, vendredi le 26 et samedi le 28. Toute la famille peut y assister, mais le spectacle s’adresse aux personnes de 13 ans et plus.

Guylaine Rivard ne chômera pas pendant le Festival international des arts de la marionnette. En plus d’Aisselles et bretelles, elle présente Itinérance, un spectacle qui roule sa bosse depuis quelque temps déjà, mais qui n’a jamais été produit au Saguenay.