Dans le cadre du 50e anniversaire des Presses de l'Université du Québec, plusieurs ouvrages sont offerts à rabais.

Les 50 ans des Presses de l’Université du Québec

Au même titre que l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), les Presses de l’Université du Québec (PUQ) célèbrent leur 50e anniversaire cette année. Bien qu’elles se montrent discrètes dans l’espace public et qu’on ne risque pas de tomber sur un de leurs livres en magasinant dans les grandes surfaces, leur rôle et leur enracinement dans les régions du Québec en font un acteur important dans le monde de l’édition.

«En 50 ans, nous avons publié 1600 ouvrages en version papier ou numérique. La moyenne est de 70 par année. Nous comptons aussi une vingtaine de collections dirigées par des professeurs. Ce sont eux qui valident le contenu des manuscrits qu’on leur soumet», a souligné Martine Des Rochers, directrice générale des PUQ depuis 2015, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

L’anniversaire constitue un bon moment pour faire le point sur le parcours de la maison. Parmi ses lignes de force, elle identifie la diffusion des connaissances scientifiques, une démarche à travers laquelle on priorise les projets de recherches menés au sein des constituantes de l’Université du Québec. Il y a aussi les ouvrages pédagogiques, qui, parfois, génèrent des ventes substantielles.

À cet égard, il serait audacieux de parler de best-sellers, mais certains sujets rejoignent une clientèle conséquente, et pas uniquement au Québec. «Les livres consacrés à l’éducation et à la petite enfance sont très prisés, se réjouit Martine Des Rochers. Puisque nous avons des approches innovantes, plusieurs d’entre eux sont appréciés en Europe.»

Directrice générale des Presses de l’Université du Québec, Martine Des Rochers précise que cette maison a publié 1600 livres depuis sa fondation, il y a 50 ans. Plusieurs font écho aux travaux menés par des professeurs du réseau, l’autre ligne de force étant les ouvrages pédagogiques.

Tel qu’évoqué tantôt, chaque texte est lu et relu, histoire de répondre aux exigences les plus élevées en ce qui touche le contenu. «Il y a une rigueur scientifique dans tout ce que nous faisons. Les références doivent être mentionnées, par exemple, note la directrice générale. Néanmoins, plusieurs de nos livres sont écrits dans une langue abordable, dont ceux qui traitent de pédagogie.»

Le papier, toujours premier

Une autre constante, du moins jusqu’à présent, tient à la popularité du support papier. On aurait pu croire qu’il tirerait de la patte, compte tenu du lien entre les PUQ et le monde universitaire, sensible à l’émergence du numérique. Or, ce n’est pas le cas. «Dans les salles de classe et chez les professeurs, on reste centrés sur le livre papier. La part du numérique s’élève à 10% ou à 15% des ventes globales et touche surtout le PDF. Par contre, ça aide pour la diffusion à l’étranger», précise Martine Des Rochers.

Il arrive également que des sujets se rapportant à la culture obtiennent le feu vert. Ce fut le cas, entre autres, du livre De corps, de chair et de coeur écrit par Lorraine Pintal, la patronne du Théâtre du Nouveau Monde. À l’opposé, la maison d’édition souhaite explorer davantage les possibilités offertes par le monde industriel. «Nous sommes à l’affût de ce qui se passe de ce côté», affirme la directrice générale.

Quant au 50e anniversaire, il est célébré de différentes manières. L’une d’elles prend la forme d’une promotion baptisée Lis et passe. Dans les constituantes de l’UQ, dont celle de Chicoutimi, des ouvrages ont été mis à la disposition des gens à titre gracieux. Ils sont encouragés à les lire et à laisser des notes rédigées de leur main, à l’intention des prochains lecteurs.

«Nous avons aussi préparé une ligne du temps, de même qu’un magazine anniversaire qui sera encarté dans un numéro de Québec Science, ainsi que d’un autre média. En plus, des rabais de 50% sont offerts sur un certain nombre d’ouvrages, et nous diffusons des capsules vidéo mettant en évidence nos directeurs de collection», annonce Martine Des Rochers.

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UNE FORTE PRÉSENCE DES AUTEURS D'ICI

La présence des auteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean est importante au sein des Presses de l’Université du Québec (PUQ). Souvent associés à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), où la plupart exercent la fonction d’enseignant, ils ont été à l’origine de nombreux projets, rapporte la directrice générale de la maison d’édition, Martine Des Rochers.

«Entre 2009 et 2019, une vingtaine de professeurs de l’UQAC ont publié chez nous. Or, plusieurs de ces ouvrages ont eu un impact significatif, dont celui sur Lac-Mégantic écrit par Danielle Maltais», a-t-elle confié au Progrès. Intitulé De la tragédie... à la résilience, ce livre, qui porte également la signature de Céline Larin, décrit les interventions qui ont suivi la tragédie survenue en 2013. Elles ont aidé la population à composer avec le drame qui a endeuillé tout le Québec.

Un autre professeur de l’UQAC qui a fait sa marque aux PUQ est l’économiste Marc-Urbain Proulx. En plus de diriger la collection Sciences régionales, il a participé à un ouvrage collectif dont le lancement aura lieu en mai. «Il sera question de l’évolution de la politique territoriale depuis 50 ans au Québec. On l’abordera sous différents angles, dont le rapport entre le développement régional et l’éducation, le découpage administratif, ainsi que les réformes municipales», annonce Martine Des Rochers.

Dans la même foulée, elle mentionne un autre ouvrage collectif intitulé Les reconfigurations de l’échange marchand. Il se veut accessible et explore la zone de plus en plus floue qui sépare le producteur du consommateur, entre autres choses. Ce sont trois enseignants de l’UQAC, Damien Hallegatte, Julien Bousquet et Myriam Ertz, qui ont coordonné cet effort.

De son côté, Jacinthe Douesnard, du Département des sciences économiques et administratives, a produit trois livres centrés, pour une bonne part, sur le monde du travail.

On lui doit Enjeux humains et psychosociaux du travail et La santé psychologique des pompiers, auxquels il convient d’ajouter La chaîne des médicaments. Dans ce dernier cas, il s’agit d’un ouvrage collectif.

Ce ne sont que quelques exemples et à la lumière des propos tenus par la directrice générale, bien d’autres ouvrages permettront à des auteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean de rayonner partout au Québec, et même au-delà. «L’UQAC a des programmes sur les Premières Nations qui se démarquent. C’est le genre d’avenue qui nous intéresse», laisse entrevoir Martine Des Rochers.