Le directeur général du Théâtre 100 masques, Dario Larouche, signe le texte de la pièce Empire.

Les chroniques de la chute d’un empire

Une civilisation en déclin, des dirigeants narcissiques, une société obsédée par sa croissance... Ces images, étrangement familières, ont inspiré l’auteur et metteur en scène Dario Larouche pour la plus récente pièce originale du Théâtre 100 masques, Empire.

La compagnie en résidence dans le Petit théâtre de l’UQAC délaisse la comédie pour sa prochaine production. Dario Larouche, lors de l’écriture, a été inspiré par un des empereurs romains les plus connus.

« Il y a quelques années, j’avais commencé à travailler sur des textes antiques. Je faisais des collages de texte sur des grandes figures de l’antiquité et je suis tombé sur l’empereur Néron, ce tyran qui est en train de jouer de la harpe pendant que Rome brûle », se souvient le directeur général et artistique du Théâtre 100 Masques.

Ce qui était au départ un monologue est devenu un texte à trois voix, porté uniquement par des femmes (Marilyne Renaud, Érika Brisson et Florence Boudreault).

« Les trois actrices commentent le déclin d’un empire tout en définissant la voix d’un dirigeant un peu insensé, tyrannique, qui n’en a que pour le développement de l’économie et de son empire, au détriment de son peuple. Ça donne un texte finalement qui est très collé à l’actualité d’aujourd’hui », explique Dario Larouche.

Le texte d’Empire a été écrit à l’été 2018. On retrouve donc en filigrane des éléments de l’actualité de l’année et de ses principaux protagonistes. Même si on ne les nomme pas, on les reconnaît, estime l’auteur.

« Cet été-là, on parlait de la crise des migrants, de toutes les frasques de Trump, et du nouveau président brésilien [Jair Bolsonaro]. Il y avait beaucoup de matière à exploiter », précise Dario Larouche.

Trois Parques

La distribution entièrement féminine de la pièce a été inspirée par un autre élément de la mythologie romaine, celui des Parques. Ces trois femmes présidaient la destinée des hommes.

« La pièce avait besoin d’être portée par trois bonnes voix. Ça demeure du théâtre à texte. Ça ne fait pratiquement que parler et c’est une performance vocale que les filles donnent. C’est très poétique, et je pense que c’est fascinant de les voir aller ».

L’antiquité se trouve jusque dans la mise en scène. « On s’inspire de la grande statuaire antique et de l’agora, de la place publique. Les comédiennes sont à travers les spectateurs. On travaille pour qu’elles aient une présence majestueuse. Elles surplombent les spectateurs tout le temps ».

Le Petit théâtre sera configuré d’une façon qui permettra d’asseoir seulement une quarantaine de personnes chaque soir. « On veut avoir un effet de grandeur dans un très petit espace », affirme M. Larouche

Il y aura quatre représentations d’Empire, entre les 4 et 7 mars. On peut déjà réserver son billet en appelant au Théâtre 100 masques.