Machette en main, comme certains des personnages du film Les affamés, le réalisateur Robin Aubert affirme que l’histoire qu’il raconte laisse filtrer sa vision de l’humanité.

Les Affamés: un film à voir ensemble

Robin Aubert vit une expérience inédite avec Les affamés. Cette histoire centrée sur une poignée d’individus essayant d’échapper à une armée de zombies, quelque part dans le Québec des régions, suscite tellement d’intérêt parmi les cinéphiles que les festivals qui l’ont accueillie jusqu’à maintenant doivent gérer l’affluence.

Ce fut le cas à Barcelone, Austin et Montréal, de même qu’à Toronto, où le long métrage a reçu le prix destiné à la meilleure production canadienne. « Là-bas, le film a été projeté devant trois salles pleines. On sent un engouement, puisqu’il a été vendu dans plein de pays et qu’il pourrait se retrouver dans plus de 20 festivals », a mentionné le cinéaste il y a quelques jours, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

L’idée que des gens se rassemblent pour voir Les affamés lui plaît pour diverses raisons, notamment parce que ce film offre l’occasion de vivre une expérience collective. « On ne veut pas être seul pour le regarder, on dirait. On doit être ensemble pour faire un saut en même temps. Sur le coup, on n’aime pas ça. Puis, ça fait du bien », énonce Robin Aubert.

Oui, ça saigne et ça meurt beaucoup, mais à travers les péripéties, la lutte pour la survie que mènent les personnages principaux, se dégage une vision du monde à laquelle souscrit le réalisateur. « Il y a de l’humour à l’occasion, des clins d’œil, une forme de décalage, énonce-t-il. En même temps, cette œuvre représente ce que je pense de l’humanité. Même si les gens savent qu’ils s’en vont dans un mur, la pulsion de vie demeure présente. »

Il note que le monde représenté dans Les affamés a quelque chose d’apocalyptique. Les villages sont déserts, comme si on assistait à la fin d’une civilisation. « La nature a repris le contrôle de la patente. Les animaux sont en liberté et les survivants sont centrés sur le moment présent. Ils ont peur et j’ai trouvé ça l’fun de travailler là-dessus. Ça n’arrive pas souvent », estime Robin Aubert.

Le tournage a eu lieu en été et ça aussi, c’était la manifestation d’un choix artistique. L’idée consistait à remplir l’écran du vert de la forêt québécoise, une couleur qui, dans ce contexte, se révèle oppressante. « J’ai choisi des lieux qui donnaient un sens à mon histoire », affirme le cinéaste, qui reconnaît qu’avec ce projet, il a concrétisé son rêve de petit gars consistant à faire un film de zombies.