Respectivement directeur adjoint et directeur général de Jonquière en musique, Sébastien et Alain Tremblay entourent Pépé, l’un des artistes qui se produiront dans le cadre de la 29e édition.

Les bons coups de Jonquière en musique

Tenue mardi avant-midi à la Salle Calypso, la conférence de presse annuelle de Jonquière en musique a perpétué la tradition voulant qu’il s’agisse, en soi, d’un événement. Le comité organisateur ne s’est pas contenté d’accueillir une poignée de journalistes afin de dévoiler sa programmation, en effet. Toutes les places étaient occupées par différents partenaires du festival, qui avait pris soin d’inviter Pépé et le Trio BDT à présenter quelques chansons.

Le trio faisait dans le rétro, ce qui a permis, entre autres, d’apprécier une jolie version de Route 66. Quant à Pépé, il a livré un aperçu du spectacle qui sera offert le 30 juin, au Parc de la Rivière-aux-Sables. Ce soir-là, ils seront deux à animer le centre-ville de Jonquière, mais même en solitaire, le grand barbu sait comment mettre le public à sa main. « Laisse-moi te montrer le soleil », a-t-il chanté à son arrivée sur la scène, un message apprécié en ce jour de grisaille automnale.

Marchand de bonheur a suivi, un air tout aussi tonique, pulsé par une guitare acoustique dont l’homme a tiré des sons chauds, pleins de rondeur. « Le 30, ça va rocker», a pris soin de préciser Pépé avant de conclure avec C’est pas parce que t’as plein de tatous que t’es tough, où il a trébuché sur un passage rap. Une reprise s’imposait, laquelle fut impeccable, et l’artiste a pris congé de l’auditoire sous une pluie de cris et de sifflets, ce qui augure bien pour le vrai spectacle.

Parlant de spectacles, 12 seront à l’affiche entre le 28 juin (Guns Salute, un hommage à AC/DC) et le 14 juillet (Marjo et France D’Amour dans Femmes au rock). Le premier gros coup du directeur général Alain Tremblay se matérialisera le 29 juin, alors que le groupe Voivod reviendra jouer dans ses terres. Il est également fier d’avoir recruté Robert Charlebois qui, le 1er juillet, revisitera ses classiques en se moulant à une esthétique proche de celle du légendaire Eddie Cochran.

« C’est ma plus belle prise », a confié le promoteur au cours d’une entrevue accordée au Quotidien. Suivront des hommages aux Foo Fighters et à Nirvana le 4 juillet, tandis que le lendemain, l’Acadien Hert Leblanc fera résonner ses hymnes country sur la scène extérieure. Un autre chanteur dont les racines se trouvent à l’est, Kevin Parent, sera présent le 6 juillet, alors que le 7, Jonquière en musique accueillera le groupe The Dreadnoughts, basé à Vancouver.

Ce sera un rendez-vous attendu, compte tenu de la popularité de cette formation au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des visites au regretté Bunker, entre autres, lui ont permis de tisser des liens étroits avec les amateurs de rock, tendance punk. « C’est le seul endroit où les gars vont jouer au Québec », souligne Alain Tremblay, qui les suit depuis belle lurette.

La dernière tranche du festival sera tout aussi éclectique. Lancée par un hommage au groupe metal Pantera (Fantera Tribute From Hell), le 11 juillet, elle sera marquée par le retour des Français de Tagada Jones et de leurs brûlots punk (12 juillet), ainsi qu’une visite de La Chicane (13 juillet), qui a repris du service après une parenthèse de dix ans.

Fait à noter, la plupart des spectacles donneront lieu à une première partie, l’une d’elles étant assurée par Antoine Mainville. Celui-ci a remporté le premier prix en tant qu’auteur, compositeur et interprète, l’été dernier, à l’occasion du Festival de la chanson de Saint-Ambroise. « Il s’agit d’un beau partenariat », a souligné la directrice générale de cet événement, Barbara Savard.

Il y aura aussi un Après-shows, une formule qui permettra au public d’étirer le plaisir en se dirigeant à L’Envol, un café-bar situé au 2406 rue Saint-Dominique. Rappelons enfin que Centre-ville de Jonquière réactivera la formule des Midi-Shows en juillet. Chaque mardi, des spectacles gratuits seront présentés sur la terrasse de la bibliothèque municipale, une séquence amorcée grâce au concours de Francis Girard-Audet.

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ASSURER L'AVENIR

Jonquière en musique célébrera ses 30 ans en 2019, le genre d’anniversaire qui, d’ordinaire, fait exploser le cadre financier. On veut marquer le coup, épater la galerie, mais ce n’est pas ainsi que le directeur général Alain Tremblay voit les choses. Il laisse entendre que les dépenses seront modérées, puisque l’organisme sans but lucratif est engagé dans une démarche de dégraissage qui embrasse tous les postes budgétaires.

« Nous avons ressenti le besoin d’examiner notre plan d’affaires en vue de la présente édition. Il fallait rétablir les finances. C’est pour cette raison, par exemple, que la part du budget destinée à la programmation est passée de 112 000 $ à 100 000, par rapport à l’an dernier. Nous avons également réduit les placements publicitaires, la sécurité, l’hébergement et tout ce qui touche l’équipement de scène », a-t-il indiqué mardi, à l’occasion d’une entrevue accordée au Quotidien.

Cette cure de minceur a permis de ramener le budget à 600 000 $, comparativement à 630 000 $ en 2017. « Ce n’est pas si dur que ça. Il suffit d’être rigoureux », énonce Alain Tremblay, dont les revenus proviennent de trois sources. À elles seules, les subventions accordées par Québec (28 000 $), Ottawa (55 500 $) et la Ville de Saguenay (146 000 $) représentent 38 % de la cagnotte ». S’y ajoutent les revenus autonomes, de même que les commandites, sur lesquelles plane un nuage.

Comme plusieurs organisateurs de festivals, le patron de Jonquière en musique s’interroge à propos de l’aide accordée par les sociétés d’État. Les ententes conclues avec les partenaires de longue date que sont Loto-Québec et la SAQ tirent à leur fin. Il reste une année d’option, mais rien ne garantit qu’elle sera exercée. « On se croise les doigts. Si les contrats ne sont pas renouvelés, on aura beaucoup d’argent à trouver pour le 30e. Or, il est essentiel de maintenir l’accès gratuit aux spectacles. Sans gratuité, il n’y a pas de festival », affirme Alain Tremblay.