Mathieu Valade venait de mettre la dernière main à cette oeuvre représentant une licorne, le jour où cette photographie a été captée par Jeannot Lévesque. Cette sculpture a été exposée pendant plusieurs semaines, à Québec, à l’intérieur d’un cube de verre dépoli.

Les artistes visuels rayonnent au Québec et à l'international

Dans le domaine des arts visuels, les créateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne craignent plus de montrer leurs oeuvres à l’extérieur. On peut même affirmer qu’ils y ont pris goût, ainsi que l’ont démontré plusieurs initiatives prises au cours de la dernière année. Que ce soit ailleurs au Québec ou à l’international, ils laissent des traces de plus en plus visibles.

L’un de ceux qui a le plus rayonné est Mathieu Valade. L’hiver dernier, sa licorne enfermée dans un cube de verre dépoli a été exposée pendant plusieurs semaines à l’angle de la Grande-Allée et de la rue Cartier à Québec, dans le cadre de Manif d’art-La biennale. Toujours dans la Vieille Capitale, la sculpture qu’il a installée devant la Maison de la littérature, une nature morte intitulée Éphémères durables, vient d’être couronnée dans la catégorie Oeuvres d’art, à la faveur des Mérites d’architecture de la ville de Québec.


En prime, le Chicoutimien a présenté une installation vidéo au Musée d’art contemporain du Val-de-Marne, Mathieu Valade manifeste. Elle faisait partie d’une exposition collective et lui a permis d’effectuer sa première incursion dans un musée européen, l’automne dernier. Ajoutons que c’est aussi lui, en compagnie de ses collègues Julien Boily et Cindy Dumais, qui a fondé le collectif d’artistes AMV, dont l’une des missions consiste à favoriser les maillages à l’échelle internationale.


Toujours en France, Denys Tremblay a vendu un film qui avait été tourné en 1983, à l’occasion d’une performance réalisée au Centre Pompidou. C’est justement cette institution parisienne, l’un des musées les plus visités du pays, qui a souhaité acquérir une copie. La transaction a été conclue récemment, a confirmé au Progrès celui qui, au tournant du millénaire, avait participé à la fondation d’une monarchie municipale à L’Anse-Saint-Jean.

Voici le Popsicle maudit, l’Envie délectable de Zoé Vincent, qui a provoqué un débat sur fond de censure à la suite de la décision de l’UQAC de ne pas le montrer dans le centre social.

Un prix à Baie-Saint-Paul


Nathalie Lavoie, elle, a vu son travail migrer à Berlin, plus précisément à l’Université Humboldt, l’une des plus anciennes et les plus prestigieuses de l’Allemagne. Deux dessins créés de ses mains, puis remaniés, densifiés, à l’aide des technologies numériques, ont été imprimés sur de grandes bannières accrochées en novembre. La Baieriveraine a déjà présenté des oeuvres en Alsace, mais il s’agissait de sa première présence dans la patrie de Goethe.


Plus près de nous, Sara Létourneau et Magali Baribeau-Marchand ont remporté le prix Coup de coeur du public, l’été dernier, à l’occasion du 35e Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. La région était également représentée par Stéphanie Requin Tremblay, tandis que la présidence d’honneur était assumée par Denys Tremblay.


À l’inverse, un artiste originaire des États-Unis, désormais établi à Arvida, a profité de la dernière année pour tisser des liens de plus en plus étroits avec le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Non seulement Kevin Titzer a-t-il participé à des expositions tenues à la galerie La Corniche, à Chicoutimi, mais il a conçu une marionnette pour le Théâtre de la Tortue Noire et la compagnie mexicaine Luna Morena. Ils l’ont étrennée en mai, lors de la première de la pièce Mémoires d’un sablier.


On doit également signaler la rétrospective consacrée au regretté Jean-Paul Lapointe, à La Pulperie de Chicoutimi, la brève exposition mettant à l’honneur des tableaux du peintre René Gagnon, ainsi que la restauration du monument que Richard Langevin avait créé en hommage aux travailleurs de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi. S’y ajoute l’acquisition de plusieurs sculptures en pierre réalisées par Léon Bouchard, une heureuse initiative prise par la municipalité de Saint-Hedwidge.


L’événement le plus triste, et de loin, fut la démolition de l’église Notre-Dame-de-Fatima, à Jonquière. Victime d’un mauvais choix entériné par le diocèse, puis de l’absence de vision des autorités municipales, ce temple avant-gardiste, dans lequel on retrouvait un vitrail conçu par le peintre chicoutimien Jean-Guy Barbeau, avait été cité en exemple par le magazine Time en raison de ses qualités esthétiques.


Pour l’anecdote, enfin, rappelons qu’une sculpture produite par une étudiante en art de l’UQAC, Zoé Vincent, a provoqué un débat sur le thème de la censure. Cette oeuvre intitulée Envie délectable épousait la forme d’un Popsicle laissant voir des coulées de crème glacée au sommet. L’université a refusé qu’on la montre dans le centre social, si bien qu’elle a abouti dans le Pavillon des arts.